L’art : qu’est-ce que l’art ?, par Paul Mathias

par Isabelle Smadja

Un extrait de 9 mn de L’avenir de l’art, conférence de clôture de Paul Mathias, IGEN, aux Rencontres philosophiques de Langres. (cf vignettes à télécharger)
Paul Mathias s’interroge sur « qu’est-ce que l’art ? en questionnant les dessins de l’époque du Néandertal et les tags qui, parfois, sont posées sur des statues, des œuvres…
Il réfléchit ensuite à l’avenir de l’art : qu’il n’y ait plus aucune frontière entre les lieux de production artistique et les lieux de vie, est-ce cela l’avenir de l’art ou seulement l’art au présent ?
Pour étayer son affirmation « nous sommes les enfants gavés de l’art », Matthias utilise deux courtes vidéos jointes ici : une séquence publicitaire qui mobilise plusieurs œuvres d’art célèbres (Les tournesols de Van Gogh, Nighthawks d’Edward Hopper...) et un reportage sur la performance artistique d’Orlan, où Orlan répond à certains spectateurs (le baiser artistique) dont voici l’extrait

Le texte intégral des conférences est accessible sur le site eduscol :
http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Formation_continue_enseignants/29/2/L_avenir_de_l_art_-_Conf._P._Mathias-def_1040292.pdf

"l’époque contemporaine se caractérise par une amplification peut-être exponentielle des pratiques,des productions et des matériaux ou des outils à destination esthétique, ainsi que de leur variation : « tout » est désormais susceptible d’être art, sans qu’on sache toujours quelles sont les frontières de ce « tout »et l’étendue de l’espace qu’il occupe.Car il n’y a plus, aujourd’hui, de frontières hermétiques entre les espaces autrefois dévolus à la production artistique et ceux de la vie ordinaire ou les espaces du travail et des loisirs, etc. : la rue, l’atelier ou l’usine, sont devenus des lieux esthétiques privilégiés, tout comme la nature et laville. Il n’y a pas plus de frontières fermement établies entre les deux domaines de définition de l’art et de ce qui n’est pas lui : l’art est entré dans l’espace économique avec la publicité ou, parfois, il occupe un territoire scriptural incommensurable aux territoires esthétiques traditionnels. Enfin, entre les arts eux-mêmes, les distinctions se sont atténuées, la performance pouvant, par exemple, tenir lieu, non seulement de jeu d’acteur, mais également d’œuvre d’art « comme telle » ; la poésie et la photographie pouvant se joindre pour former l’objet unique qu’est une œuvre hybride ; la musique populaire et réputée pour sa force économique investissant, à son tour, un lieu réputé pour sa dignité muséaleet canonique.Quel est donc, aujourd’hui, le « lieu » de l’art ?
Peut-être faut-il suivre Danto et méditer sur ses postulats : une œuvre ne peut être dite « d’art » que dans un certain contexte historique et culturel, « le monde de l’art »surgissant, au sein du monde réel, avec une « capacité » à certaines pratiquesartistiques ; et dans « le monde de l’art », le ressort de cette « capacitation » est l’existence d’une certaine théorie esthétique, elle-même issue d’une certaine histoire,assumée comme telle, de l’art."
Le texte d’ ’Arthur Danto - « n’importe quoi peut-être de l’art mais tout n’est pas de l’art » - est accessible sous le lien suivant :
http://chevet.unblog.fr/2008/10/15/texte-darthur-danto-nimporte-quoi-peut-etre-de-lart-mais-tout-nest-pas-de-lart/

Voir en ligne : L’avenir de l’art (rencontres philosophiques de Langres)