ART et MEMOIRE : portrait de face, sauver la face [juillet
2012]
Dans le cadre de notre atelier mémoire, entrepris depuis 3 ans et en lien avec les professeurs d’histoire et la thématique de la répression dans les camps de concentration, nous proposons en 2011-2012 un travail photographique autour du portait.
Sauver la face pour éviter la perte du visage.
La perte du visage, de la face peut être comprise au sens propre comme au sens figuré. Dans le passé, on obligeait parfois les prisonniers à rester encagoulés afin de les empêcher d’établir des liens affectifs avec les autres détenus.
Ce travail propose donc de mettre en scène le visage, de capturer un visage et ses émotions :
— travail de la lumière (lampe de poche…),
— travail du cadrage, cadrage serré (Douglas Gordon),
— image floue,
— travail de camouflage… dissimuler, maquiller, voiler, masquer, cacher le visage,
— intervention plastique sur la photographie (Arnulf Rainer),
— s’approprier un lieu d’histoire.
Il s’agit, dans un premier temps, pour l’élève, de s’approprier le flux des expressions manifestées par le sujet durant la pose et de créer non pas des histoires, mais le support d’histoires que le spectateur doit recomposer et interpréter, ainsi l’essence du travail des élèves est-elle moins narrative que suggestive, plus énigmatique, une célébration du souvenir, un travail autour de la mémoire.
Les interventions de Mr Schneider Jacques, photographe, sur quinze séances permettent d’apporter, dans un premier temps, des réponses techniques et d’expérimenter différents types d’appareils photographiques (polaroid, reflex…) ; puis son travail autour des notions de point de vue, du cadrage, des actions exercées sur la lumières permettent d’enrichir le travail plastique des élèves. Il est prévu de mettre en place un studio pour réaliser une première série de photographies dans le collège et d’exécuter une autre série dans des lieux chargés d’histoire (le fort de Queuleu, le camp du Struthof et le Mont Valérien).
Les enseignants d’histoire apportent une analyse du contexte historique et une réflexion sur l’utilisation de la photographie dans le régime nazi et les moyens mis en place dans le système concentrationnaire pour nier l’identité.
Le professeur d’arts plastiques qui accompagne les élèves lors de la réalisation des photographies poursuit par une réflexion autour de la mise en scène, de la présentation des travaux dans l’espace dévolu à cet atelier, le « mini-musée » pour l’exposition de fin d’année.