L’art, Kant : un commentaire du second moment de l’Analytique du beau " ce qui plaît universellement sans concept" par Raphaël Enthoven

par Isabelle Smadja

Transcription approximative du début de la conférence :

"Quand vous dites "c’est beau", vous ne dites pas "je trouve cela beau", mais vous parlez au nom de l’humanité entière dont vous n’imaginez pas qu’elle ne puisse pas être émue par le spectacle qu’elle a sous les yeux. L’impression ressentie est vécue comme si elle était universelle.
Mais dans le même temps vous ne déduisez pas d’une connaissance précise de ce qu’est la beauté le fait que tel spectacle est beau. Vous faites juste droit à votre impression. Nous possédons cette faculté d’universaliser un spectacle dont nous ne savons pas pourquoi il est beau.
Le paradoxe de la beauté est donc le suivant : même si l’universalité du sentiment du beau ne peut pas et ne doit pas être conceptualisée sous peine de dissoudre toute beauté, nous avons une faculté d’universel qui s’appuie sur l’émotion, à savoir sur ce qui, pourtant, est le plus intime et particulier à chacun.
L’expérience du jugement de goût a donc une implication pratique : chacun peut parler de la beauté sans savoir ce qu’elle est, mais parce qu’il en éprouve la mise en œuvre pratique."

Voir en ligne : qu’est-ce que la beauté ?, par Raphael Enthoven