La déficience auditive
Article mis en ligne le 11 juin 2010
dernière modification le 2 septembre 2014
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Scolariser un élève sourd ou malentendant

  • Définition

On regroupe sous le terme de déficience auditive différents degrés de perte d’acuité auditive. C’est un handicap qui peut survenir à n’importe quel moment de la vie. Chez le jeune enfant, lorsque l’atteinte est bilatérale, elle perturbe l’acquisition et le développement du langage oral et écrit . Dans tous les cas , elle modifie la communication et les relations sociales.

  • Niveau de surdité

Différents niveaux de surdité existent en fonction de la perte tonale moyenne : de la déficience auditive légère où la parole est perçue à voix normale jusqu’à la déficience auditive profonde voire totale où rien n’est perçu.

La plupart des enfants sourds ou déficients auditifs graves sont appareillés . Ils n’en sont pas pour autant des « entendants »

  • Des difficultés sont rencontrées

-Dans la réception du message oral, ce qui entraîne des problèmes dans l’acquisition et la maîtrise du français à l’oral comme à l’écrit, en compréhension comme en expression.

-Dans la compréhension du message oral ou écrit :

il peut s’agir

 * d’une difficulté dans l’apprentissage conceptuel

 * d’une méconnaissance des termes lexicaux utilisé

 * d’un niveau linguistique globalement insuffisant

 * d’un manque de connaissances générales et de références culturelles

 

Quelques conseils pour accueillir et accompagner un élève présentant une déficience auditive

  • L’enseignant

La lecture labiale et l’expression du visage sont deux éléments essentiels pour la réception et la compréhension du message .

-Adopter une attitude expressive, mimer au besoin ce qui peut l’être

-se placer face à la lumière

-ne pas trop circuler en parlant

-éviter d’arpenter la classe et de disparaître du champ de vision de l’élève sourd

-attirer son attention avant de parler

-signaler à l’élève que quelqu’un parle ( désigner le locuteur du doigt par exemple)

-rester face à l’élève lors des explications orales

-donner les consignes dans l’ordre chronologique - répéter lui les mots clés.

-éviter de parler avec les mains devant la bouche

-ne pas parler en écrivant au tableau

-articuler sans exagération

-parler de façon ni trop lente, ni trop rapide, avec un débit modéré

-soigner l’écriture du tableau

-éviter de regarder ailleurs en parlant, le regarder dans les yeux

-établir en classe des conditions optimales de réception de messages : silence, tour de parole .

-assurez-vous qu’il a compris par des questions ouvertes telles « qu’as-tu compris ? » « que faut-il faire ? »

  • La classe

Les bruits de fond divers sont très amplifiés par les prothèses auditives . Ils sont une perturbation pour la réception , la discrimination et la compréhension de la parole.

Elle doit être très calme et bien éclairée

Elle doit disposer d’un grand tableau , bien visible qui ne luise pas .

  • La place de l’élève

Il n’y a pas de règle absolue, il est souhaitable de placer l’élève le dos à la lumière , non loin du tableau.

Le deuxième rang est idéal pour lui permettre de voir tout le tableau, le visage de l’enseignant , les réactions des autres élèves.

 

Les situations liées aux activités pédagogiques.

Il est souhaitable que le jeune sourd ait un maximum d’informations visuelles : illustrations, croquis, écrits pour remplacer, compléter tout ce qu’il ne peut pas recevoir auditivement.

  • A l’oral

36 phonèmes dans la langue française et seulement 12 images labiales donc beaucoup de sosies labiaux ( tels bateau, badaud, bandeau, manteau...)

Ecrire ou dessiner pour lever toute ambiguïté

  • Exposé ou interrogation orale d’un autre élève

L’élève interrogé et l’enseignant sont face à l’élève sourd.

  • Débat

La meilleure place est au tableau ou au bureau.

  • Lecture suivie

Impossible de lire sur les lèvres du camarade qui lit en même temps sur le livre !

Suivre avec lui la lecture du doigt et signaler les questions éventuelles lors de la lecture.

  • Prises de notes – devoirs dictés

Problématique pour les mêmes raisons.

Autoriser la copie sur un camarade ou prévoir un polycopié.

  • Documents sonores

Nécessité d’une transcription ou d’une explication

  • Cours oral à partir de l’étude de documents

Nécessité d’une alternance entre lecture labiale et observation du document.

Pour les diapositives ou la vidéo, attention au noir qui empêche la lecture labiale . Eclairer le visage de celui qui parle.

  • Sorties

La transmission des consignes sur place est délicate ( bruit ambiant, attention dispersée...)

Donner le maximum de consignes avant la sortie.

Le plus difficile est d’être vigilant sur tous ces points sans pour cela stigmatiser l’élève sourd par rapport à ses camarades ni l’infantiliser et le surprotéger.

Cependant, il faut tenir compte de la fatigue qui résulte de la lecture labiale et de la lourdeur de son emploi du temps hebdomadaire quand s’ajoutent aux heures de cours des prises en charge multiples.

 

Ressources

  • Bibliographie

-Scolariser les élèves sourds ou malentendants ( SCERENCNDP)

-Guide handiscol

-La communication avec un jeune sourd ( Presse Université de LyonNicole Tagger)

  • Partenariat

-IES ( Etablissement et Service de Soin ) 8 rue de la Monnaie 57000 METZ 03 87 76 31 65

-INJS ( EtablissementSSEFISSAFEP ) 49 rue C. Bernard 57074 METZ 03 87 39 97 00

  • Pour aller plus loin

Guide de l’information dans le domaine de l’éducation des jeunes présentant des besoins éducatifs particuliers ( rassemble livres-sites- associations )

Téléchargements Fichier à télécharger :
  • fiche technique surdité (sous forme de livret)
  • 25.1 ko / PDF
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