La chanson populaire : chanter pour dénoncer l’injustice

Réalisé à partir du podcast sur France Culture, Les chemins de la philosophie, présenté par Adèle Van Reeth le 17/01/18

Intervenante : Jeanne Proust, co-auteure de l’essai  « Sentiment d’injustice et chanson populaire ».

  • Comment définir la chanson populaire ?

Cela peut-être de la variété française (Claude François) ou, au contraire, des groupes qui ont connu le succès (PNL)

La chanson populaire représente le langage du peuple. Les hommes peuvent alors s’identifier à la musique et cela crée un sentiment d’appartenance à un groupe social. Si la chanson populaire ne correspond pas forcément à un idéal de la beauté, elle résonne tout de même dans le corps de l’auditeur, car la chanson « lui parle », suscite de nombreuses émotions chez lui.

  • La chanson et l’injustice

Si le terme « injustice » est souvent absent des chansons, cela demeure un thème récurrent.

Le problème soulevé réside dans la définition de l’injustice. Par ce mot, on sous-entend que l’on désirerait qu’une certaine équité soit rétablie. Or, dans la plupart des chansons, on évoque un renversement de situation, un passage du « rien » au « tout, générant de la convoitise ou, à l’inverse, de la résignation.

Exemples :

  • « Nés sous la même étoile » de IAM

« Pourquoi ne suis-je pas né sous la même étoile ? » […]

« Lui a le droit à des études poussées,

Pourquoi j’ai pas assez d’argent pour acheter leurs livres et leurs cahiers,

Pourquoi j’ai dû stopper les cours,

Pourquoi lui n’avait pas de frère à nourrir,

Pourquoi j’ai dealé chaque jour ? »

Dans ces paroles, on peut constater un sentiment de résignation : ces questions oratoires font état d’un constat, et interroge une situation que l’on ne peut changer, qui répond à une certaine fatalité. Le chanteur n’exprime ni de plainte explicite, ni un désir de révolte contre cette injustice établie entre les classes sociales.

De manière plus violente, Vin’s s’attaque directement au droit français et au respect des droits de la femme :

  • « #METOO » de Vin’s

« Puis un viol ça reste un viol, ça dépend pas d’la taille de sa robe » […]

« J’emmerde la justice c’est impossible qu’on s’entende

Elle qui considère qu’à 11ans on peut être consentante

Il faut que son corps tombe à terre pour qu’on voit la gravité

C’est la victime qu’on interne, les coupables sont acquittés. »

 

Et vous, qu’en pensez-vous ? L’injustice fait partie de notre vie quotidienne, et ces artistes se servent de leurs mots comme d’une arme pour la dénoncer, pour revendiquer le droit à l’égalité, peu importe le sexe, la classe sociale, l’orientation sexuelle, les origines… Après tout, un homme reste un homme, quoi qu’il arrive.

A lire : Jeanne Proust et Charles Rémond. Sentiment d’injustice et chanson populaire. Delatour France, 2017

 

 

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