L’interculturalité, le point de vue de l’inspection , des références didactiques et pédagogiques

« Cet enseignement permet (…) d’acquérir des savoirs, mais définit aussi la langue comme outil de communication. Il développe les capacités de réflexion et favorise la compréhension d’une autre culture. Il s’agit de travailler avec et à travers une autre langue plutôt que simplement dans une autre langue »

Rapport de jury sur la certification complémentaire DNL de l’année 2019. Académie Nancy-Metz

 

En introduction : conseils pratiques pour enseigner une DNL

Les IA-IPR de Nancy-Metz ont produit des “préconisations pour l’enseignement de la DNL” qui peuvent vous donner des pistes de travail et de réflexion pour préparer la certification complémentaire.

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POUR APPROFONDIR LE SUJET DES COMPETENCES DIDACTIQUES ET PEDAGOGIQUES DE LA DNL …

L’ADEB (Association pour le Développement de l’Enseignement BI/Plurilingue) a publié une brochure en 2011 faisant la synthèse des enjeux didactiques et pédagogiques de l’enseignement des DNL. Vous pouvez la télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://www.adeb-asso.org/wp-content/uploads/2014/02/ADEB_brochure_DNL_12_2011.pdf

Une pédagogie particulière en DNL ?

On peut considérer que l’enseignement de DNL (appelé aussi CLIL dans les pays anglo-saxons pour Content and Language Integrated Learning) est à la croisée de plusieurs dimensions :

Le modèle en triangle de O. MEYER, Université catholique d’Eichstätt et de Mainz

 

 

Le modèle en diamant de Lorenzo Neus

Développer des compétences interculturelles

Qu’est-ce la compétence interculturelle ?

L’idée essentielle est celle d’un décentrage culturel autour d’une activité ou d’un objet d’étude.

« Les étudiants et les enseignants construisent des représentations sur la culture et l’identité de leurs partenaires ainsi que sur leur propre culture. L’apprentissage [DNL] peut alors être conçu comme la remise en cause de ces représentations et la construction d’un recul interculturel pour une vision ethno-décentrée de l’étranger »

Marie-Françoise Narcy-Combes, « Développer la compétence interculturelle : un défi identitaire », Cahiers de l’APLIUT [En ligne], Vol. XXVIII N° 1 | 2009, document 8, mis en ligne le 27 août 2011. URL : http://apliut.revues.org/1239 ; DOI : 10.4000/apliut.1239

Pour aller plus loin :

 

Une formation civique

Cet enseignement a une dimension civique et politique, celle de former les élèves  à la citoyenneté européenne (les sections européennes ont été créées en 1992 soit la même année que la signature du traité de Maastricht qui fonde l’Union européenne et créer la citoyenneté européenne), et de manière plus générale à l’ouverture internationale dans un monde globalisé.

Les DNL s’inscrivent, comme le CECR dans une véritable démarche de formation professionnelle et civique.

Ainsi on peut lire sur le CECR : « Le cadre est un outil conçu pour répondre à l’objectif général du Conseil de l’Europe qui est de ” parvenir à une plus grande unité parmi ses membres ” et d’atteindre ce but par l'” adoption d’une démarche commune dans le domaine culturel “. L’objectif est d’abord politique : asseoir la stabilité européenne en luttant contre ” la xénophobie ” et veiller au bon fonctionnement de la démocratie. Les langues et les cultures peuvent y contribuer par une meilleure connaissance des autres ».

Source : http://eduscol.education.fr/cid45678/cadre-europeen-commun-de-reference-cecrl.html

Le travail interdisciplinaire entre l’enseignant de langue et l’enseignant de DNL

“Les professeurs de matière doivent […] se charger d’introduire des termes spécialisés, des exercices de vocabulaire et des aides linguistiques plus que dans l’enseignement de la matière dans la langue maternelle. Les professeurs d’allemand devraient, eux, être prêts à être partenaires en coopérant et en assistant. Car, au centre de tout cela, il y a l’élève qui, au bout du compte, doit être capable de comprendre également des textes spécialisés difficiles, de participer à des discussions spécialisées et, plus tard, au niveau professionnel, à collaborer à des groupes de travail germanophones internationaux”.

Rolf Kruczinna, responsable de l’enseignement germanophone des DNL dans les écoles allemandes à l’étranger, Copyright: Goethe-Institut e. V., Online-Redaktion http://www.goethe.de/ges/spa/dos/ifs/cda/fr2777493.htm

L’enseignement de l’oral en langues vivantes : quelques ressources et situations

Un(e) professeur(e) de DNL n’est pas un enseignant de langue vivante, mais il peut être intéressant pour lui/elle, dans une démarche transdisciplinaire, de s’interroger sur les modalités et les enjeux de l’enseignement des langues vivantes ou du français comme langue étrangère (FLE).

Vous pouvez consulter des exemples de ressources et de situations développées pour les enseignants de langues vivantes ou de FLE sur ces liens :

“Le Cadre européen commun de référence pour les langues” (CECR)

https://www.coe.int/fr/web/common-european-framework-reference-languages

  • “Enseigner les langues vivantes

Les 12 thématiques proposent des extraits de séances filmées dans le premier et le second degrés. Chaque extrait fait l’objet d’un retour de l’enseignant sur sa pratique. Les fiches thématiques ont été rédigées avec des inspecteurs et des professeurs de langues vivantes (allemand, anglais, arabe, espagnol, italien, portugais). Elles permettent de mettre en perspective les vidéos avec les enjeux pédagogiques et didactiques de l’enseignement des langues vivantes”.

https://eduscol.education.fr/pid31432/enseigner-les-langues-vivantes.html

  • “L’enseignement/apprentissage de l’oral en classe de FLE”

https://www.ciep.fr/sites/default/files/atoms/files/focus-enseignement-apprentissage-oral-classe-fle.pdf

  • Vous pouvez aussi consulter le rapport du CNESCO sur “les acquis des élèves en langues vivantes étrangères”

http://www.cnesco.fr/wp-content/uploads/2019/04/190410_Manoilov-1.pdf

 

 

Le statut de l’erreur en DNL

Il est certes déstabilisant pour l’enseignant de n’être plus forcément l’ « expert en toute chose » de sa classe, du fait de sa maitrise incomplète de la langue étrangère. Cet « inconfort pédagogique » peut constituer néanmoins un atout : il autorise, dans une sorte de contrat tacite entre les élèves et leur enseignant, un droit fondamental à tout apprentissage : celui de l’erreur. L’erreur n’est pas une faute disqualifiante, elle est un passage obligé et nécessaire pour progresser.

 

 

En conclusion : un professeur d’un genre nouveau

Le professeur de DNL n’est pas un professeur de langue : il reste avant tout un professeur de sa discipline. Jean DUVERGER n’hésite ainsi pas à affirmer que « le prof de DNL pourrait être le prototype du professeur de demain ».

 

 

Pour aller plus loin

Des pistes pédagogiques intéressantes ont été ouvertes dans la formation des enseignants au FLE (Français Langue Etrangère)

En langue française, l’auteur de référence sur cette question est Jean DUVERGER. Il dirige une association, l’ADEB (Association pour le Développement de l’Enseignement Bi/plurilingue).