Langues anciennes dans l'académie de Nancy-Metz Bulletin N° 8
décembre 2005
 
SOMMAIRE du numéro 8
  • Initiatives : Informer pour motiver
    • Les témoignages du lycée E.Bichat à Lunéville, de la cité scolaire de Gérardmer, du lycée Hélène Boucher à Thionville, du lycée Louis Lapicque à Epinal, du lycée Varoquaux à Tomblaine.

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Éditorial

Pour ce premier numéro de cette année scolaire, un bilan et des perspectives.

Bilan des épreuves de langues anciennes au baccalauréat 2005.

     En grec, le nombre des candidats à l’écrit, 10, a baissé (ils étaient 15 l’an dernier) et la moyenne a  augmenté, 13,9 (elle était de 10,82 en 2003, puis 12,27 en 2004). Le nombre de candidats à l’épreuve orale présente une petite augmentation, 95 candidats, pour 91en 2004, qui avait connu une forte augmentation : ils n’étaient que 74 en 2003. La moyenne cette année est de 16,1, et marque une progression par rapport à 2004 (15,19) et même 2003 (15,35). Les candidats issus de la série S représentent cette année deux candidats sur trois et cette tendance se renforce par rapport à l’année précédente : ils passent de 53,3% de l’ensemble en 2004 à 65,3% cette année. La proportion de candidats issus de la série littéraire baisse de 39,1% à 26,3% : cette situation est préoccupante, et  pourra nourrir la réflexion sur la baisse des effectifs en série L .
     En latin, le nombre de candidats ayant composé à l’écrit, 33, a encore légèrement baissé (ils étaient 46 en juin 2003, 41 l’an dernier) tandis que la moyenne augmente, 12,85 (elle était de 9,65 en 2003, 12,15 en 2004). Les candidats sont certes moins nombreux, mais le niveau monte, essentiellement grâce aux réponses aux questions : l’épreuve est mieux connue, et donc mieux traitée. Il faut désormais intensifier les efforts, en latin comme en grec d’ailleurs, sur la partie « version », qui est nettement moins bien réussie. Le nombre de candidats à l’oral, 418, a augmenté cette année et on retrouve la situation de juin 2003  (il y en avait 423 en juin 2003 et le nombre avait baissé à 364 l’an passé). La moyenne de cette année , 15,98, est semblable à celle de juin 2003 (qui était de 15,91), après la petite baisse de juin 2004 (15,44). On notera que la proportion de candidats issus des classes de série L a augmenté passant de 17,6% à 23,2% ce qui est très encourageant. Ce sont les candidats issus de la série S qui tout en demeurant largement majoritaires (63,6%) représentent cependant cette année une part moins importante de l’ensemble, 63,6% contre 70% en 2004. Il sera intéressant de considérer lors de la prochaine session du baccalauréat les conséquences du nouveau coefficient (3) des épreuves facultatives de langues anciennes.

Perspectives et pistes d’action.

     Considérons encore une fois lucidement les chiffres : 451 élèves qui ont composé au baccalauréat en latin, écrit et oral, et, cette année, 12431 qui suivent en collège l’enseignement du latin (5ème, 4ème, 3ème ). Faut-il  vous rappeler les extrêmes difficultés que nous rencontrons pour recruter des contractuels en langues anciennes pour assurer les remplacements ? Nous ne trouvons plus d’étudiants de langues anciennes. Nos enseignements risquent aussi de dépérir par manque de bras.
Il nous faut absolument augmenter le nombre d’élèves qui poursuivent l’étude principalement du latin au lycée, puis à l’université : cette voie est pour eux une voie de la réussite possible, au regard des taux de réussite au CAPES de lettres classiques.
     Plus que jamais la question de la continuité du collège au lycée se trouve posée. On connaît les réponses, recevables, qui sont données : les couplages d’options, l’attractivité de certaines séries, les horaires de latin placés en fin de journée ou sur les temps de repas etc.
     Je vous propose de réfléchir et de travailler cette année sur un point rarement évoqué, et qui pèse aussi de tout son poids dans la décision que l’élève prendra, poursuivre ou non l’étude du latin : les acquis de l’élève en langue latine, c’est-à-dire ce qu’il sait, a appris et mémorisé, pour le lexique, les déclinaisons, les conjugaisons. Pour le dire nettement, sur les 1000 mots de vocabulaire, combien sont connus et sus par l’élève ? L’élève sait-il reconnaître, analyser, produire des formes verbales simples ? Nous ne pouvons pas continuer à faire comme si ces questions ne se posaient pas. Un élève, et ils ne sont pas rares, qui n’est pas capable, au terme de trois années de latin, de reconnaître et identifier eratfecisti , qui ne sait pas que  « avec se dit cum plus ablatif », qui considère que hostis peut être un ablatif pluriel, cet élève-là sait, au plus profond de lui même, qu’il ne peut pas poursuivre cette étude au lycée. Et ils sont nombreux dans cette situation. Il est vrai que pour retenir un public il faut savoir le séduire. Il est non moins vrai que le recours à la mémoire est moins familier aux élèves, que la mémoire à court terme est privilégiée : on apprend pour l’interrogation de lundi prochain, ce qu’on oubliera dès mardi. Cependant le temps est venu de poser collectivement des limites à cette tendance à n’enseigner qu’en français une civilisation : le cours de latin est aussi celui du travail, de la mémorisation, du plaisir de la difficulté intellectuelle vaincue. Voilà notre champ de travail cette année
     Nous disposons désormais d’un outil précieux, Le guide pédagogique du professeur pour l’enseignement des langues anciennes en collège et lycée, consultable sur le site des lettres (1) : ce document proposé par l’inspection générale et élaboré avec des professeurs, des formateurs et des inspecteurs, offre de nombreuses suggestions pédagogiques, particulièrement sur la progression des apprentissages, la continuité Troisième-Seconde, et le rôle de la mémorisation.
     Les pistes d’action sont pour vous multiples, classe, regroupements d’établissements, bassin : que chacun mesure les acquis de ses élèves, rende les élèves conscients de ce qu’ils apprennent, et heureux d’apprendre. On peut aussi envisager des défis, olympiades (comme le font déjà certaines disciplines) entre établissements, sur un bassin : les moyens informatiques, et notamment le recours à la messagerie permettent à chaque professeur de sortir de son isolement.
     N’hésitez pas à nous faire connaître ce que vous faites !

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Coordination du bulletin :
M-A.Lefort, lycée H.Boucher - 57100 Thionville : Marie-Anne.Lefort@ac-nancy-metz.fr
M.Printz, lycée St Exupéry - 57290  Fameck : michel.printz@wanadoo.fr
D.Ferlin, collège Jacques Callot - Neuves Maisons : denisferlin@wanadoo.fr


 
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