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Conférence de Robert Solé
L'Egypte, entre espoirs et illusions

Journaliste et romancier, Robert Solé reviendra au Pays de Bitche pour animer un cycle de conférences, aujourd’hui, au lycée Teyssier. Il évoquera son métier, mais aussi son pays natal, l’Egypte, source d’inspiration.

Robert Solé, romancier et journaliste, a consacré plusieurs ouvrages à son pays natal, l’Egypte.

Il a quitté son pays natal à l’âge de 18 ans. Mais le lien qui unit Robert Solé à l’Egypte est indéfectible. Son pays le fascine, l’inspire. Le romancier, journaliste, ancienne plume et rédacteur en chef du Monde , lui a consacré plusieurs ouvrages. Ce mardi, il reviendra à nouveau à Bitche, au lycée Teyssier. Après avoir rencontré les élèves, il animera une conférence tout public consacrée aux évolutions actuelles dans le monde arabe depuis 2011 : espoir et illusions. Rencontre.

L’interview

Vous avez consacré plusieurs ouvrages à l’Egypte, votre pays natal. Pourtant cette fascination est née tardivement...

Robert Solé : « Au bout d’une vingtaine années passées en France. Je me suis replongé dans l’Egypte et je ne l’ai plus quittée. Elle est devenue mon objet d’étude au sens généraliste. Je ne suis pas historien, pas économiste... Mais tout m’intéressait, à toutes les époques. J’ai abordé l’Egypte sous différentes formes. Des romans, des essais, des livres historiques... »

La révolution égyptienne était-elle prévisible ?

« Non, dans le sens où personne ne s’attendait à ce qu’elle arrive à ce moment-là, aussi vite. Mais il y avait des signes avant-coureurs, avec des mouvements d’expression qui émergeaient.

La révolution ne s’est pas faite du jour au lendemain. Mais 18 jours ont suffi à renverser le pouvoir. Ça, ce n’était pas prévisible. Même les Frères musulmans ne l’avaient pas prévu. Ils ont rejoint le mouvement en route. »

Quel regard portez-vous sur le climat actuel ?

« Malheureusement, ce qui se passe est assez négatif, à part la liberté d’expression qui est préservée. C’est assez appréciable. Mais tous les aspects positifs de la révolution égyptienne se sont inversés. L’idéologie était absente. Elle est aujourd’hui très présente avec les islamistes. Il y avait un grand cri de paix et de tolérance, alors qu’on constate de l’incivisme actuellement. Le pays est en proie à d’importantes difficultés, économiques, politiques, où il y a une certaine confusion avec les frères musulmans, la police. Je ne vois pas très bien comment la situation peut s’arranger prochainement. »

Pensez-vous que le pays pourra sortir de cet enlisement ?

« C’est long, plus long que ce qu’on pensait. Mais lorsqu’on a vécu plus de soixante ans sous des régimes autoritaires, on n’en sort pas du jour au lendemain. Le pouvoir religieux arabisme a été remplacé par l’islamisme. On a besoin de se dégager de ces politiques, pour ne pas dire de ces dictatures, et du pouvoir religieux excessif. C’est un double défi, qui demande du temps. Mais l’Egypte y parviendra. »

Pourtant le regard porté sur l’Egypte reste méfiant.

« C’est le problème de la médiatisation. Que ce soit lors du printemps arabe ou aujourd’hui, pour l’hiver islamiste. On traite de la moindre violence. Dans les deux cas, c’est excessif. Les médias ne se nourrissent que d’une seule opinion. Ils sont obnubilés par les islamistes et véhicules des choses assez négatives. »

Comment avez-vous vécu ces événements à distance ?

« Je leur ai consacrés un livre d’actualité (N.D.L.R. Le pharaon renversé. Dix-huit jours qui ont changé l’Egypte ). Malgré les événements actuels, ça reste valable. Le pays a été complètement modifié. Les figures au pouvoir ont changé. »

Les jeunes que vous rencontrez sont-ils sensibles à ce sujet ?

« Oui, même si je ne parle pas que de l’Egypte aux élèves. A Bitche, je donnerai une conférence consacrée de l’Egypte de Nasser à nos jours, mais je parlerai également de mes romans. Les jeunes s’intéressent aussi à l’écriture et je leur présenterai mes trois façons d’écrire. En tant que romancier, journaliste ou essayiste. Ce sont trois façons de raconter des histoires.

Conférence ce soir,
à 20 h 30, au Teyssier,
salle 40. Entrée libre.

d’après : A. K., le Républicain Lorrain, 26/03/2013

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Affiche qui annonçait la conférence