Le devoir, la bioéthique : les frontières entre améliorer et soigner, par Jean-Claude Ameisen

par Isabelle Smadja

Comment se fait le passage de la réparation d’un déficit à une amélioration, une augmentation ?

Nous n’avons cessé d’introduire des prothèses à l’intérieur du corps mais aujourd’hui, la technique interagit à l’intérieur du cerveau.
Des caméras vont bientôt permettre aux personnes malvoyantes de suppléer aux défauts de la rétine et donc d’avoir une représentation mentale cérébrale de leur environnement. Mais à partir du moment où ces appareils marcheraient, ne pourrait-on donner aussi aux personnes aveugles une vision infrarouge ? Et si une personne aveugle peut voir dans le spectre des ultraviolets et des infrarouges, pourquoi les personnes qui ne sont pas aveugles ne pourraient pas aussi bénéficier de cette vision infrarouge ? On passe ainsi de la question de la réparation à celle de l’amélioration – souhaitable ou non.
Dès lors, on confie à la médecine un rôle qui n’est plus seulement de soigner. De même le passage de la chirurgie réparatrice (qui répond à une perte ou un handicap) à la chirurgie esthétique (qui répond à un désir) pose de nouveaux problèmes.

Voir en ligne : intervention de Jean-Claude Ameisen aux Assises du corps transformé (205)