Phoolan Devi (1963-1991) : « Reine des bandits »


Pour le troisième portrait de cette série, Lise a choisi de nous parler de cette femme dont la vie a été marquée par la violence que subissent les femmes de son pays. Elue députée, elle a été proposée comme candidate au Prix Nobel de la Paix .

Phoolan Devi est née à Madhya, en Inde le 10 aout 1963. Sa famille étant très pauvre, elle doit aider ses parents dès son plus jeune âge. A 10 ans, elle est mariée à un homme de 35 ans. Chaque jour, il la bat et la viole. Un jour, elle tombe malade mais son mari refuse de payer pour la soigner.

Ses parents viennent la rechercher. Son mariage est annulé et elle devient une paria dans son village. Elle est très en colère contre le système imposé dans son pays et ose le dire haut et fort.

Les Daicoïts

Les autorités ne supportent pas l’idée qu’une jeune fille ne se plie pas aux règles. Un coup monté est organisé pour livrer Phoolan aux Daicoïts, une bande armée qui pillent les villages. Ils la font marcher toute une nuit dans la jungle et elle a tellement peur qu’elle n’ose pas les regarder. Ils pensaient attraper une dangereuse criminelle mais ils se retrouvent avec une jeune fille de 16 ans. Ils ne savent pas quoi faire d’elle. Un des bandits veut en faire son esclave mais Vikram, leur chef âgé de seulement 20 ans refuse. Un soir, le bandit tente de violer Phoolan contre son gré. Vikram le tue. C’est la première fois qu’un homme prend la défense de Phoolan. Elle reste quelques jours avec les Daicoïts et elle se rend compte qu’ils volent aux riches pour donner aux pauvres. Vikram lui propose de rester avec eux et de l’épouser. Phoolan Devi devient « La reine des bandits ». Elle et les Daicoïts deviennent les bandits les plus célèbres de toute la région.

La chef de bande

Mais cela attire la jalousie. Une bande ennemie voit sa réputation baisser de jours en jours alors une nuit, ils entrent dans leur campement et tuent tous les Dacoïtes, sauf Phoolan. Il l’attache et lui retire ses habits. Il l’emmène de village en village en annonçant aux villageois que c’est elle qui a tué Vikram. Pendant 23 jours, elle passe de mains en mains sans pouvoir rien faire. Un jeune homme a pitié d’elle et l’aide à s’enfuir. Elle a 17 ans et dit elle-même qu’elle ne ressent plus rien et est devenue une machine. Elle crée son propre gang avec un seul objectif : traquer ses bourreaux. Elle passe dans tous les villages et punit les hommes qui abusent des jeunes filles. Le gang qui avait tué les Dacoïts est décimé lors d’un règlement de compte. Le gouvernement déploie des hélicoptères pour la retrouver. « La reine des bandits » devient la personne la plus recherchée du pays. Phoolan en a marre d’agir grâce à la violence. Elle se rend aux autorités et négocie des terres pour ces parents, la garantie de sa sécurité et un procès équitable pour ses hommes.

Prisonnière puis députée

La foule scande son nom jusqu’à la prison. Elle y reste onze ans en attendant son procès. Mais pour des raisons électorales, le gouvernement abandonne les charges contre elle. Phoolan est libérée en 1994, elle a 31 ans. Décidée à faire entendre la voix des opprimés, elle se propose pour les élections aux parlements. Elle y entre en 1996.

Elle fait voter des lois pour la protection des plus pauvres et des femmes. L’année suivante, elle figure parmi les candidats au prix Nobel de la Paix.

Le 25 juillet 2001, alors qu’elle rentre d’une session parlementaire, elle reçoit deux balles dans la tête devant chez elle. L’assassinat est fièrement revendiqué par son meurtrier qui devient un héros dans sa communauté. Mais la mort de Phoolan provoque un soulèvement populaire et le meurtrier est finalement condamné à perpétuité.

On ne peut qu’imaginer tout ce qu’elle aurait pu faire si elle avait vécu plus de 38 ans !

Lise, 12 ans, Ludres