L’art, le sacré, la religion : un parcours de l’exposition "traces du sacré", par Marc Alizard

par Isabelle Smadja

« L’artiste tend vers le sacré : transcender le monde, le transfigurer est probablement le motif le plus puissant de la création. mais en même temps l’artiste est aussi celui est le plus éloigné de la création car il sait que ce qu’il fait n’est que de main d’homme. Il sait que la grâce n’est que la somme de petits procédés techniques plus ou moins réussis. (Les artistes sont aussi des artisans qui travaillent » (Marc Alizard)

"Caractéristique de l’Homo sapiens, l’apparition de l’art s’est faite, dès la préhistoire, en conjonction étroite avec nos interrogations fondamentales sur les questions de l’être et du devenir. Ce lien entre l’inquiétude spirituelle et la création a été approfondi par toutes les grandes religions. Or, dès le 18e siècle, en Occident, la relation entre l’art et le religieux s’est profondément modifiée. La Réforme, l’essor du capitalisme, les idéaux des Lumières, le culte de la raison, le développement des villes débouchent sur ce que Max Weber a appelé « le désenchantement du monde ». Parallèlement, le sentiment du retrait du divin exprimé par les artistes romantiques, puis l’annonce de la mort de Dieu par Nietzsche à la fin du 19e siècle ainsi que le début de la psychanalyse, les avancées de la physique et le marxisme, conduisirent à reconsidérer la place de l’Homme dans la création et par conséquent sa relation au religieux.

C’est dans ce paysage de croyances bouleversées que naît l’art moderne. Si, au cours de ce long processus, la sécularisation de la société délivra les artistes de leur sujétion aux églises, cette crise religieuse ne signifia pas la disparition du questionnement métaphysique. La thèse de cette exposition est qu’une partie de l’art moderne et contemporain s’est inventée à partir de ces préoccupations.

L’objectif de cette exposition est donc d’explorer les significations de la rémanence de ce questionnement sur les liens entre l’art et le sacré pendant tout le XXe siècle et de montrer que, étant une clef indispensable pour la compréhension de l’histoire de l’art moderne, il continue de participer à la création des formes contemporaines."

Voir en ligne : Traces du sacré : parcours d’exposition