Groupe de travail sur les exercices préparatoires à la dissertation de philosophie

par Steve Balboa

Remarques introductives, par Gaston-Paul EFFA

Ce travail est issu de deux journées de GT autour de l’IPR Yann Martin en novembre 2019 et février 2020. Le résultat de ces réflexions n’est évidemment pas prescriptif. Les collègues n’ont pas voulu proposer des recettes, mais ont confronté leur expérience d’enseignant faite de réussites et aussi d’échecs. Tout au long de ces échanges, il a été montré, par l’exemple, que la philosophie est un exercice exigeant qui, loin d’imposer un consensus autoritaire, autorise l’émergence de points de vue contradictoires favorisant la liberté pédagogique.

Les travaux pratiques ont mis en évidence que l’exercice redouté de la dissertation peut tout à fait être surmonté à condition de ne pas être seulement le lieu d’une évaluation sommative. Il ne s’agit pas de s’attarder sur ce que sur ce que les élèves ont retenu du cours, mais bien sur ce qu’ils ont appris à faire. Pour cela, ils doivent disposer d’outils pour leur permettre de faire et de refaire. Les compétences à construire ne s’imposent pas de l’extérieur : un cours de méthodologie n’apprend pas à faire, il ne s’agit pas de disposer d’un tiroir d’indications méthodologiques.

En outre, on ne réussit pas une dissertation philosophique sans donner sa chance à la question, à sa singularité, à ses difficultés propres. Le catalogue de consignes formelles finit souvent par occulter la question elle-même et par détourner de l’acte de penser. Si les élèves, tout comme les parents, sont demandeurs de cours de méthodologie, le risque est que les élèves passent le sujet au crible de la grille méthodologique, en oubliant l’intérêt de la question. Il faut avant tout laisser la question retentir.

Il ne s’agit pas non plus, au nom de la liberté intellectuelle, de refuser de guider l’élève qui se retrouve désemparé face à une liberté de penser dont il ne sait que faire. Nous avons donc essayé de trouver un accord minimal, évitant ces deux écueils. Le fil conducteur de la réflexion était : qu’est-ce qui est essentiel ? Ce n’est sûrement pas la forme mais l’acte de penser lui-même. L’exercice philosophique n’est utile que si l’élève apprend en faisant.

L’enseignant de philosophie ne doit pas non plus s’installer dans l’académisme, car cela peut détourner de l’acte de penser : on perd alors toute efficacité pédagogique. N’oublions pas que l’élève qui ne s’étonne plus s’ennuie.

Dans la perspective de mieux outiller les collègues, nous allons partager des exercices pratiques d’entraînement aux gestes élémentaires de la dissertation, en partant du principe que chacun de ces gestes peut et doit s’apprendre. Notre compte-rendu prendra donc la forme d’une bibliothèque de dossiers constitués d’exercices conçus, présentés et commentés par notre groupe de travail.

Les contributions :

De l’exemple à la conceptualisation, par Anne GUILLET

Exercices de structuration logique, par Mickaël TELLIER

Exercices d’apprentissage, par Xénophon TENEZAKIS

3 exercices excentriques, par Noiré VIANNEY

Typologie des exercices philosophiques, par Emmanuel UHRIG

Le travail des exemples, par Hugo BALLAND