Exemple : un cycle de savate boxe française

La programmation des APSA :

Avant d'entrer plus particulièrement dans la logique du cycle, il s'agit déjà de réussir à adapter dans la mesure du possible la programmation des activités aux particularités du groupe classe. (Relations filles/garçons, hétérogénéité des niveaux de performance, niveau de cohésion, qualité des interactions).

On se heurte souvent à plusieurs problèmes :

  • les élèves ne veulent pas "apprendre" une activité déjà connue ... "C'est pas du foot... !"

  • les élèves ne veulent pas découvrir une nouvelle activité par peur de l'échec. "Quand est ce qu'on fait du foot ???"

L'enseignant peut prendre un peu de temps afin de repérer les représentations des élèves sur les activités et de les mettre en « discussion». L'objectif étant d'obtenir une adhésion du plus grand nombre d'élèves à la pratique.

L'allongement des cycles peut alors apparaître difficile, mais il s'avère nécessaire pour :

  • Permettre de stabiliser des apprentissages (et donc des formes de réussites).

  • Offrir des repères.

  • Des modes de fonctionnement.

  • Des codes de communication.

Si le cycle est trop court, l'élève doit s'adapter en permanence aux changements, il n'y a pas de place pour une stabilisation nécessaire aux apprentissages. Il s'agir de réussir à trouver le meilleur compromis possible.

L'entrée dans l'activité et la démarche du cycle :

Débuter le cycle en faisant une courte présentation et en mettant en perspective les apprentissages recherchés, permet à l'enseignant d'être à la fois concret et de poser le "décors". Cela s'avère très important du point de vu de l'élève.

De la même manière, énoncer les objectifs de la leçon, ce que l'on va y "apprendre" de manière succincte, permet de situer le contexte de la leçon et donc donner du sens.

Documents :

  • Fiche de suivi dans le cycle BOXE qui est un exemple d'outil « fil rouge » qui structure la logique d'un cycle pour les élèves. Ce média peut être utilisé dès la première séance. fiche_suivi_boxe.pdf

  • Le document intitulé "Fiche activité" est un document pouvant aider à la mise en œuvre d'un projet de cycle. L'ensemble des éléments essentiels qui structurent la Compétence Attendue, ainsi que les éléments incontournables à prendre en compte (Lien avec les items du socle commun notamment) y sont répertoriés.

  • Le document "Groupe des activités de combat" est extrait des programmes EPS pour les classes de SEGPA et concerne uniquement les activités de combat.(Ce texte est disponible dans son intégralité sur le site académique dans la rubrique "programmes").

Différencier la progression des apprentissages :

Ces classes sont souvent caractérisées par une grande hétérogénéité, tant au plan des possibilités physiques que cognitives ou des représentations. Cette hétérogénéité doit plus que dans toutes autres classes faire l'objet d'une attention particulière.

Il est donc important de repérer la nature et l'importance de l'hétérogénéité pour pouvoir moduler les séquences et ainsi envisager différentes contraintes : matérielles, réglementaires, techniques.

Une évaluation précise les ressources dont disposent les élèves s'avère donc être nécessaire (en lien avec l'équipe éducative et les PIF), les obstacles auxquels ils sont confrontés de manière à émettre des hypothèses permettant de répondre au plus près aux problèmes que rencontrent les élèves, ceci pour ne pas rester dans la logique d'un traitement des problèmes rencontrés par les élèves en terme de manque.

Le rapport à la règle :

Dans un groupe hétérogène, tous les élèves ne sont pas au même stade dans leurs rapports à la règle, là aussi, il y a nécessité de différencier. La nécessité de justifier les règles que nous posons avec ces élèves commence par des choses très simples : "Pourquoi être en tenue ?", "Pourquoi arriver à l'heure ?", etc....(hors du champ propre des apprentissages).

Document :

Les situations d'apprentissage

Il s'agit de réussir dans la mesure du possible à ORGANISER L'APPRENTISSAGE DE MANIÈRE PRÉCISE et DIFFERENCIÉE :

Au regard des caractéristiques des élèves, il semble opportun de découper les séquences d'apprentissages en plusieurs temps :

Premier temps : proposer une tâche de "découverte" de l'exercice. L'élève accède aux consignes, vit une première fois l'organisation humaine et matérielle. Il est souvent dans l'affectif et l'émotionnel.

Deuxième temps : On revient sur la tâche "en l'approfondissant" ce qui permet de focaliser sur son attention sur des éléments d'apprentissage.

Enfin troisième temps dit de "stabilisation" on joue sur les variables de la tâche et pour stabiliser d'un point de vu moteur, les apprentissages amorcés.

Une "Organisation" en plusieurs étapes s'avère judicieuse et porteuse de progrès pour ces classes. Elle permet "adaptation", personnalisation. L'élève "sort" de son étape émotionnelle pour accéder aux éléments importants.

Document :

  • Fiche de présentation de la tâche (en attente)

Plus que tout autre, l'élève de SEGPA doit comprendre ce qu'il doit effectuer :

Des repères concrets doivent lui permetrent de mieux cerner les conditions de réalisation. Le but de la tâche doit autant que possible représenter un motif d'agir, stimuler l'action.

La tâche doit être immédiatement significative avec des repères clairs pour l'élève et enfin les contenus proposés doivent être exigeants.

"Que dois-je faire ?" "Comment je dois faire pour réussir ?".

L'enseignant devra donc tenter de privilégier des situations d'apprentissage dans lesquelles la connaissance du résultat est immédiate (dans la mesure du possible bien sûr). Les critères de réalisation et de réussite (les contenus d'enseignement) doivent donc être pensés et élaborés dans cette optique.

  • Il semble important de bien définir la quantité de travail à réaliser dans chaque exercice.

  • De préciser les taches à réaliser à l'aide de fiches de travail si on utilise des ateliers :

"Je fais une tâche, je vérifie d'après les critères si je l'ai réussie, (je m'évalue;) puis je passe à une autre tache".

UN INCONTOURNABLE : ENTRETENIR UN CONTEXTE SUFFISAMMENT SÉCURISANT (pour des élèves confrontés aux conséquences d'un échec répété) :

Ces élèves sont souvent assez fragiles sur un plan psychologique. Ils doivent absolument être mis en confiance. Il est donc très important pour cela de valoriser les réussites et de relativiser les échecs.

Sans les nier, il s'agit de les mettre en relation avec ce qui les a provoqués. (Même si cela n'est pas chose facile !!! )

Cette mise en confiance passe par l'apprentissage du regard de l'autre, par une vigilance sur le respect du à tous et par un usage modulé de la compétition. Il faut trouver des manières de réduire l'importance accordée à la victoire. (Ce n'est pas toujours simple!) et passer de "J'ai battu l'autre" à "j'ai progressé".

Même si la compétition motive et permet de se dépasser, elle est inséparable des certains effets négatifs.

Elle peut inhiber car elle ne correspond pas aux motifs d'agir de tous les élèves, en effet ,elle n'est pas « LE » principal facteur de motivation. Certains élèves ont besoin de défis alors que certains autres les fuient. La compétition est éducative si elle est utilisée comme moyen par l'enseignant de plonger l'élève dans un processus de transformation

La vérification à certains moments du cycle, que les situations proposées permettent à tous et toutes de participer et de réussir (différencier progressivement les niveaux de performance ou les aides individuelles) s'avère nécessaire.

Pour cela il est possible de faire intervenir plusieurs modes de participation (passage individuel, travail en atelier, travail en groupe classe) et les rôles (observateur/évaluateur/arbitre/acteur) en fonction de la situation et de la dynamique de votre groupe.

Consignes et régulations :

L'enseignant doit tenter d'éviter de "sombrer" dans l'abstraction au niveau des consignes données,

En effet, il s'agit de concrétiser le plus possible les informations (démonstration, dessin, explication de la situation proposée pas à pas,...). Les élèves doivent se représenter clairement les tâches à accomplir pour pouvoir s'y investir et y donner du sens.

Mais aussi, l'enseignant doit être en mesure de :

  • Réagir rapidement si la tâche s'avère incomprise. (Cela permet de ne laisser un malaise s'installer).

  • Anticiper dès les préparations de séances les réactions possibles, les régulations, les modifications de dispositifs afin de pouvoir faire très rapidement évoluer les paramètres de la SP.

  • Prévoir l'ensemble du fonctionnement et si possible l'installer avant que les élèves arrivent.

  • Privilégier les grands espaces de travail bien délimités, avec des repères concrets. (Aménagement du milieu judicieux)

Donner des consignes courtes, claires et précises. Peu de choses à la fois. (Ne pas hésiter à user d'imagination et de médias : Utiliser des codes couleurs (CF .La tâche de boxe savate française), des vignettes, des tickets par exemple pour le combiné athlétique ou encore des images,....).

Documents :

Un exemple de leçon en BSF : SBF_Lecon3.pdf

Couleurs associées : couleurs_associees.doc

Affiche pieds/poings : en attente

L'évaluation

Même si cela semble difficile à mettre en place on peut garder à l'idée qu'une définition des objectifs à atteindre avec les élèves, permet de construire une évaluation compréhensible de tous et acceptée par tous.

Il s'agit de mettre en place une évaluation concrète du travail des élèves et de leurs progrès, et qui plus est si possible de les noter « directement ». Tout de suite après leur prestation les élèves peuvent avoir accès à une note qui est expliquée, explicite et rendue accessible.

Il est aussi possible d'insérer des objectifs de « savoir être » dans les objectifs de séance et les évaluer en faisant le lien avec les situations d'apprentissage proposées.

Pour favoriser une co-évaluation il faut absolument que des critères simples et verbalisables soient proposés.

L'équipe EPS peut élaborer un système de validation de compétence à mettre en parallèle si possible avec les Items à valider dans le livret de compétences de l'élève.

Document :