« On va manquer de littéraires dans les entreprises ! »

Notre établissement comptait habituellement deux classes de 1ères Littéraire. Cette année, il n’en compte plus qu’une.  Pourquoi cette baisse d’effectifs ? J’ai interrogé Madame Dietsch, conseillère d’orientation et psychologue de notre lycée, sur ce sujet : 

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  • Selon vous, pourquoi il y a t-il une baisse des effectifs en série littéraire? 

Je pense qu’il y a beaucoup de raisons à cette baisse des effectifs. Tout d’abord, il y a une omniprésence du bac S dans l’opinion publique, on dit souvent que l’on peut tout faire avec un bac S.  Ensuite, je crois que très peu choisissent le bac L parce qu’il demande beaucoup de travail, de réflexion et bien évidemment de la lecture. Au jour d’aujourd’hui, la lecture n’est plus une activité privilégiée pour les élèves. J’ai déjà demandé à pas mal de secondes ce qu’ils avaient lu comme livres dans l’année, et la plupart n’en n’ont lu aucun en dehors de ceux étudiés en classe. De plus, le bac L est connu pour ne mener qu’à des études longues et non des études courtes ce qui peut en effrayer plus d’un. Ce qui peut aussi paraître effrayant est le gros coefficient qu’à la philosophie en terminale, qui est une matière que l’on ne découvre qu’en terminale. Cette matière est connue pour être un enseignement intéressant mais angoissant du fait de ses notions abstraites. En dehors de la philosophie, on peut également penser qu’un élève moyen en langues ne voudra pas se lancer dans un bac où les langues comptent énormément. Et puis, je pense que la société est aussi un peu responsable car elle met sur un piédestal le bac S… A la télévision, par exemple, on ne voit que des séries qui parlent de métiers scientifiques, on voit rarement une série qui parle d’une bibliothécaire ! Les médias aussi montrent plus d’ingénieurs, et autres métiers accessibles seulement avec le bac scientifique…

  • Quel est votre avis sur ces faits ? 

Je pense que c’est vraiment dommage car on va manquer de littéraires dans les entreprises, les capacités à la réflexion ainsi que rédactionnelles vont finir par manquer. D’autant plus qu’en dehors des métiers scientifiques, tous les autres métiers restent accessibles avec le bac L. Le bon bac n’est pas le bac S, mais le bac que l’on va réussir sans souffrir, dans lequel on peut s’épanouir. Il n’y a pas de bon bac, le bon bac est celui qui correspond à l’élève. Et je vois parfois, des élèves qui vont en ES parce qu’ils n’aiment pas lire mais n’aiment pas non plus les maths, mais aussi des élèves qui font un bac S pour au final, faire un métier littéraire… Le bac L vaut autant que le bac S.

  • Selon vous, pourquoi les garçons en L sont peu nombreux? 

Selon moi, on apprend aux garçons le raisonnement logique dès leur plus jeune âge, en leur offrant des jeux de construction par exemple. Tandis qu’on offre des livres et des poupées aux filles, leur apprenant l’altruisme, la réflexion. En général, elles finissent par lire plus que les garçons. Mais je dois avouer aussi, que les filles s’autocensurent en choisissant d’office le bac L, parfois. Parce que les débouchés après le bac L, sont des métiers dans lesquels la société envoie beaucoup de filles…

  • Selon vous, il y a t-il une solution pour revaloriser le bac littéraire? 

Je pense que l’on devrait mettre plus en avant les métiers accessibles avec un bac L. Qu’on devrait montrer aux élèves ainsi qu’aux parents que ce bac mène quelque part. Il faudrait peut-être aussi, revoir la manière d’enseigner les matières littéraires, qui ne sont peut-être pas assez approfondies en primaire et au collège, comme par exemple l’aspect rédactionnel, car je pense que le bac L peut aussi faire peur aux élèves par cet aspect là, qui pousse l’élève à se dévoiler, à y mettre de sa personnalité tandis que dans un exercice de maths, c’est encore différent, on attend qu’une réponse précise. Donner plus de lecture est peut-être aussi un bon moyen d’apprendre à l’élève plus de vocabulaire, ainsi qu’à développer des idées. Et je pense aussi, que les langues devraient être enseignées par petit groupe, car il est toujours difficile de bien apprendre lorsque l’on est 25 par classe. Malheureusement, on se base sur des à priori, des stéréotypes qui vont être durs à contrer.

Le bac L est donc un bac qui mérite d’être valorisé, car il mène à divers métiers dans les domaines du journalisme/documentation, de l’enseignement, de la traduction/interprétation, du droit/immobilier, de la communication/publicité, de l’art/design, de l’animation/social, et plein d’autres encore à découvrir dans le livret

Admission Post Bac « Après le bac L », à retrouver au CDI de notre lycée !

Phot : Marie M.

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