L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire essentiellement féminin, qui entraîne une privation alimentaire stricte et volontaire pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. D’après l’Inserm, ce trouble toucherait environ 0,5 % des jeunes filles et 0,3 % des garçons entre 12 et 17 ans. 5 % des patients souffrant d’anorexie décèdent. Des élèves ont répondu à la question « L’anorexie,c’est quoi pour vous » et, pour vraiment mieux comprendre cette maladie, nous avons rencontré Amélie, Oriane et Marine qui ont accepter de témoigner.
Capture1

Les témoignages d’Amélie, Oriane et Marine :

Comment a débuté ton anorexie ?

Marine, 19 ans :

« J’ai commencé comme une quête de perfection ; je voulais être la meilleure pour les cours, pour ma famille, mes amies, le sport… Puis j’ai voulu changer physiquement, pas forcément perdre du poids, mais changer les complexes en ajustant mon alimentation et en faisant du sport. Après 2 mois, étant une personne impatiente et ne voyant pas de différence au niveau de mon corps, je me suis dit que j’allais réduire mon alimentation. J’ai commencé à sauter des repas et là, j’ai vu le chiffre sur la balance baisser. Je suis devenue obsédée par les calories, et mon seul but était d’ingérer le moins de calories possibles sur une journée, puis sur une semaine… J’ai fini par faire du sport vraiment intensivement et ne manger plus qu’une pomme par jour. »

anorexie

Oriane, 19 ans :

« Cela a commencé par un régime, parce que les gens et même mes amis m’appelaient « la grosse vache ». Du coup, j’ai d’abord arrêté les goûters, puis le sucré, les féculents … jusqu’à ce que je ne m’alimente plus que de 5 litres d’eau par jour et d’une pomme. »

Amélie, 19 ans :

« J’ai souhaité faire un régime parce que je me sentais mal dans ma peau. Au début, j’ai voulu perdre quelques kilos… et puis, j’en ai finalement perdu 15. Je me nourrissais principalement de barres hypocaloriques, de fruits et de légumes. A la fin, je mangeais deux biscottes et une pomme par jour. »

Quels sont les symptômes de l’anorexie ?

Amélie : « Au niveau physique, on constate une perte de cheveux, des ongles cassants, de l’aménorrhée (absence des règles), la diminution de la masse musculaire, des os saillants et un système immunitaire fragilisé. Hormis cela, il y a la peur obsédante de prendre du poids, une pratique sportive intensive, de la restriction alimentaire… »

Comment as-tu été prise en charge ?

Marine : « J’ai été hospitalisée d’urgence en pédiatrie où j’étais sous contrat de poids. Ça a duré deux mois, mais rien n’était réglé, mon seul objectif en sortant était de reperdre du poids. Je suis sortie en février et au mois de mai j’ai du être ré-hospitalisée à l’hôpital de Mercy dans l’unité Psychologie et Médecine de L’Adolescent. J’étais mal physiquement, mais pour moi ce qui primait c’était le psychologique. J’attendais qu’on m’aide, que quelqu’un me sauve, qu’il trouve les mots pour me redonner envie de vivre. Mais j’étais tellement ancrée dans la maladie que je n’entendais pas les conseils et les avertissements. De ce fait, j’ai continué ma chute jusqu’au point où j’ai du être transférée a Brabois dans l’unité de re-nutrition, parce que tous mes organes lâchaient et à Metz ils n’avaient pas les moyens de me sauver tant j’étais aux portes de la mort. Mon foie a lâché, la moitié de mon cœur ne battait plus normalement, mes os étaient extrêmement fragilisés, et lors de la radio on m’a dit que j’avais un squelette d’une femme de 80 ans. J’ai même fait un mini arrêt cardiaque. En effet, je suis descendue à 28kg pour 1m62. J’ai été dégradée, je n’avais même pas le droit de sortir de mon lit, je n’avais pas le droit de me doucher seule, il y avait toujours quelqu’un avec moi ; je n’avais plus aucune intimité, plus rien. Alors j’ai mangé, j’ai repris du poids pour sortir de là. »

Claire, 19 ans : « J’ai été hospitalisée dans le service Psychologie et Médecine de l’Adolescent à Mercy pendant 7 mois et en centre assistance nutritionnelle pour dénutrition sévère pendant un mois à Nancy.»

Oriane : « J’ai été prise en charge un mois après mon entrée au lycée en seconde, suite à une visite médical chez mon médecin traitant. »

Amélie : « J’ai été hospitalisée pour anorexie mentale lorsque je faisais 46kg pour 1m80. Dans le service Psychologie et Médecine de l’Adolescent à Mercy, on m’a réappris à manger de tout sans culpabiliser. En revanche, encore aujourd’hui, je demeure hyperactive et j’ai tendance à réduire mes apports en sucre, féculents et protéines. Question d’habitude, je suppose. »

Qu’en est-il d’aujourd’hui ?

Oriane : « Au niveau du physique, on va dire que c’est indétectable au jour d’aujourd’hui, mais mentalement c’est encore difficile à certains moments. Concernant le comportement alimentaire, il y a des aliments que je n’arrive toujours pas à ingérer. »

Marine : « J’ai eu mes partiels, j’ai réussi ma première année en lettres modernes parce que je n’ai rien lâché. Maintenant, je suis en deuxième année de fac et je travaille en plus de mes études. »

Quels conseils donnerais-tu à toutes ces personnes qui se sentent mal dans leur peau ?

Marine : « Si j’avais des conseils à donner, ce serait qu’il faut se forcer. Il arrive un moment où on a plus le choix, il faut faire le grand saut et ne pas repousser toujours au lendemain sinon, un des lendemains sera le cercueil. On mérite tous de vivre, on mérite tous d’être heureux mais c’est nous qui décidons de la vie que nous voulons mener. Alors ayez des projets, ne lâchez rien. Il y aura des hauts et des bas, c’est un combat constant. Le chemin est long, douloureux, mais vous n’êtes pas seuls, et si aujourd’hui c’est dur, demain ça ira mieux. Répétez-le jusqu’à ce que vous y croyez. Vous seuls êtes maître de votre destin. »

Claire : « Pour ce qui est d’être mal dans sa peau, je pense que le principal est d’en parler, de faire savoir qu’on va mal pour être pris en charge rapidement, avant que les choses ne dérapent ! »

Oriane : « Pour toutes les personnes, peu importe le sexe, l’âge, la morphologie, la taille ou le poids justement, je pense qu’il faut apprendre un peu chaque jour à s’aimer davantage comme on est, ou à modifier son physique par le choix d’une activité physique régulière, et surtout une alimentation variée et équilibrée. Je pense que le plus important c’est de prendre soin de son corps et l’aimer sous toutes ses formes. »

Ces témoignages laissent à réfléchir, et nous poussent à nous apprécier un peu plus chaque jour… Nous nous retrouverons peut-être dans un nouvel article avec l’infirmière du lycée qui donnera quelques conseils pour nous apprendre comment agir dans ce genre de situation !

Photo : Amélie B.

Article en collaboration avec : Amélie B.

L’anorexie mentale, un trouble du comportement alimentaire qui touche de plus en plus d’adolescents

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *