Ce documentaire de type long métrage a été écrit par Rokhsareh Ghaem Maghami, une cinéaste documentariste iranienne qui est née à Téhéran. Elle a notamment réalisé en 2007 un court documentaire d’animation au cours de ses recherches appelé  » Cyanose« , qui a montré le travail d’un artiste de rue de Téhéran, et a été récompensée en janvier 2016 du « World Documentary Audience Award » ainsi que du « Grand Jury Prize » au Festival de Sundance pour son documentaire sur Sonita (2015).téléchargement

« Sonita  » raconte l’histoire de Sonita Alizadeh, une réfugiée afghane en Iran qui utilise la musique (le rap) comme un moyen d’échapper aux traditions afghanes consistant à vendre sa ou ses filles et à les marier uniquement à des fins financières ; elle est elle-même victime d’une tentative de sa famille pour financier de cette façon le mariage d’un de ses frères. Mais Rokhsareh ne peut pas accepter de laisser la mère de Sonita faire cela, elle décide donc d’abandonner son rôle de réalisatrice et paie 2000 $ à la mère de la jeune fille qui peut ainsi rester 6 mois de plus à Téhéran et par ailleurs enregistrer une chanson et tourner un clip qui dénoncent ces pratiques d’un autre âge. Le documentaire change complètement de direction à partir de cette décision à la fois courageuse et inédite.

J’ai retenu cette scène où on assiste (qui filme ? Sonita ?) une intervention de la réalisatrice mais également du perchiste, lors d’une discussion avec la directrice du centre pour réfugiés qui s’occupe des enfants des rues, dont notre héroïne, en Iran. Le filmeur devient le filmé. Le témoin neutre devient un personnage de l’histoire. Car cette intervention remet en cause les règles d’un documentaire et peut nous amener à nous poser de nombreuses questions. La participation de l’équipe de tournage permettra à Sonita de réaliser son rêve, tout d’abord de trouver une maison de disques qui accepte de produire ses chansons , mais ensuite de permettre à Sonita d’intégrer une école américaine. Le rêve (américain ?) , tout à coup, se réalise !

La réalisatrice a rencontré Sonita à Téhéran et réussi à filmer son parcours dramatique et merveilleux à la fois, entre interdictions iraniennes et obligations afghanes. La jeune fille, droit dans ses baskets, défie des milliers d’années de tradition, avec courage et une grande maturité pour son âge. Elle écrit des textes de rap percutants et justes et grâce à la Toile, touche la planète. C’est là que le film devient un conte de fées…
On vit comme en direct l’histoire touchante d’une jeune afghane, avec ses moments de découragement mais aussi ses moments d’euphorie ; et on comprend bien sa situation ainsi que la décision de Rokhsareh.
La réalisatrice nous fait passer 1h30 avec Sonita et nous montre sans tricher la vie que peuvent endurer les femmes de ces pays et le rêve d’une adolescente qui se réalise.

Thomas R.,  Alexandre W. , Anthony S., 1ère S3

Sélection PJRL 2017 / Sonita : documentaire ou conte de fées ?

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