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Publié : 8 mai 2015

Jeudi 07 mai. Les Eparges

 Mme Pierson de l’association l’Esparge, Nadja et Ophélie de la ferme du Sonvaux ainsi que trois poneys nous attendaient devant le cimetière militaire français du Trottoir au pied du massif des Eparges.

 Nadja nous a expliqué les différentes équipements des animaux : la sellerie d’un officier, celle pour les chevaux de bât, les harnais pour la traction identiques à ceux de l’époque.

 Elle nous a donné des conseils pour la conduite des animaux puis Mme Pierson nous a expliqué la configuration du terrain, les enjeux militaires de cet endroit, d’où venaient les soldats enterrés et la signification des inscriptions sur les plaques qui, malheureusement, sont volées pour être revendues à des "collectionneurs".

 Chacun a choisi le nom d’un soldat mort et l’a noté sur son document car , avant d’être soldats, c’ étaient avant tout des personnes. Puis, nous avons suivi le parcours de leur attaque en février 1915 pour reprendre la crête des Eparges aux Allemands. 

 En pleine nuit, par un froid glacial, des centaines de soldats, portant 30 kg d’équipement, s’étaient rassemblés à l’endroit du cimetière (Le point A) puis avaient entamé l’ascension du massif en progressant péniblement par les boyaux aménagés pour l’offensive. 

Celui que nous empruntons s’appelle le boyau Maurice Genevoix mais nous devons en prendre un autre car le terrain est trop glissant. La pente est rude. Les chevaux conduits à tour de rôle par les enfants suivent bien et s’offrent un brin d’herbe ou des feuilles de temps en temps.

 Mme Pierson nous a fait revivre le calvaire de ces hommes, dont un sur cinq reviendra, avec beaucoup de passion. Son discours était passionnant ; elle nous a placés pour nous faire mieux comprendre et nous a demandé de partir à l’assaut vers les bunkers bétonnés ennemis.

 Nous sommes arrivés devant le premier des 18 entonnoirs encore visibles, un gouffre impressionnant dû à l’explosion d’une mine, partout, des trous d’obus , souvent remplis d’eau, marquent les duels d’artillerie ( 10 obus par m²).

 Depuis une dizaine d’années seulement, des espèces d’arbres de nos forêts, peuvent remplacer les pins noirs que la France a demandés aux Allemands après la guerre pour reboiser les champs de bataille ravagés et empoisonnés. C’était la seule espèce qui pouvait y vivre.

 Nous sommes arrivés au "Point X", que les Français n’ont jamais repris. Seuls les Américains ont pu le faire en septembre 1918. Cet endroit surplombe la plaine de la Woëvre et permet de voir très loin.

 L’historienne nous a raconté l’histoire d’ une jeune femme amoureuse d’un jeune officier disparu pendant les combats. C’est elle qui a sculpté le bas relief sur le monument du Point X. Les restes de son fiancé n’ont été retrouvés qu’en 1935. On estime qu’environ 10.000 soldats sont encore dans la terre.