SVT Lorraine > Géologie Lorraine > Dalles à rides du Birzberg >

Dalles à rides du Birzberg : 3. Description

A) les rides sous-aquatiques du Birzberg.

Les calcaires à entroques ont été exploitées au Birzberg jusqu'en 1966. Le front de taille révèle les éléments caractéristiques de la série carbonatée déposée dans un environnement de type littoral à la faveur de tempêtes.

Le Calcaire à entroques se présente sous forme de gros bancs (un demi-mètre) séparés par des joints marneux minces. Les calcaires sont gris à beige, à grain fin, oolithique ou constitués d'entroques soudées. Des accidents siliceux sous forme de nodules de calcédoine et des joints stylolithiques existent à la base de la formation. La stratification oblique des entroquites est caractéristique de dépôts en milieu agité. Fossiles : Encrinus liliiformis sous forme d'articles de tiges, Coenothyris... Epaisseur totale : 6 à 8 mètres. La limite inférieure (recouverte ici par les éboulis) est nette, la limite supérieure est marquée par l'apparition de niveaux marneux qui alternent avec des calcaires de même épaisseur : Couches à Cératites.

Le champ de rides sous-marines se situe au toit de la formation. L'observation du sommet de la coupe (là où elle est possible) révèle l'existence de deux, voire trois bancs calcaires jointifs qui présentent des rides en surface. C'est le banc supérieur qui offre le développement le plus remarquable.

Vue de la partie sud de la carrière depuis le sentier principal.

A cet endroit, les couches amorcent un petit synclinal. Bien que présentes sur l'ensemble de la dalle, les rides sont surtout bien développées sur le flanc sud de la gouttière. On y dénombre une vingtaine sur une longueur de 15 mètres environ.

Vue rapprochée de la dalle à rides (photo prise depuis le sentier en lumière rasante, un matin d'hiver).

Au premier plan, on distingue trois rides espacées asymétriques (flanc nord apparent en pente douce / flanc sud abrupt). Elles sont suivies de rides plus régulières, symétriques. Des bifurcations sont également repérables.

L'affleurement de la dalle est le résultat d'un concours de facteurs géologiques et humains. Le banc calcaire portant les rides est surmonté par un premier banc marneux amorçant la série des couches à Cératites peu intéressantes pour les besoins de l'industrie. Aussi, l'exploitant a t-il décapé toute la partie supérieure, mettant à nu le fond marin fossile du Muschelkalk supérieur.

Le calcaire qui forme les rides est de type détritique fin et renferme quelques entroques. Le banc marneux subsiste par endroits sous forme de placages occupés par la végétation (protégée) et comporte des terriers de fouisseurs (Rhizocorallium). L'état de conservation est généralement bon même si un fin réseau de diaclases offre une prise à l'altération.

Des compléments d'information concernant l'interprétation de ces figures, se trouvent dans l'annexe 1.


B) Les récifs d'huîtres du Muschelkalk.

Récif fossile de Placunopsis ostracina. Longueur de l'ensemble environ 1,2 mètre, hauteur 50 cm.

La photographie représente une construction récifale de la mer du Muschelkalk (bioherme). Le récif est constitué de milliers de coquilles soudées d'un petit mollusque fossile en forme d'huître : Placunopsis ostracina, dont seules les valves droites planes ont été conservées. La valve gauche creuse faisant office de loge est tombée après la mort de l'occupant. La valve droite restante a servi de base pour la fixation d'un nouvel individu. Lorsque les individus sont à l'état isolé, leur diamètre peut atteindre 3 cm ; en colonie il est plus réduit.

Le point de départ d'une formation récifale est constitué par un support dur du fond marin, en l'occurrence, une coquille de Cératite. Le document ci-dessus, montre trois fossiles de Discoceratites dorsoplanus ainsi colonisés. Le fossile numéro 2 présente une coupe sagittale. Les minuscules valves, soudées les unes aux autres, ont épousé la forme de la coquille de Cératite, dont il ne reste plus que le moule interne. Il arrive que les 2 faces de la coquille-hôte soient colonisées ce qui laisse supposer un retournement de cette dernière par les courants de tempête (récifs roulants), au moins dans les premiers temps.

La vue ci-dessus présente une coupe partielle d'un tel récif dans la partie terminale du Muschelkalk : Couches à térébratules (contournement ouest de Sarreguemines, 1998). Le récif de Placunopsis occupe la partie gauche sous forme de nodules et de colonnettes, mais des extensions horizontales existent également. Sous son poids les couches de sédiments encore mous ont commencé à ployer. La taille de ces formations avoisine généralement le mètre, toutefois des exemplaires de plusieurs mètres sont connus. Leur croissance est liée à la vitesse de la sédimentation qui peut les ennoyer temporairement ou de façon définitive. Des estimations sur leur taux de croissance suggèrent un épaississement d'un mètre par dix mille ans.

Des détails plus précis figurent dans un ouvrage en langue allemande destiné aux établissements scolaires également disponible sur le site : "der Riffressourcen-server : für Schulen und alle anderen". Consulter l'article : "Riffe aus der Muschelkalkzeit" de Hans Hagdorn.

http://www.riffe.de/schulbuch


Auteur : Etienne FEUCHTER

Suite Retourner à l'accueil Géologie de la Lorraine Suite Suite de la fiche Bübingen (Birzberg) (D) : 4. Activités réalisables

Contact : Roger CHALOT (Géologie) - Christophe MARCINIAK (Réalisation)