Accueil > Le Lycée > Historique du Lycée

L'historique
du Lycée Teyssier

Le pays de Bitche: un territoire enclavé, une entité culturelle.

Environ 36000 habitants à l’époque de la création du Lycée. Trois cantons : Bitche, Rohrbach-lès-Bitche, Volmunster. Quatre collèges publics dans un rayon de 13 km autour de Bitche.

Crédits :

Ville de Bitche.

  • 1976 : l’association des parents d’élèves du collège Teyssier vote une motion demandant l’implantation d’un lycée public.

  • 1978 : démarche de M. le Maire de Bitche auprès du rectorat et du conseil régional.

  • 1985 : M. Vogel, Principal-adjoint, s’investit pour la création d’un lycée public à Bitche. Témoignage de M. Vogel.

  • 03.1985 : intervention de M. Vogel auprès des professeurs des collèges Teyssier et Kieffer.

  • 29.03.1985 : motions envoyées par les deux Principaux au Rectorat.

  • 04.05.1985 : envoi d’une motion aux 37 maires des cantons : 60% de réponses, dont seulement 4 négatives.

  • 1986 à 1987 : pétition des trois collèges publics (hormis Rohrbach) : 1300 signatures collectées et envoyées à M. le Recteur.

  • Janvier 1987 : 1100 parents signent une demande adressée au Conseil Régional de Lorraine.

  • 1988 : création de l’association « Un lycée pour 1989 » par M. Beckrich.

  • 22.06.1988 : manifestation des habitants de Bitche devant le Conseil Régional de Metz.

    Mobilisation pour la création d'un Lycée public à Bitche

    Crédits :

    Républicain Lorrain

  • 15.12.1988 : le Conseil Municipal de Bitche vote une motion ne jugeant pas utile l’implantation d’un lycée public à Bitche.

  • 30.03.1989 : le Conseil Régional dit non à la création d’un lycée public. M. le Recteur fixe la barre à 800 élèves ; les prévisions en donnent 600.

  • Juin 1989 : création du « Comité pour la création d’un lycée public au pays de Bitche » par fusion du comité des enseignants, des parents d’élèves et de l’association.

  • Juillet 1989 : pour défendre son dossier, le nouveau comité avance un grand nombre d’arguments qui plaident en faveur de la création de ce lycée. Extrait d’un article du Républicain Lorrain du 12 Juillet 1989.

  • 12.10.1989 : réunion des maires favorables à la création d’un lycée public à Bitche.

  • 08 et 09.11.1989 : Etats généraux pour un lycée à la salle Cassin de Bitche. 1200 personnes assistent à la réunion. Une cinquantaine de coureurs s’élancent pour remettre un livre d’or au Conseil Régional à Metz.

  • 10.11.1989 : quatre bus bondés se rendent à Metz pour une manifestation devant le Conseil Régional de Lorraine ; une délégation est reçue par M. Rausch, Président du Conseil Régional. Promesse de l’ouverture du lycée au mois de septembre suivant.

  • 08.10.1990 : choix du site : le collège Teyssier !

  • 24.10.1990 : M. Pierre Ferrari, vice-président du Conseil Régional, reçoit une délégation du comité pour la création du lycée public.

  • 29.10.1990 : nouvelle manifestation devant le Conseil Régional.

  • 10 décembre 1990 : M. le Recteur vient annoncer officiellement la création du lycée public avec l’ouverture de 4 classes de seconde indifférenciées.

  • Septembre 1991, ouverture d’un lycée public au pays de Bitche : 4 classes de seconde indéterminées prévues et 5 classes ouvertes.

  • 1992 : construction du bâtiment scientifique.

  • Septembre 1992 : mise en place des classes de première ; disparition des classes de quatrième et troisième du collège.

  • Vendredi 22 janvier 1993 : inauguration du Lycée en présence de M. Hethener, Vice-Président du Conseil Régional et M. Marois, Recteur d’Académie.

  • Septembre 1993 : 5 classes de seconde - 5 classes de première - 4 classes de terminale (sections A1 - A2 - B - C - D).

  • Mars 2012 : : célébration du 20ème anniversaire du Lycée.

Les motivations de M. Albert Vogel, ancien Principal-adjoint du collège Teyssier

Pourquoi vous êtes-vous battu pour ce lycée ? Quelles ont été vos motivations ?

« Des motivations personnelles, je n’en avais aucune (…)

Je n’avais que les motivations générales. Tout d’abord, les chiffres : chaque année, entre 100 et 150 élèves des trois cantons du Pays de Bitche, partaient en seconde indéterminée. Ils allaient aux lycées de Sarreguemines, soit comme demi-pensionnaires (ce qui représente presque deux heures de trajet matin et soir), soit comme internes (ce qui est actuellement mal vécu par les jeunes). Donc, nos élèves étaient « handicapés ».

Quand nous avons commencé la lutte en 1985, nous étions dans la période où la scolarité allait jusqu’à 16 ans et où, selon Lionel Jospin, alors Ministre de l’Education Nationale, 80% d’une classe d’âge devait obtenir son baccalauréat. Donc on pensait que le projet serait accepté.

De plus, dans une période de crise, plus on a de diplômes, plus on a de la chance de trouver un emploi. Mais pour cela, il faut avoir la chance de poursuivre ses études dans de bonnes conditions. Or, pour moi, les lycées de Sarreguemines n’offraient aucun avantage. Les jeunes de notre secteur qui y étaient scolarisés étaient quasiment voués à l’échec. J’en avais marre de voir tout ça…

C’est pour ça que je me suis battu. »

Le Comité pour la création d’un Lycée dans le Bitcherland fondé par M. Vogel

  • Elus
    • M. Fontaine, Maire
    • M. Maurer, Maire
    • M. Rimlinger, Maire
    • M. Beckerich, Conseiller municipal
  • Enseignants
    • Mme Humbert
    • M. Dellinger
    • M. Gendre
    • M. Muller
  • Parents d’élèves (Présidents des APE des Collèges)
    • Mme Blaise
    • M. Dillenschneider
    • M. Heim
    • M. Walter
  • Jeunes
    • M. Drouard
    • M. Jacquel
    • M. Fischer
    • M. Koch.

Extrait d’un article du Républicain Lorrain du 12 Juillet 1989

« La distance [du domicile] vers Sarreguemines (35 voire 55 km) est trop longue. L’internat est de plus en plus mal supporté et deux déplacements par jour nuisent aux études. La desserte par transports en commun vers Sarreguemines est insuffisante. Elle existe depuis les communes vers Bitche. Les parents sont davantage favorables aux études longues. La crise interdit toute perspective d’emploi avant 18, voire 20 ans. La région de Bitche est une entité culturelle originale à l’extrémité Est du département. La politique actuelle des gouvernements français est aux études longues. Il faut augmenter les capacités d’accueil des établissements du second cycle.

Plus de 60% des élèves de 3ème vont actuellement en seconde. L’absence des jeunes le soir dans les villages nuit à la vie associative. Un grand nombre de professeurs certifiés et agrégés nés dans la région, enseignent déjà dans les quatre collèges publics et sont tout disposés à travailler dans le second cycle comme leur statut les y autorise. [Il est probable] qu’un lycée dans le pays de Bitche accueille dans quelques années entre 500 et 600 élèves. 32% des élèves du Kieffer sont des boursiers (30% sur le plan national), ce qui revient à dire qu’ils sont souvent issus de conditions modestes qui leur interdisent la poursuite des études dans le privé ou ailleurs qu’à Bitche.

Un lycée public est indispensable à l’essor économique et culturel d’une région, et permettrait en particulier le désenclavement du Pays de Bitche sur ces deux plans. Une remarque : la barre des 800 élèves évoquée par le Conseil Régional de Lorraine est tout à fait arbitraire. Un nombre important de lycées de l’académie de Nancy-Metz ont un effectif inférieur ou égal à 600 élèves ; ils fonctionnent très bien et obtiennent de bons résultats. Le Pays de Bitche, isolé géographiquement et formant une entité culturelle certaine, a lui aussi droit à son lycée. »