TPELes oraux de TPE,  qui se sont déroulés pendant deux semaines à partir du lundi 19 mars 2018, auront marqué tous les élèves de première. C’est pour cela que les professeurs et élèves de notre lycée s’expriment aujourd’hui à propos de cette épreuve du bac.

Mme Colardelle-Voisin,  professeure d’histoire-géographie, s’est proposée pour donner une définition très claire de cette épreuve en mettant en évidence les apports pour les élèves : « Il s’agit d’une épreuve du bac passée en classe de Première, c’est même la première épreuve. Le sigle TPE signifie Travail Personnel Encadré, il s’agit d’un travail fourni sur plusieurs mois, sur un thème défini dans un programme national et qui aborde deux disciplines selon la filière choisie. Par exemple en 1ère S, physique-chimie et SVT, en 1ère ES, SES  et histoire-géographie et en 1ère L, français et histoire-géographie. Les élèves font une recherche documentaire qui aboutit à une production et à une note. Les élèves sont notés sur leur implication, leur production et leur oral. Même s’il s’agit d’un travail de groupe, la notation reste individuelle. Il s’agit pour le professeur de suivre les élèves au fur et à mesure des différentes étapes, que ce soit pour la recherche, en aidant les élèves à vérifier les informations et leur pertinence, que pour la production, en aidant les élèves à gagner en efficacité et surtout en aidant les élèves à respecter l’échéancier, ce qui est le plus compliqué. Les élèves gagnent en autonomie car ils doivent prendre en charge leur travail personnel, ils doivent aussi s’organiser, apprendre à travailler en groupe, utiliser les sources, notamment internet avec pertinence. Pour un groupe, cela permet de travailler la cohésion ».

M. Armand, professeur de français, complète les propos de Mme Collardelle : « L’apport pour les élèves est notamment de dépasser les conflits dus au déséquilibre des efforts consentis, mener des recherches, selon plusieurs pistes. Changer d’orientation si besoin.
Accomplir un travail de « longue haleine » sans se décourager, préparer et soutenir un oral avec ou sans support vidéo, et donner un aperçu du futur travail dans l’enseignement supérieur. Il existe néanmoins des difficultés qui sont le manque de motivation de certains groupes, qui « traînent les pieds » ou font preuve de « malhonnêteté » en contournant les échéances, certains sujets se heurtent à des lacunes des élèves. Donc, faire comprendre que le choix est trop « ambitieux » est parfois délicat, gérer les aléas donc les arrivées et départs dans les groupes, changement de sujet en dernière minute, incapacité à se décider… et ne pas « froisser » les susceptibilités. Un travail qui peut sembler dérisoire au prof peut avoir été un gros effort pour le groupe. ».

Sur ces mots, Mme Colardelle-Voisin donne quelques solutions après avoir exposé ses propres difficultés : « C’est toujours compliqué de suivre des groupes car ils sont nombreux ; il y a des phases où des groupes avancent plus vite que d’autres, des changements de sujets car des élèves peinent à trouver les ressources documentaires ou au contraire des sujets à réduire à cause de la multiplicité des sources.  Il arrive aussi que les groupes perdent en cohésion par une entente fragile, par un manque de travail chez un membre du groupe, par des absences. Du coup, il est important d’éviter les groupes trop nombreux, trois étant l’idéal car il y a souvent le troisième élève qui réussit à créer l’équilibre, et de rester vigilant dans le choix de son groupe dès le début de l’année. Enfin, en septembre les groupes pensent qu’ils ont le temps, ils font durer certaines séances, ce qui fait qu’il faut rappeler les échéances assez vite pour ne pas être dépassé. ».
Capucine, une élève de 1ère L montre par son témoignage que les apports pour les élèves évoqués par les professeurs, ont été atteints pour sa part : « Les TPE, c’est une expérience qui était pour ma part très enrichissante. Travailler en groupe pour une période de temps si prolongée n’est pas commun pour les lycéens et les TPE permettent vraiment de comprendre ce que le terme « travail collectif » veut dire. Notre sujet était « L’art de la provocation durant la guerre d’Indochine ». Ma camarade voulait travailler sur la provocation dans les textes du XXe siècle tandis que je voulais travailler sur la guerre d’Indochine, conflit que je n’avais que très peu étudié en cours. Le choix du sujet nous a donc paru évident. Comme pour tous les travaux personnels, il y a des hauts et des bas dans la progression du projet. Cependant, nous avons eu la chance de ne pas subir de majeurs désagréments durant nos travaux. Ces derniers ont toujours été rendus à temps et l’organisation de nos parties respectives s’est faite très rapidement. Notre oral s’est relativement bien passé. Comme la plupart des élèves, nous avons eu quelques doutes sur les questions posées par les professeurs mais étant donné que nous avons réussi à trouver des réponses à chacune de leurs interrogations, je pense que notre oral s’est, en somme, bien déroulé. J’en garde donc un souvenir plutôt positif. J’ai découvert de nombreuses choses sur notre sujet et l’entente de notre groupe était très agréable. Que le souvenir soit bon ou mauvais, je me rappellerai toujours de cette épreuve comme ma première épreuve de bac, un grand pas vers l’obtention de ce dernier pour la plupart d’entre nous. ».

Yassine, élève de 1ère ES, lui, nous fait part de ses difficultés pendant ses séances de TPE ainsi que son oral : « J’avoue avoir trouvé les TPE plutôt agaçants au début mais super vers la fin. Nous avons travaillé sur le sujet des drogues. Au début, nous n’étions pas organisés mais par la suite ça a été. Je pense que l’oral s’est bien passé, néanmoins je crois qu’ils ont repéré que j’étais légèrement stressé, il faut dire que je n’étais pas aidé à cause de diverses complications au cours de mes TPE… Malheureusement, je n’en retiens que du mauvais car c’est un truc qui, pour ma part, a détruit des amitiés. Il n’y a que la partie orale qui était un peu plus intéressante et marrante. Je ne comprends pas vraiment pourquoi en début d’année, on force des élèves à se mettre en groupe et donc faire confiance à des gens qu’ils ne connaissent pas forcément. ». C’est sans doute ce que monsieur Armand a voulu dire dans son constat sur les résultats de ces TPE : « Le résultat lorsqu’on survole les travaux rendus est souvent un peu décevant.  Les problèmes rencontrés dans les copies (expression, manque de rigueur, lacunes…) sont exponentiels dans un travail long et fait en groupe. Cependant, le contact avec les élèves est différent du travail de classe. On découvre les personnalités, souvent différentes de ce qu’on imagine… ». Et d’ajouter que tout de même « beaucoup d’élèves font preuve de bonne volonté, mais avec leurs moyens. C’est déjà une bonne chose… ». 

Sur ce, Andréa en 1ère S nous a fait part de son stress durant ses travaux : « Mon groupe et moi avons choisi de travailler sur les dragons de GOT parce que c’est un sujet qui nous tenait à coeur. Je pense que le travail en lui-même était plus stressant qu’autre chose, car on doit y mettre de la volonté et du temps. L’oral s’est bien passé mais les questions étaient vraiment pointues. Malgré tout, j’en ai gardé un bon souvenir, c’est quelque chose que l’on a fait nous-même et que l’on présente. Je dirais que c’est un peu une fierté à la fin de le montrer, encore faut-il aimer le sujet que l’on traite. ».  

Mme Colardelle-Voisin, en conclut donc que les travaux valent ce que les élèves ont fourni tout au long de l’année : « Globalement, le constat effectué toute l’année se voit vite dans la production finale et les notes de synthèse. Les groupes qui ont montré de l’intérêt, qui ont écouté les conseils donnés par les enseignants ou encore ceux de la professeure documentaliste, qui se sont réellement impliqués dans leur sujet, réussissent toujours à produire un travail sérieux. Voir des productions finales qui sont finalisées avec finesse et sérieux est une satisfaction. »

Cette première épreuve de baccalauréat s’est donc montrée stressante voire éprouvante pour ceux qui n’ont pas eu la chance de connaître un équilibre parfait au sein de leur groupe, ainsi que des trouvailles de qualités pour leur sujet. Néanmoins, la plupart en gardent un bon souvenir parce que leur travail, leur volonté et leur détermination leur ont permis de se surpasser, de donner le meilleur d’eux-mêmes et de gagner un peu confiance en eux en voyant ce qu’ils étaient capables de fournir…

Photo : Carole Z.

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