Mettre en place des groupes de besoin
Article mis en ligne le 14 février 2008
dernière modification le 19 mars 2009

par Patrice Birbandt
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Quotidiennement, le maître dans sa classe (avec l’aide possible des membres du RASED) observe et repère les difficultés d’apprentissage. Puis il apporte des réponses pédagogiques adaptées.
Mais parfois, la nature des difficultés repérées, le nombre d’élèves concernés, les compétences particulières des enseignants ... conduisent l’équipe pédagogique à mettre en place au sein de l’école ou du cycle, des groupes de besoin. Une plage horaire spécifique est réservée à cet effet.

Groupes de besoin et groupes de niveau

Ces groupes de besoin sont bien identifiés, visent des objectifs précis et sont variables au cours de l’année. Leur mise en place est facilitée à l’école par la collaboration du RASED ou grâce à des dotations horaires spécifiques en collège.
La constitution de groupes de niveau fonctionnant de façon permanente ne répond pas à cette logique.

Un exemple de groupes de besoin à l’école primaire : les ateliers-passerelle en cycle III

- Les ateliers-passerelle de cycle

Ces ateliers ont pour but d’aider des élèves d’un cycle qui éprouvent des difficultés dans des contenus disciplinaires comme le français ou les mathématiques, tout en permettant aux autres enfants d’avancer à leur rythme.
Ces ateliers-passerelle de cycle sont inscrits à l’emploi du temps, dans un créneau précis pour l’ensemble des classes concernées. (par exemple, au retour de la récréation du matin, chaque jeudi, de 10h30 à 11h30 ).

- Du côté des apprenants

Tout élève doit se voir offrir la possibilité de progresser à son rythme.
Ainsi, l’ensemble des élèves seront répartis, selon leurs besoins, en trois groupes évolutifs par période et pouvant être de constitution différente selon la discipline fondamentale Français ou Mathématiques.

Par exemple :
- groupe A : apprentissages à reprendre
- groupe B : apprentissages à consolider
- groupe C : apprentissages à approfondir.
Selon le profil des élèves et afin d’éviter la gestion d’un effectif trop important, l’un des groupes pourra être dédoublé.

- Du côté des enseignants

L’équipe de cycle détermine la composition des groupes en fonction des évaluation diagnostiques de début de période et des évaluations formatives intermédiaires.
La composition des groupes doit se gérer dans le double souci de répondre aux besoins de l’enfant sans le dévaloriser davantage.
Selon ses compétences et pour y mener des apprentissages très précis, un élève de CM1, voire de CE2, pourra s’intégrer à un groupe constitué en majorité d’élèves de CM2, mais il serait préjudiciable pour lui, qu’inversement un élève de CM2 qui aurait à reprendre certains points du programme, se retrouve dans un groupe composé majoritairement d’enfants de CE2. Il est donc nécessaire pour l’équipe pédagogique, d’imaginer des groupes pouvant-être composés de la sorte :
- de CE2 ( forts) et CM1( faibles),
- de CM1 ( forts) et CM2 ( faibles)
- de CM2( forts)
- de CE2 ( faibles )

Chacun des enseignants du cycle concerné prend en charge un des trois groupes . Afin d’éviter la gestion d’un groupe à effectif probablement plus nombreux ( souvent le groupe des apprentissages à consolider ), un quatrième enseignant semble nécessaire et pourrait être trouvé en la personne du maître E du R.A.S.E.D après concertation avec celui-ci et l’I.E.N.

- Du côté des contenus

Ils sont limités aux deux disciplines fondamentales Français et mathématiques et plus particulièrement aux domaines déficitaires apparus lors des évaluations diagnostiques .
La liste, non exhaustive se centrera en priorité sur les compétences de base de l’évaluation nationale. Chacune de ces compétences de base est déclinée en compétences noyaux ( non exhaustives ), représentant des passages obligés pour atteindre la compétence générale.

Le cas particulier des "petites écoles"

Dans les "petites écoles" de 1 à 3 classes, il est souvent difficile, voire impossible, d’organiser ce type de décloisonnement. En effet, il existe peu d’occasions de profiter de la présence d’un professionnel supplémentaire (RASED, décharge, maître surnuméraire...) pour mettre en place des groupes de besoin à faible effectif.
En Moselle, il existe "l’heure de religion" prise en charge par un intervenant extérieur qui peut éventuellement être utilisée.
La présence à l’école d’un intervenant extérieur en langue vivante ne peut, en principe, être exploitée pour la mise en place de groupes de besoin dans la mesure où le maître est appelé à rester dans sa classe. Une dérogation peut être néanmoins accordée par l’IEN en lien avec un projet de l’équipe pédagogique.
Reste la possibilité d’organiser un décloisonnement avec la participation de parents bénévoles, animateurs d’ateliers manuels ou éducatifs par exemple.

Toutefois, et dans tous les cas, l’enseignant demeure responsable de ses élèves. Voir à ce propos la circulaire du 3 juillet 1992 sur la participation d’intervenants extérieurs aux activités d’enseignement dans les écoles.

P.S. :

Les documents présentés dans cette rubrique ont une vocation informative et n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

- Une étude de l’IREDU sur la relative inefficacité des groupes de niveau (dispositif ARTE en Haute-Marne, décembre 2002), format PDF, 32 pages
Télécharger ici

- Groupes de besoins en 6e-5e (Une expérience en mathématiques au collège Léonard Lenoir de Bordeaux)
- Site de l’académie de Bordeaux
- Le travail en groupe : typologie et exemples concrets
- Site de C. Partoune, Méthodologie, Universite de Liège >>
- Le travail en groupes (Un dossier du professeur de collège)
- Le travail individualisé (Un dossier du Nouvel Educateur, Site de l’ICEM Pédagogie Freinet
- Un plan de travail individualisé en cycle III (Pour programmer diverses activités individuelles
- Site de l’école de la Chabure

- Echec scolaire, inégalités, différenciation (L’ensemble des textes de Philippe Perrenoud sur ces thèmes, de 1991 à aujourd’hui, Genève, 2002)

- Meirieu, Ph. (1989) Apprendre… oui, mais comment ?, Paris, Ed. ESF, 4e éd.
- Meirieu, Ph. (1989) Itinéraires des pédagogies de groupe. Apprendre en groupe ?- 1, Lyon, Chronique sociale, 3e éd.
- Meirieu, Ph. (1989) Outils pour apprendre en groupe. Apprendre en groupe ? - 2, Lyon, Chronique sociale, 3e éd.

- Comment aider les élèves à apprendre (vidéo) CRDP Languedoc-Roussillon, 1992







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