note importante

* * *

Chapitre premier


En ce soir d'août, la chaleur est étouffante. A la fenêtre, j'admire cette magnifique ville d'Istanbul. Puis, pris d'une incroyable envie de dormir, je vais me coucher après cette longue et dure journée de travail, alors qu'il n'est pas encore 21 heures.

Soudain, je me réveille en sursaut, transpirant à grosses gouttes, les mains tremblantes. Mon réveil m'indique 2 heures du matin ! Je m'assieds sur mon lit, troublé par le curieux rêve que je viens de faire. Encore tout retourné, j'essaie de me le remémorer, et certaines scènes me reviennent. Une voix mystérieuse me disait : 

Tempus erat quo prima quies mortalibus aegris
incipit et dono divom gratissima serpit
.

Et pourtant il me semblait comprendre cet étrange langage... :
C'était le moment où le premier sommeil commence pour les mortels tourmentés et s'insinue très agréablement, par un bienfait des dieux.  


In somnis ecce ante oculos maestissimus Hector
visus adesse mihi largosque effundere fletus,
raptatus bigis, ut quondam, aterque cruento
pulvere perque pedes trajectus lora tumentis.
Ei mihi , qualis erat ! quantum mutatus ab illo
Hectore, qui rediit exuvias indutus Achilli,
vel Danaum Phrygios jaculatus puppibus ignis !
squalentem barbam et concretos sanguine crinis,
volneraque illa gerens, quae circum plurima muros
accepit patrios. Ultro flens ipse videbar
compellare virum, et maestas exprimere voces :

Voici que dans mon sommeil il me sembla voir sous mes yeux, Hector très affligé, versant des flots de larmes, souillé d'une sanglante poussière, les pieds gonflés et traversés de courroies. Hélas ! pauvre de moi , dans quel état était-il ! qu'il était différent de cet Hector qui revenait revêtu des dépouilles d'Achille ou, la flamme phrygienne au poing, inondait les vaisseaux danaens ! La barbe hideuse, les cheveux agglutinés par le sang, portant sur le corps des blessures sans nombre, qu'il avait reçues autour des murs de sa patrie. Alors pleurant moi-même, il me sembla qu'avant qu'il ne s'adressât à moi , je l'appelais et lui disais ces paroles de douleur :


« O lux Dardaniae, spes o fidissima Teucrum,
quae tantae tenuere morae ? Quibus, Hector, ab oris,
expectate, venis ? Ut te post multa tuorum
funera, post varios hominumque urbisque labores
defessi aspicimus ! Quae causa indigna serenos
foedavit voltus ? aut cur haec volnera cerno ? »
Ille nihil, nec me quaerentem vana moratur ;
sed graviter gemitus imo de pectore ducens :
« Heu ! fuge, nate deae, teque his, ait, eripe flammis.
Hostis habet muros ; ruit alto a culmine Troia.
Sat patriae Priamoque datum : si Pergama dextra
defendi possent, etiam hac defensa fuissent.
Sacra suosque tibi commendat Troia Penatis ;
hos cape fatorum comites, his moenia quaere,
magna perrerato statues qua denique ponto. »

Sic ait, et manibus vittas Vestamque potentem
aeternumque adytis effert penetralibus ignem.
« O lumière de Dardanie, ô le plus sûr espoir des Troyens, quels si longs délais t'ont retenu ? De quels bords viens-tu, Hector tant attendu ? Comme nous te revoyons, après tant de funérailles de tes compagnons, après les épreuves de toutes sortes, subies par ta ville et ses défenseurs ! Quel indigne outrage troubla la sérénité de ton visage ? Et pourquoi ces blessures que je vois ? » Il ne se soucie de rien, ni même de moi qui pose de vaines questions. Mais tirant difficilement du plus profond de sa poitrine de sourds gémissements : « Ha ! fuis, me dit-il, fils d'une déesse, sauve-toi des flammes. L'ennemi tient nos murs, Troie s'écroule de toute sa hauteur. On a fait assez pour la patrie et pour Priam. Si un bras pouvait défendre Pergame, certes le mien l'eût défendu. Troie te confie les objets de son culte et ses Pénates. Fais en les compagnons de tes destins, et cherche leur des remparts, de puissants remparts, que tu fonderas enfin après avoir couru les mers », dit-il, et des profondeurs du sanctuaire, il apporte de ses mains la puissante Vesta , ses bandelettes et son éternel feu.
Tiepolo Mercure Enée
Jupiter envoie Mercure ou Le départ d'Enée.

Giovanni Battista TIEPOLO, 1757, Vicenza Villa Bertolo Valamnara « ai Nani ».
Voir la source de l'image et agrandir :
http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/Lettres/latin/forum/Didon/didon_enee9.htm

 

        Neuf heures trente, mon réveil sonne. Encore fatigué par cette nuit agitée, je me dirige d'un pas lent vers la cuisine et prends un bon petit déjeuner consistant pour m'en remettre. Tiens ! ça sonne ! Je vais ouvrir la porte et me demande qui cela peut-il être en cette heure matinale. J'ouvre et m'apparaît une affreuse vieille dame. Ses yeux  perçants me fixent, ses cheveux tels le foin, s'entremêlent, sa peau pâle et fripée ... tout me repousse ! Elle ouvre sa bouche aux lèvres gercées pour s'adresser à moi.  « Fuis, fuis ... ta vie en dépend ! ». Pris d'un fou rire je faillis m'étrangler avec mes Cornflakes, et lui claque la porte au nez. Je m'en retourne déjeuner sans en tenir compte, mais bizarrement, mes mains tremblent.

        Aujourd'hui étant mon jour de congé, je décide de me rendre chez mon meilleur ami Yanni pour y passer la journée. Après une après-midi très agréable, et une soirée autour d'une pizza 4 saisons, cuite au feu de bois, je repars de chez lui vers les vingt-deux heures.

        Mais sur le chemin du retour, je croise plusieurs camions de pompiers, et aperçois un épais nuage de fumée noire. Plus je me rapproche de chez moi, plus le bruit des sirènes s'intensifie, et la lourde fumée pleine de cendres s'épaissit.

        Soudain, je m'entends lâcher un cri de terreur : « Ma maison est en flammes ! ». Subitement, mes mains se remettent à trembler comme ce matin après la visite de la vieille. Des flashs de mon rêve me reviennent : le feu, les flammes, les cris ... La sueur ruisselle sur mon visage rougi par les flammes. Je me retourne pour m'enfuir. Horreur ! La vieille se trouve devant moi. Et me crie avec sa voix stridente : «  Fuis, fuis, va vers le port ! Tu y trouveras ton avenir ! Mais, prends garde, tu devras traverser les épreuves ! Courage, les dieux sont avec toi ! » Alors, sans réfléchir, l'esprit troublé, je me précipite vers le port.
CHANT :
In our deep vaulted cell charm we'll prepare,
Too dreadful a practice for this open air.
En notre antre profond nous préparerons le filtre,
Exercice trop effroyable en ce plein air.


Le voyage d'Enée

Le voyage d'Enée
(L'île de Malte est située tout près de la Sicile, juste au Sud)
http://grenier2clio.free.fr/grec/texte/enee1.htm


* * *

Chapitre 2


Debout sur le pont, je regarde la terre de mon île natale s'éloigner de plus en plus de moi. Un toussotement me sort de ma torpeur, je me retourne et me retrouve face à face avec le capitaine. Sans un mot, je saisis le manche de mon balai et reprends mon travail sans attendre. Après son départ, je me remémore les événements de la veille. Depuis plusieurs heures je parcourais les pavés du port à la recherche d'un bateau. Finalement un homme du nom de Monsieur DUPONT accepta tout de suite de m'accueillir à bord de son navire, en échange de mes services comme moussaillon. J'avais tout perdu dans l'incendie et toutes mes économies y étaient passées. Maintenant, la seule chose qui m'importe est mon avenir, que j'espère poursuivre sur l'île de Malte.

Pendant que je termine de nettoyer le pont, déjà le soleil s'est couché et je décide de me rendre en cuisine pour déguster mon dîner. Le repas terminé, je me rends dans ma cabine pour dormir et pour oublier le malheur qui semble s'acharner sur ma vie. Je m'endors presque instantanément et la voix mystérieuse revient me hanter.

Eripiunt subito nubes caelumque diemque
Teucrorum ex oculis : ponto nox incubat atra.
Intonuere poli et crebis micat ignibus aether
praesentemque uiris intentant omnia mortem.
Extemplo Aeneae soluontur frigore membra ;
ingemit, et duplicis tendens ad sidera palmas,
talia uoce refert : « O terque quaterque beati
quis ante ora patrum, Troiae sub moenibus altis,
contigit oppetere ! o Danaum fortissime gentis
Tydide ! mene Iliacis occumbere campis
non potuisse tuaque animam hanc effundere dextra,
saeuos ubi Aeacidae telo iacet Hector, ubi ingens
Sarpedon, ubi tot Simois correpta sub undis
scuta uirum galeasque et fortia corpora uoluit ! ».

Subitement, les nuages dérobent aux  yeux des Troyens le ciel et le jour ; la nuit s'étend sur la mer. Les cieux tonnent et l'air s'agite, parsemé de nombreux éclairs ; les hommes ressentent partout la présence de la mort. Enée sent aussitôt ses membres gelés. Il gémit et, les deux paumes tendues vers les étoiles, il prononce ces mots : « Oh trois et quatre fois heureux ceux qui ont eu la chance d'affronter la mort sous les yeux de leurs pères, devant les murailles de Troie ! Oh fils de Tyde, le plus courageux du peuple des Grecs ! Que n'ai-je pu succomber dans les plaines d'Ilion et rendre l'âme sous tes coups, là où le farouche Hector est étendu à cause des traits de l'Eacide, là où l'immense Sarpédon fut terrassé, là où Simois voulut entraîner dans son onde tant de boucliers, de casques et de robustes corps ! ».
        Je suis soudain arraché à ma rêverie et projeté hors de mon lit. Surpris, je tente de me relever péniblement malgré les effroyables secousses qui ébranlent le bateau. Arrivé sur le pont, je constate qu'une terrible tempête fait rage et que le navire menace de sombrer.
Naufrage de la flotte d'Enée au large de Carthage
Naufrage de la flotte d'Enée au large de Carthage

Vergilius
Æneis, Ferrare, 1458. Enluminures de Guglielmo Giraldi
BNF, Manuscrits, Latin 7939A, fol. 60
Voir la source de l'image et agrandir :
http://expositions.bnf.fr/lamer/bornes/feuilletoirs/tempetes/05.htm

Pris d'une indicible peur, je décide alors de prier le ciel de m'épargner : « Aie pitié de moi ! Si tu m'as épargné dans l'incendie, pourquoi me reprendrais-tu aujourd'hui ma vie ? J'aurais mille fois préféré périr avec ma maison plutôt que d'affronter les fureurs de la mer. Aie pitié de moi je t'en prie ! Je t'assure que tu ne le regretteras pas ! ». Mais tout à coup, une gigantesque vague s'abat sur moi, brise le bateau en deux et m'engloutit ! Je refais surface et m'accroche à une porte flottant à quelques mètres de moi. Je me hisse dessus et harassé de fatigue, m'endors profondément.

Après quelques heures de dérive, j'aperçois enfin une terre. Je suis sauvé ! Il me faut peu de temps pour atteindre le rivage et c'est avec soulagement que je découvre que je suis arrivé à destination. L'île de Malte s'étend devant moi.

* * *
Chapitre 3



O surprise ! Dans sa fureur, la mer a rapporté toutes sortes d'objets sur la plage dont ... un parasol à rayures rouges et jaunes, entremêlées de pois verts. Et quelle chance ! mes propres valises ! Alors, joyeux de cette bonne fortune, je pars à la découverte de l'île. Intrigué par le vol de quelques mouches sans doute énervées par la chaleur, je les observe fidèle à ma passion d' « observateur de mouches » ... et soudain j'embrasse violemment un poteau. J'ai la tête qui tourne, et ... trou noir. J'entends une voix, lointaine, lointaine ...

At pius Aeneas, quamquam lenire dolentem
solando cupit et dictis avertere curas,
multa gemens magnoque animum labefactus amore,
jussa tamen divom exsequitur classemque revisit.
Tum vero Teucri incumbunt et litore celsas
Deducunt toto navis. Natat uncta carina,
Frondentisque ferunt remos et robora silvis
Infabricata, fugae studio.
Migrantis cernas totaque ex urbe ruentis.
Ac velut ingentem formicae farris acervom
Cum populant, hiemis memores, tectoque reponunt :

Cependant, le pieux Enée malgré son désir d'adoucir le chagrin de Didon en la consolant et de chasser ses soucis par des paroles, tout en gémissant beaucoup et l'esprit troublé par ce grand amour, obéit quand même aux ordres des dieux et rejoint sa flotte. Alors les Troyens se mettent au travail et tirent les hauts navires tout au long du rivage. Les carènes enduites de poix sont mises à flot. Ils apportent de la forêt des rames feuillues et des troncs encore bruts tellement ils sont pressés de fuir. On pourrait les voir déserter et se précipiter de toute la ville. Ainsi font les fourmis quand elles ravagent un énorme tas de blé, en prévision de l'hiver, elles l'emportent sous leur toit. [...]
CHANT :
Come away, fellow sailors, your anchors be weighting,

Time and tide will admit no delaying,
Take a bouzy short leave of your nymphs on the shore,
And silence their mourning
With vows of returning
But never intending to visit them more
Partons, compagnons, il nous faut lever l'ancre.
Le temps ni la marée ne saurait admettre de retard
buvez, prenez congé de vos nymphes sur le rivage,
et faites taire leurs lamentations
en leur jurant de revenir

mais sans avoir l'intention de les revoir jamais.

Andrea Sacchi  Didon abandonnée
Andrea Sacchi (1599-1661) Didon abandonnée
Caen, Musée des Beaux Arts
Voir la source de l'image et agrandir :
http://www.ville-caen.fr/mba/Didon.htm

Quis tibi tum, Dido, cernenti talia sensus ?
Quosve dabas gemitus, cum litora fervere late

Prospiceres arce ex summa totumque videres

Misceri ante oculos tantis clamoribus aequor ?

Improbe Amor, quid non mortalia pectora cogis !

 Alors toi Didon, que ressentais-tu, quels gémissements poussais-tu quand du haut de ta citadelle, tu apercevais au loin cette agitation sur le rivage et voyais, sous tes yeux, la plaine liquide tout entière retentir de tant de clameurs ? Cruel amour à quoi ne réduis-tu pas les coeurs des mortels ! [...]

Talibus orabat, talisque miserrima fletus
fertque refertque soror. Sed nullis ille movetur

fletibus aut voces ullas tractabilis audit :

fata obstant placidasque viri deus obstruit auris.

Ac velut annoso validam cum robore quercum

Alpini Boreae nunc hinc nunc flatibus illinc

eruere inter se certant ; it stridor, et altae

consternunt terram concusso stipite frondes ;

ipsa haeret  scopulis, et, quantum vertice ad auras

aetherias, tantum radice in Tartara tendit :

haud secus adsiduis hinc atque hinc vocibus heros

tunditur, et magno persentit pectore curas ;

mens immota manet , lacrimae volvontur inanes.

Elle priait ainsi, et sa malheureuse soeur dit et redit les mêmes plaintes. Mais lui, aucune larme ne l'émeut, et aucune parole ne peut le fléchir. Les destins s'y opposent, et un dieu ferme ses oreilles insensibles. Ainsi les vents du Nord dans les Alpes luttent entre eux en envoyant des souffles dans tout les sens pour déraciner un robuste chêne, durci par les années. L'air siffle, les feuilles jonchent le sol au loin et l'arbre, sous les coups s'ébranle, l'arbre s'agrippe aux rochers, et son front s'élève autant vers les brises du ciel que ses racines s'enfoncent dans le Tartare. Ainsi le héros est assailli par cet ouragan de plaintes et son grand coeur est envahi de douleur mais sa volonté reste inébranlable et ses larmes coulent en vain.

Des étoiles plein les yeux, je me redresse tant bien que mal. Soudain une fille venue de nulle part me tombe dans les bras et une forme rouge me frappe au front. Une pomme ... Un homme court vers nous en soufflant bruyamment et il pousse de grands cris : « Voleuse ! attrapez-la ! voleuse ! ». Mais personne ne lui prête attention. Tout à coup un autobus surgit et stoppe avec des grincements stridents. Je  profite de cet écran inespéré pour entraîner la demoiselle dans une petite ruelle discrète. Nos seuls témoins sont des chemises et des robes qui se balancent doucement au dessus de nos têtes, sur les fils qui relient les deux rangées de maisons. Alors seulement nos regards se croisent : c'est le coup de foudre !

Elise, car c'est son nom, me fait visiter La Valette, capitale de ce petit paradis. Mais après plusieurs jours de rencontres merveilleuses, je reçois sur mon portable un appel terrible : ma mère m'apprend la mort de mon père. Je dois absolument rentrer à Istambul. Je devrai m'occuper de l'entreprise paternelle, la maison  « Antonio Enidi » qui fabrique les sacs à dos et les porte-bébé Ankisa, marque renommée à travers le monde. J'annonce mon départ à Elise. A peine a-t-elle compris mes paroles embrouillées, qu'elle s'enfuit sans un mot. Désespéré je la poursuis jusqu'au sommet d'une colline, où se dresse un palais majestueux. Mais elle garde une bonne avance sur moi ... A mon grand étonnement elle brandit une petite boîte métallique aux éclats brillants comme sa chevelure ... et la grande porte s'entrouvre. Elise a disparu. J'interroge des femmes et des hommes qui entrent et sortent d'un air affairé par la petite porte latérale. A force de questions, je finis par apprendre qu'Elise est  la jeune héritière d'une ancienne famille tunisienne. Une jeune fille fantasque qui adore se déguiser ... Le coeur lourd je redescends dans la ville : adieu princesse ! c'était un beau rêve !

Hélas ! au même moment, je ne le sais pas encore, je ne le saurai que plus tard, en feuilletant un magazine dans une salle d'attente .. hélas ! Elise a regretté sa fuite. Penchée à son balcon, elle m'a appelé en agitant son mouchoir blanc. Mais perdu dans la foule, je ne l'ai pas entendue. Elle s'est si bien penchée qu'elle est tombée dans le vide.
Le titre d'un article a accroché mon regard :
MALTE : la princesse Elise de Tyr se tue en appelant de son balcon un inconnu.

CHANT :
Great minds themselves conspire against,
And shun the cure they most desire.

Les grands esprits conspirent souvent  contre eux-mêmes
et fuient le remède si ardemment désiré.

               Quelques jours  après l'enterrement de mon père, j'essaie de donner un peu de répit à mon chagrin en visitant  l'exposition temporaire organisée par le centre culturel italien. Mon regard se pose tour à tour sur les tableaux ... Soudain un étrange sentiment m'envahit. La vie se joue de moi : la jeune femme peinte sur ce tableau ressemble trait pour trait à Elise ! Elle est dans les bras d'un homme qui  me paraît familier. Tous deux sont parés de vêtements brillants, appartenant à une époque indéfinissable. Un mélange d'antiquité et de XVIIIème siècle. Les regards lointains des personnages me font rêver. La femme semble très éprise de l'homme. Leur posture figée place cet instant hors du temps. Mais l'attitude de l'homme jette une ombre sur ce moment de bonheur. Il semble vouloir se dérober et partir au loin. Mon regard est attiré par le titre de l'oeuvre : Enée et Didon dans la grotte (1774), Pierre Lacour. Et sous le tableau, cette petite note : « Didon s'appelait aussi Elissa. » Mais alors, Elise et Elissa ... non ! ce n'est pas possible !
Et Enée, ce grand homme, ce héros mythique, ce serait ... MOI !

Enée est donc René !

Enée et Didon dans la grotte
Pierre Lacour (père),  Enée et Didon dans la grotte
(1774) 
Bordeaux, Musée des Beaux Arts
Voir la source de l'image et agrandir : 
http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/Lettres/latin/forum/Didon/didon_enee8.htm

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BIBLIOGRAPHIE, DISCOGRAPHIE, ICONOGRAPHIE ... 

Bibliographie

La traduction des textes  de Virgile a été écrite par les auteurs, après l'étude des traductions de :

-André BELLESSORT, VIRGILE, Enéide , Livres I-VI) Paris, Les Belles Lettres, 1974.

-Maurice RAT, VIRGILE, Enéide, GF Flammarion, Paris, 1965. 

Discographie

- Didon et Enée de Henry PURCELL (1659-1695), Harmonia Mundi, enregistrement d'octobre 1998 au Henry Wood Hall de Londres, Orch. of the Age of Enlightenment, dir.  René Jacobs ( HMC 901683) :
http://www.harmoniamundi.com/france/album_fiche.php?album_id=423
(autorisation en attente)

Chapitre 1 : Danse des bosquets (28) - In our deep ...(19)

Chapitre 2 : Prélude pour les sorcières (14)

Chapitre 3 : Chant des marins, Come away (29) - Mort de Didon, choeur : great minds (36) - Danse triomphante (13)

 - Synaulia & Walter Maioli, music from ancient Rome, volume 2, String instruments, Amiata records, 2002, Florence (ARCD 1301) :
http://www.amiatamedia.com/ita/serie/classica_it.html

Chapitre 1 (fin) : marche de Bacchus : Tiasus (tympanum, bucina, flutes, lyre, tuba ...)
Chapitre 1 et 3 : Ludus  (flûte de Pan, lyre, cymbalum, tympanum, flutes, choeur ...)

Iconographie

- peinture : surtout d'après la page de l'académie de Nancy-Metz, De L'Énéide aux images
http://www4.ac-nancy-metz.fr/langues-anciennes/Textes/Virgile/Didon.htm

- carte du voyage d'Enée :
http://grenier2clio.free.fr/grec/texte/enee1.htm

 TABLE DES MATIERES

- Chapitre 1 :   « la mission »

Texte du roman
L'Enéide, II, vers 268 à 297

- Chapitre 2 :   « les épreuves »

Texte du roman
L'Enéide, I, vers 88 à 101

- Chapitre 3 :   « Enée le conquérant ... »  

Texte du roman
L'Enéide, IV, vers 393 à 403 ; 408 à 412  ;  437 à  449.
* * *

Ce travail a été réalisé au cours de l'année 2004-2005, par les élèves de seconde de la classe de latin :  Véra AUBERT, Océanne BERTRAND, Laure CATTIN, Jennifer FALEYEUX, Thomas HOUBRE, Marie-Hélène JACQUOT, Rebecca RAMALANJANA, Laetitia REMY, Sophie STAUFFER et Marylène VIVIER, avec l'aide de leur professeur, Bernadette CHAMPAGNE.
N.B. Nous ne sommes pas en mesure de publier sur le site la "bande-son" originale (textes dits par les élèves, mixage d'extraits musicaux indissociables). Pour des raisons de droits, l'utilisation d'extraits musicaux est soumise à autorisation. Celle-ci a été sollicitée auprès des éditeurs
le 18 décembre 2005. Notre demande est restée sans réponse.

contact

http://www4.ac-nancy-metz.fr/langues-anciennes/default.htm