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Emouvant témoignage
sur l’Holocauste et l’intolérance

Les classes de 1re du lycée Teyssier ont écouté le témoignage d’Henriette Kretz. L’intervenante a retracé sa survie au cours de l’Holocauste, mais est revenue également sur les formes actuelles d’intolérance.

Sans micro et sans texte, Henriette a raconté son parcours cruel et difficile.

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Henriette Kretz est née en 1934 au sein d’une famille juive dans une ville alors polonaise, aujourd’hui ukrainienne. Son père était médecin ; sa mère avocate. Ne semblant pas porter ses 81 ans, elle s’exprime d’une voix douce, sans micro, dans un français impeccable.

Questionnée sur son parcours de survie pendant la dernière guerre, lors de son intervention au lycée Teyssier, face à des élèves de première, elle précise qu’elle ne témoigne que de ses propres souvenirs, sans référence à des dates ou faits qu’elle a appris ou compris plus tard.

« Lors de l’invasion de la Pologne en 1939, nous avons fui, mes parents et moi-même, dans la ville de Lemberg (ancienne appellation autrichienne), puis à Sambor. Mon père a trouvé alors une occupation comme médecin dans un sanatorium », explique-t-elle. La famille se trouvait en zone alors occupée par les Soviétiques puisque la Pologne avait été divisée en deux. « Mais en 1941, nous sommes occupés par les Allemands lors de l’invasion de l’ex-URSS. De ce fait, mon père perd son travail et moi je n’ai plus d’école. A partir de là, nous sommes regroupés dans un quartier juif et devons porter un bandeau blanc comme brassard avec une étoile bleue. » Ce quartier devient un ghetto. « Peu après, les enfants et les vieillards ont été "liquidés". Personnellement, j’ai été confiée à un Polonais qui m’a cachée. J’ai ensuite retrouvé mes parents grâce à des connaissances ukrainiennes. »

Une nuit, deux soldats les arrêtent. « Mon père a alors refusé de les suivre en leur disant qu’ils n’avaient qu’à le tuer sur place. Il s’est alors jeté sur eux en me criant de me sauver, ce que j’ai fait. J’ai entendu des coups de feu et ma mère crier, puis encore des coups de feu. J’ai alors compris que je n’avais plus de parents , annonce-t-elle avec une émotion contenue. J’ai ensuite été recueillie dans un couvent et libérée en 1944 lors de l’avance des Russes. »

Après la guerre, Henriette est venue à Anvers faire ses études et est devenue professeur de français en Israël, où elle a vécu pendant 13 ans.

Une attention soutenue

Les lycéens et leurs profs d’histoire ont écouté attentivement ce témoignage émouvant.

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Il fallait une audition parfaite pour suivre ce témoignage où les anecdotes se sont succédé. Les quelque 80 lycéens (deux classes de 1re littéraire et une scientifique) ont écouté attentivement, dans un silence total, le récit de cette enfance douloureuse. Mais pas seulement sur l’Holocauste. L’actualité présente est mise en valeur en feuilletant la presse du jour : l’attentat d’Istanbul, celui perpétré sur un enseignant juif à Marseille, ceux en Tunisie, en Irak… Cette intolérance religieuse, de couleur de peau existe toujours, la discrimination continue, avec les souffrances occasionnées qui persistent. C’est un message de paix et de fraternité qu’Henriette a fait passer à cette jeunesse qui représente l’avenir : « Le passé cruel doit vous convaincre pour éviter sa reproduction toujours possible si vous n’y prenez garde. »