Florian Bachelier : du lycée Hélène Boucher à l’Assemblée Nationale

Par Anthony Villeneuve. Le Républicain Lorrain, 27 janvier 2018 :

Le Premier questeur de l’Assemblée nationale, Florian Bachelier, est né à Thionville et y a grandi. C’est dans cette Lorraine de l’acier qu’il s’est forgé une conscience politique.

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Dans le vaste bureau depuis lequel le Premier questeur veille sur les 550 M€ de budget de l’Assemblée nationale, un tableau écrase tout le reste de la déco : une lithographie reprenant la devise de la République, « Liberté Égalité Fraternité », surplombée d’une poutre d’acier. De l’acier lorrain. Aujourd’hui élu de Bretagne, Florian Bachelier n’oublie pas qu’il est d’abord un enfant de la Sollac.

Liberté

Il est né le 5 avril 1979 à Thionville. «  C’est aussi à Bel-Air qu’on m’a sauvé la vie quatre ans plus tard. J’ai failli mourir d’une méningite  », révèle-t-il. «  Depuis, la seule chose dont j’ai peur, c’est la mort. Le reste ne m’atteint pas. J’y ai gagné une forme de liberté. »

Liberté qui lui a permis de défier et de terrasser un baron local du PS aux législatives de juin dernier, en Ille-et-Vilaine. Puis de briguer le poste de Premier questeur, jusque-là réservé aux vieux briscards. Et enfin de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière en imposant le contrôle des frais des députés, la fin des avantages réservés aux parlementaires honoraires, l’alignement des retraites des députés sur le régime général…

Autant dire que Florian Bachelier ne remportera pas le prix du camarade de l’année au Palais Bourbon…

Égalité

Il a grandi dans une maison Phénix à Zoufftgen. Son père avait quitté la Bretagne pour travailler à la Sollac puis enseigner au lycée La Briquerie. Sa mère est assistante maternelle.

«  J’ai habité à Zoufftgen jusqu’à l’âge de 18 ans. De 1979 à 1997, j’ai vécu la fin de l’industrie et vu ce territoire se fracturer. Certains ont réussi à s’en sortir, au Luxembourg notamment. D’autres sont restés au bord de la route. Aujourd’hui encore, c’est à cette Lorraine aux deux visages que je pense dans mon engagement politique pour l’égalité.  »

Fraternité

Après l’école Maréchal-Juin de Zoufftgen, Florian Bachelier poursuit sa scolarité au collège puis au lycée Helène-Boucher de Thionville. C’est là qu’il a compris le sens du mot fraternité. «  Il y avait énormément d’enfants ou de petits-enfants d’immigrés italiens, polonais, portugais, maghrébins. Ils incarnaient une immigration réussie. Et pourtant, j’ai vu le Front national monter. C’était insupportable. Ça m’a profondément marqué. »

En 1995, à 16 ans, il s’engage en politique. « J’étais à la bibliothèque municipale de Thionville et, juste en face, il y avait le local du PS. J’ai frappé à la porte. On m’a demandé où étaient mes parents ! »

La suite ? Des études de droit et de sciences politiques, une carrière fulgurante d’avocat d’affaires en Bretagne, du militantisme à ses heures perdues. Et une rencontre, en 2015, avec celui qui était alors ministre de l’Économie, Emmanuel Macron : «  J’ai adhéré à En Marche le premier jour  » , sourit-il.

Ce proche de Richard Ferrand est d’ailleurs perçu comme une figure montante de la Macronie. «  Je n’ai pas de plan de carrière, jure-t-il. J’avance, je fais des propositions. Parfois je gagne, parfois je perds. Mais j’essaye.  » Têtu comme un Breton et pugnace comme un Lorrain.

Anthony VILLENEUVE.

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