Académie de Nancy-Metz
Lecture de l'Énéide à la bibliothèque vaticane
Codex Vaticanus Latinus 3225, "Vergilius Vaticanus"
F = Fulvi schedae Vaticanae, IVe - Ve siècle
Codex Vaticanus Latinus 3867, "Vergilius Romanus"
R = Codex Romanus Vaticanus, VIe siècle

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Les Grecs sortent du cheval de bois et s'élancent à la conquête de la ville
MS. Vat. Lat. 3225
folio 19 recto

                               illos patefactus ad auras
reddit equus laetique cauo se robore promunt
Thessandrus Sthenelusque duces, et dirus Vlixes,
demissum lapsi per funem, Acamasque Thoasque,
Pelidesque Neoptolemus, primusque Machaon,
et Menelaus et ipse doli fabricator Epeos.
Inuadunt urbem somno uinoque sepultam ;
caeduntur uigiles, portisque patentibus omnis
accipiunt socios atque agmina conscia iungunt.
(
II, 259 sqq.)  
Créuse tente de retenir Énée ; mais des flammes apparaissent sur la tête d'Ascagne : Anchise s'émerveille du prodige et décide de suivre Énée
MS. Vat. Lat. 3225 
folio 22 recto

"Si periturus abis, et nos rape in omnia tecum ;
sin aliquam expertus sumptis spem ponis in armis,
hanc primum tutare domum. Cui paruus Iulus,
cui pater et coniunx quondam tua dicta relinquor ? "
Talia uociferans gemitu tectum omne replebat,
cum subitum dictuque oritur mirabile monstrum.
Namque manus inter maestorumque ora parentum
ecce leuis summo de uertice uisus Iuli
fundere lumen apex, tactuque innoxia mollis
lambere flamma comas et circum tempora pasci.
Nos pauidi trepidare metu, crinemque flagrantem
excutere et sanctos restinguere fontibus ignis.
(II, 634-704)
Créuse supplie Enée qui veut retourner au combat ; prodige sur la tête d'Ascagne
Une salle laisse apercevoir un ciel rose et des étoiles. A droite, Enée, portant un casque d'or à panache rouge, part pour le combat, tenant le bouclier à la main gauche. Créuse est à genoux, vêtue de bleu (complexa pedes in limine). Au milieu, le petit Ascagne debout en manteau orangé, tunique rouge et braies vertes. Ses cheveux flambent d'une flamme rouge sous son bonnet, et deux grands serviteurs, vêtus à la troyenne, inclinent sur sa tête des amphores (Nos. . . restinguere fontibus ignes). A gauche de la scène, Anchise à cheveux blancs, de profil et complètement entouré d'un pallium jaune, tend les deux mains ouvertes vers le ciel (caelo ρalmas cum voce tetendit). Cette peinture interprète assez librement le récit de Virgile. Chaque personnage a son nom, ANCHISES, AS|CA|N|I[VS (en colonne), CREVSA, AEN ; au-dessus des serviteurs, qui ne sont nommés qu'au vers 712 : FAMVLI.
(*)
Les Pénates de Troie apparaissent à Énée endormi
MS. Vat. Lat. 3225
folio 28 recto

Nox erat, et terris animalia somnus habebat ;
effigies sacrae divom Phrygiique Penates,
quos mecum a Troia mediisque ex ignibus urbis
extuleram, visi ante oculos adstare iacentis
in somnis, multo manifesti lumine, qua se
plena per insertas fundebat luna fenestras.
(III, 147 sqq.)

Énée et Achate devant Carthage en construction
MS. Vat. Lat. 3225 
folio 13 recto

Iamque ascendebant collem, qui plurimus urbi
imminet, adversasque adspectat desuper arces.
Miratur molem Aeneas, magalia quondam,
miratur portas strepitumque et strata viarum.
Instant ardentes Tyrii pars ducere muros,
molirique arcem et manibus subvolvere saxa,
pars optare locum tecto et concludere sulco.
Hic portus alii effodiunt ; hic alta theatris
fundamenta locant alii, immanisque columnas
rupibus excidunt, scaenis decora alta futuris.
(I, 419 sqq)

Énée se présente à Didon, la remercie pour sa compassion et sa bonté. Puis il charge Achate de retourner aux navires et d'en ramener Ascagne et des présents
MS. Vat. Lat. 3225 
folio 16 recto

Tum sic reginam adloquitur, cunctisque repente
improvisus ait: « Coram, quem quaeritis, adsum,
Troius Aeneas, Libycis ereptus ab undis.
O sola infandos Troiae miserata labores,
quae nos, reliquias Danaum, terraeque marisque
omnibus exhaustos iam casibus, omnium egenos,
urbe, domo, socias, grates persolvere dignas
non opis est nostrae, Dido, nec quicquid ubique est
gentis Dardaniae, magnum quae sparsa per orbem.
Di tibi, si qua pios respectant numina, si quid
usquam iustitia est et mens sibi conscia recti,
praemia digna ferant. »
(I, 594 sqq)

Census   ID  152518

Gravure de P.S.Bartoli
http://repository.upenn.edu/
Census   ID  152519
Vénus substitue Cupidon à Ascagne
MS. Vat. Lat. 3225 
folio 17 recto

At Cytherea novas artes, nova pectore versat
Consilia, ut faciem mutatus et ora Cupido
pro dulci Ascanio veniat, donisque furentem
incendat reginam, atque ossibus implicet ignem.
(I, 657 sqq.)

Didon offre un sacrifice
MS. Vat. Lat. 3225
folio 33 verso

Principio delubra adeunt, pacemque per aras
exquirunt; mactant lectas de more bidentis
legiferae Cereri Phoeboque patrique Lyaeo,
Iunoni ante omnis, cui vincla iugalia curae.
Ipsa, tenens dextra pateram, pulcherrima Dido
candentis vaccae media inter cornua fundit,
aut ante ora deum pinguis spatiatur ad aras,
instauratque diem donis, pecudumque reclusis
pectoribus inhians spirantia consulit exta.
Heu vatum ignarae mentes ! quid vota furentem,
quid delubra iuvant ? Est mollis flamma medullas
interea, et tacitum vivit sub pectore volnus.
(IV, 56 sqq.)

Le sacrifice de Didon.
A gauche est la façade d'un temple au toit de tuiles rouges, dont les coins s'avancent en pointe sur le ciel ; le fronton est triangulaire, orné de triangles concentriques dorés et assez grossiers. Une statue d'or, de Junon sans doute (Junoni ante omnes), paraît sur la porte du temple. Didon (DIDO, au-dessus de la tète), entièrement vêtue de violet clair à bandes sombres et le péplum couvrant la partie postérieure de la tète, étend la main sur le plat (que lui présente sa soeur au-dessus de l'autel ; Anna est reconnaissable au peplum vert ; elle a un collier d'or. Des points rouges sur le plat représentent les entrailles des victimes (spirantia consulit exta). Deux sacrificateurs, la tête ceinte de feuillage, et l'un ayant la hache sur l'épaule, amènent des victimes nouvelles : une génisse blanche (candentis vaccae) ornée avec un collier de feuillage, et une brebis avec le même collier. Un serviteur tient, tout à droite, un autre plat contenant des entrailles. Plusieurs gouttes d'eau sont tombées sur la peinture.
(*)
http://staff3.chat.ru/dido3_.gif
http://commons.wikimedia.org/
http://vergil.classics.upenn.edu/

Gravure de P.S. Bartoli
Le banquet de Didon
MS. Vat. Lat. 3867
folio 100 verso

Nunc eadem labente die convivia quaerit,
Iliacosque iterum demens audire labores
exposcit, pendetque iterum narrantis ab ore.
(IV, 77 sqq.)

Didon et Énée dans la grotte
MS. Vat. Lat. 3867
folio 106 recto

Interea magno misceri murmure caelum
incipit ; insequitur commixta grandine nimbus ;
et Tyrii comites passim et Troiana iuventus
Dardaniusque nepos Veneris diversa per agros
tecta metu petiere ; ruunt de montibus amnes.
Speluncam Dido dux et Troianus eandem
deveniunt ; prima et Tellus et pronuba Iuno
dant signum ; fulsere ignes et conscius aether
conubiis, summoque ulularunt vertice nymphae.
Ille dies primus leti primusque malorum
causa fuit ; neque enim specie famave movetur,
nec iam furtivum Dido meditatur amorem :
coniugium vocat ; hoc praetexit nomine culpam.
(IV, 159 sqq.)


Didon tente de retenir Énée
MS. Vat. Lat. 3225
folio 36 verso

Dissimulare etiam sperasti, perfide, tantum
posse nefas, tacitusque mea decedere terra ?
Nec te noster amor, nec te data dextera quondam,
nec moritura tenet crudeli funere Dido ?
(IV, 305 sqq.)

Census  ID 152531
University of Oregon

Gravure de P.S.Bartoli
Didon adresse ses reproches à Enée.
Les trois personnages sont debout. Didon porte un peplum et une robe violet sombre, qui s'est écaillée ; elle lève deux doigts de la main droite, ainsi qu'Enée dont le vêtement est mieux conservé que partout ailleurs. On voit la bande verticale violette qui descend de l'épaule sur la tunique blanche, et le lien rouge et or qui lui sert de ceinture, sous le grand paludamentum rouge orangé. Il porte aussi des chaussures blanches lacées de rouge, et ses cheveux assez courts sont serrés par une bandelette blanche. On lit les inscriptions DIDO, AENEAS, mais c'est par erreur que la femme placée derrière Didon est appelée FAMVLA. La robe d'or et le peplum vert qu'elle porte la font reconnaître pour Anna, de qui cependant le poète ne fait pas mention. A gauche est une porte cintrée à laquelle conduisent quelques marches et qu'un rideau à demi relevé sert à fermer. Sur la colonne de la porte, on lit KARTHAGO en lettres placées les unes sous les autres. Toute la scène est sur fond bleuâtre.
(*)
Didon voit s'éloigner le navire d'Énée
MS. Vat. Lat. 3225
folio 39 verso

Regina e speculis ut primum albescere lucem
vidit, et aequatis classem procedere velis,
litoraque et vacuos sensit sine remige portus,
terque quaterque manu pectus percussa decorum,
flaventesque abscissa comas. "Pro Iuppiter, ibit
hic" ait "et nostris inluserit advena regnis ?
Non arma expedient, totaque ex urbe sequentur,
deripientque rates alii navalibus ? Ite,
ferte citi flammas, date vela, impellite remos ! "
(IV, 586 sqq.)

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http://repository.upenn.edu/
Census ID 152532

Gravure de P.S.Bartoli
Les dernière plaintes de Didon sur le bûcher, sur le point de se suicider
MS. Vat. Lat. 3225
folio 40 recto

At trepida, et coeptis immanibus effera Dido,
sanguineam volvens aciem, maculisque trementis
interfusa genas, et pallida morte futura,
interiora domus inrumpit limina, et altos
conscendit furibunda rogos, ensemque recludit
Dardanium, non hos quaesitum munus in usus.
Hic, postquam Iliacas vestes notumque cubile
conspexit, paulum lacrimis et mente morata,
incubuitque toro, dixitque novissima verba :
"Dulces exuviae, dum fata deusque sinebant,
accipite hanc animam, meque his exsolvite curis...
(IV, 642 sqq.)

Didon sur le bâcher
Les bûches sont mises en quatre rangs croisés sous le lit même de Didon, qui est très élevé et auquel conduit un escalier de bois de six marches. Le montant du dossier a la forme d'un dauphin. Le matelas est rouge violacé à bandes d'or, et le coussin pour la tôle est bleu. Didon porte une tunique rose qui découvre la moitié de la poitrine; la draperie bleuâtre qui entourait ses jambes a perdu sa couleur. La reine, à demi couchée [incubuitquc toro), étend les bras et lève une courte épée peinte en bleu. La salle paraît tapissée de plaques rectangulaires de marbre brun; le mur est percé d'une fenêtre à quatre compartiments, qui montre le bleu du ciel. Le plafond est à caissons dorés, et à gauche est une porte carrée sur laquelle un rideau bleu est relevé à demi. Au-dessus de la tête, DIDO
.
(*)
La mort de Didon et les lamentations de l'assistance
MS. Vat. Lat. 3225
folio 41 recto

[...] atque illam media inter talia ferro
conlapsam aspiciunt comites, ensemque cruore
spumantem, sparsasque manus. It clamor ad alta
atria; concussam bacchatur Fama per urbem.
Lamentis gemituque et femineo ululatu
tecta fremunt ; resonat magnis plangoribus aether,
non aliter, quam si immissis ruat hostibus omnis
Karthago aut antiqua Tyros, flammaeque furentes
ulmina perque hominum volvantur perque deorum.
(IV, 663 sqq.)

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http://dic.academic.ru/
Census  ID 152534
University of Oregon

Gravure de P.S.Bartoli
Mort de Didon
Didon, seule dans la peinture précédente, est ici entourée de ses femmes ; elle n'a plus de tunique, et seulement sa draperie bleuâtre ; tout le haut du corps est nu. Elle se soulève à peine sur son bras gauche et sa main gauche pend sur le devant du lit, tenant l'épée rougie ; un flot de sang coule et se répand sur le sol. La fenêtre, l'escalier, le rideau de la porte ont disparu. Sept femmes diversement vêtues de robes jaunes, bleues, violettes, la poitrine découverte et les cheveux tombants, entourent le lit en des attitudes de désolation. La plupart ont la tête levée et les yeux regardant le ciel. Sur chacune des huit plaques de marbre les plus élevées, appliquées contre le mur du fond, se lit une des sept lettres du mot FAMVLAE, et le nom d'ANNA placé au-dessus de la femme qui est à la tête du lit. Le nom de DIDO est sur le coussin. Les graveurs ont défiguré les visages, dont l'expression ne manque pas de beauté.
(*)
L'arrivée d'Énée et Achate à Cumes ; ils s'approchent de la Sibylle, devant le temple d'Apollon
MS. Vat. Lat. 3225
folio 45 verso

[...] "Cessas in vota precesque,
Tros" ait "Aenea ? Cessas ? Neque enim ante dehiscent
attonitae magna ora domus."
(VI, 51 sqq.)

Avec l'aide de la Sibylle Énée sacrifie aux divinités infernales à l'entrée de l'Averne
MS. Vat. Lat. 3225
folio 46 verso

His actis, propere exsequitur praecepta Sibyllae.
Spelunca alta fuit uastoque immanis hiatu,
scrupea, tuta lacu nigro nemorumque tenebris,
quam super haud ullae poterant impune uolantes
tendere iter pennis -- talis sese halitus atris
faucibus effundens supera ad conuexa ferebat:
unde locum Grai dixerunt nomine Aornon ...
(VI, 236-254).


Census  ID 51352

Gravure de P.S.Bartoli
Énée et la Sibylle pénètrent dans les enfers
MS. Vat. Lat. 3225
folio 47 verso

Ibant obscuri sola sub nocte per umbram,
perque domos Ditis vacuas et inania regna :
quale per incertam lunam sub luce maligna
est iter in silvis, ubi caelum condidit umbra
Iuppiter, et rebus nox abstulit atra colorem.
Vestibulum ante ipsum, primisque in faucibus Orci
Luctus et ultrices posuere cubilia Curae ;
pallentesque habitant Morbi, tristisque Senectus,
et Metus, et malesuada Fames, ac turpis Egestas,
terribiles visu formae: Letumque, Labosque ;
tum consanguineus Leti Sopor, et mala mentis
Gaudia, mortiferumque adverso in limine Bellum,
ferreique Eumenidum thalami, et Discordia demens,
vipereum crinem vittis innexa cruentis.
(VI, 268 sqq.)

Entrée d'Enée el de la Sibylle auxEnfers.
Au premier plan, à gauche, Enée et la Sibylle débouchent d'une caverne. Enée tient à la main son épée, et parait prêt à se défendre contre les apparitions infernales. Les monstres ou les fantômes symboliques, décrits en si grand nombre par le poète, occupent tout le reste de la peinture et sont diversement groupés. Au centre est l'orme où habitent les songes ; il divise verticalement la peinture en deux parties. Le premier fantôme qui se présente devant Enée est assez semblable à Tisiphone ou à Allecto ; il a la tunique verte et tient la torche de la main gauche ; c'est la Guerre. Plus loin l'hydre de Lerne, représentée comme une bête noire qui a un corps de dragon et une tête de femme, d'où sortent plusieurs têtes de serpent. De l'autre côté de l'arbre sont deux centaures, représentés par le peintre avec les couleurs d'êtres réels, puis la Chimère , au seuil d'un antre obscur qui fait pendant, sur la droite de la peinture, à la caverne d'où sort Enée. La Chimère a trois tètes (lion, chèvre et serpent) vomissant des flammes. Au dessus, Géryon couché, sous la forme d'un groupe de trois guerriers portant casque, lance et bouclier, et réunis par une paire unique de jambes. Une image de Scylla, un dauphin à corps de femme, une rame à la main, nage sur la surface d'un petit marais. Au dernier plan se trouve, à l'angle de droite, une Harpie sur un rocher; à l'angle de gauche, le corps nu de Briarée, couché devant une petite construction noire à une seule porte; huit bras sortent de ses épaules. Entre ces deux derniers sujets sont sept personnages dans diverses attitudes, dessinés seulement sur le fond violet de la peinture sans avoir été chargés d'une couleur particulière. Ils représentent les divers maux énumérés par Virgile (Curae, Morbi, Senectus, etc.). Il est impossible de les identifier, sauf pour la Crainte (Metus), qui est couchée à plat ventre, et la Discorde, reconnaissable à la silhouette de sa chevelure.. Tous les personnages du tableau sont très petits. Les inscriptions sont celles-ci : VLMVS, DISCORDIA, CENTAVRI, et CHIMERA, mot dans l'ombre de la caverne.
(*)
Énée observe comment la Sibylle apaise Cerbère
MS. Vat. Lat. 3225
folio 48 verso

Cerberus haec ingens latratu regna trifauci

personat, adverso recubans immanis in antro.
Cui vates, horrere videns iam colla colubris,
melle soporatam et medicatis frugibus offam
obicit. Ille fame rabida tria guttura pandens
corripit obiectam, atque immania terga resolvit
fusus humi, totoque ingens extenditur antro.
(VI, 417 sqq.)

Minos décide du sort des victimes de morts prématurées


Continuo auditae voces, vagitus et ingens,

infantumque animae flentes in limine primo,
quos dulcis vitae exsortes et ab ubere raptos
abstulit atra dies et funere mersit acerbo ;
hos iuxta falso damnati crimine mortis.
Nec vero hae sine sorte datae, sine iudice, sedes :
quaesitor Minos urnam movet ; ille silentum conciliumque vocat vitasque et crimina discit.
(VI, 426 sqq.)


http://bildindex.de/
Census  ID 152541
David H. Wright, The Vatican Vergil, a Masterpiece of Late Antique Art, Berkeley, University of California Press, 1993

Gravure de P.S.Bartoli
La Sibylle offre à Cerbère le gâteau de miel
Autour du sujet principal sont divers accessoires; il semble que le peintre, dans cette description des Enfers, n'ait voulu omettre aucun des symboles, aucune des légendes de Virgile. A gauche un peu d'eau verte, le Styx qu'Enée et la Sybille viennent de traverser. La Sibylle tient le rameau de la main droite et présente, de là gauche, un objet peu distinct au chien, dont les trois tètes, entourées du serpent, se profilent sur le fond sombre d'une caverne (adverso. . . in antro). De l'autre côté de la caverne, deux enfants nus assis représentant les âmes enfantines. Au second plan apparaissent des ombres à peine rehaussées de blanc II y en a six à gauche, la plupart se tenant par les épaules, qui attendent d'être jugées par Minos, et deux à gauche, qui paraissent avoir été jugées. Au milieu, Minos est assis sur une sorte de sella castrensis dorée ; il porte un vêtement blanc découvrant la poitrine et le bras droit. Devant lui, à un châssis de bois est suspendue une urne d'or sphérique, qu'une des ombres non jugées paraît faire mouvoir. C'est là très certainement une interprétation des mots urnam movet différente des interprétations reçues. On lit les inscriptions : MINOS, INFANTES, A E N , SIBYLLA, CERBERVS.
(*)
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Census  ID 152542

Gravure de P.S.Bartoli
Énée et la Sibylle rencontrent Déiphobe 
MS. Vat. Lat. 3225
folio 49 recto
(VI, 494 sqq.)

Tisiphone veille à la porte du Tartare

Respicit Aeneas subito, et sub rupe sinistra
moenia lata videt, triplici circumdata muro,
quae rapidus flammis ambit torrentibus amnis,
Tartareus Phlegethon, torquetque sonantia saxa.
Porta adversa ingens, solidoque adamante columnae,
vis ut nulla virum, non ipsi exscindere bello
caelicolae valeant; stat ferrea turris ad auras,
Tisiphoneque sedens, palla succincta cruenta,
vestibulum exsomnis servat noctesque diesque,
(VI, 548 sqq.)

La Sibylle montre à Énée l'endroit où il doit déposer le rameau d'or, à l'entrée de l'Élysée
MS. Vat. Lat. 3225
folio 52 recto

Occupat Aeneas aditum, corpusque recenti
spargit aqua, ramumque adverso in limine figit.
His demum exactis, perfecto munere divae,
devenere locos laetos et amoena virecta
fortunatorum nemorum sedesque beatas.
Largior hic campos aether et lumine vestit
purpureo, solemque suum, sua sidera norunt.
(VI, 635 sqq.)

http://repository.upenn.edu/
Census  ID 152543
http://bildindex.de/

Gravure de P.S.Bartoli
Census  ID 152544
http://bildindex.de/

Gravure de P.S.Bartoli
Énée et la Sibylle sont guidés par Musée - Énée salue Anchise
MS. Vat. Lat. 3225
folio 53 verso

"Dicite, felices animae, tuque, optime vates,
quae regio Anchisen, quis habet locus ? Illius ergo
venimus, et magnos Erebi transnavimus amnes."
Atque huic responsum paucis ita reddidit heros :
"Nulli certa domus; lucis habitamus opacis,
riparumque toros et prata recentia rivis
incolimus. Sed vos, si fert ita corde voluntas,
hoc superate iugum; et facili iam tramite sistam."
Dixit, et ante tulit gressum, camposque nitentis
desuper ostentat; dehinc summa cacumina linquunt.
(VI, 669 sqq.)


Les âmes boivent l'eau du Léthé
MS. Vat. Lat. 3225
folio 53 verso (détail)

Tum pater Anchises : "Animae, quibus altera fato
corpora debentur, Lethaei ad fluminis undam
securos latices et longa oblivia potant".
(VI, 713 sqq.)


Anchise, Énée et la Sibylle : les adieux à la Porte d'ivoire
MS. Vat. Lat. 3225 
folio 57recto

Quae postquam Anchises natum per singula duxit,
incenditque animum famae venientis amore,
exin bella viro memorat quae deinde gerenda,
Laurentisque docet populos urbemque Latini,
et quo quemque modo fugiatque feratque laborem.
Sunt geminae Somni portae, quarum altera fertur
ornea, qua veris facilis datur exitus umbris ;
altera candenti perfecta nitens elephanto,
sed falsa ad caelum mittunt insomnia Manes.
His ubi tum natum Anchises unaque Sibyllam
prosequitur dictis, portaque emittit eburna,
ille viam secat ad naves sociosque revisit.
Tum se ad Caietae recto fert litore portum.
(VI, 888 - 900)


Bibliographie (internet)
Pierre de Nolhac. Les peintures des manuscrits de Virgile. In: Mélanges d'archéologie et d'histoire T. 4, 1884. pp. 305  -333.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-4874_1884_num_4_1_5875
(*) Le Virgile du Vatican et ses peintures, 1897 : in Tirés-à-part de Salomon Reinach :
http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/
David H. Wright, The Vatican Vergil, a Masterpiece of Late Antique Art, Berkeley, University of California Press, 1993
http://books.google.co.uk/

Références
Toutes les références textuelles renvoient aux Itinera electronica

Références iconographiques 

Rome,  Istituto Nazionale della Grafica, Palazzo Fontana di Trevi : http://calcografica.ing.beniculturali.it/
Munich, Bayerische Staatsbibliothek : http://reader.digitale-sammlungen.de/
Enée et Didon
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