Après la visite à l’hôpital (atelier d’écriture autour de “Délit de fuite” – 5)

Nous étions dans la voiture en direction de la gendarmerie. Je ne pouvais m’empêcher de regarder mon père. Je ne l’avais jamais vu comme cela. Son visage était blanc et crispé. Dans ses yeux, je voyais de la colère, mais aussi de l’interrogation. Peut-être qu’il se demandait ce qui allait se passer. Ses mains tremblaient comme des feuilles. Il était stressé, ça se voyait. D’ailleurs, il était tellement préoccupé, qu’en quinze minutes nous avons failli avoir plusieurs d’accidents. Arrivés dans le bureau du gendarme, nous l’écoutions parler. Il expliquait que mon père serait jugé pour excès de vitesse, délit de fuite et non assistance à personne en danger. Il lui a expliqué qu’il serait très rapidement jugé et qu’il risquait dix à quinze ans de prison et une amende à la famille de la victime.

Une heure plus tard, nous sortions de la gendarmerie et nous nous dirigions vers la voiture.

Mon père démarra et me dit : « Je t’avais pourtant dit de faire comme s’il ne s’était jamais rien passé… »

« -Mais papa, il s’est bel et bien passé quelque chose! Toute cette histoire est bien réelle! Moi, je ne supportais plus de vivre avec ce lourd secret. »

« -Oui mais, Sébastien, c’est pour toi que j’ai fait celà!, me répondit mon père d’un air abattu. Regarde ce que je risque maintenant. On ne se verra pratiquement plus pendant les dix prochaines années. As-tu pensé à moi? »

« -Et toi, as-tu pensé à ce pauvre Loïc? Il est normal que justice soit faite. Puis, nous nous verrons toujours, ne t’inquiète pas pour cela. »

« -Sébastien, je vais rester en prison pendant si longtemps… Je te l’avoue, j’ai très peur de ce qui va arriver. »

« -Cela, c’est de ta faute… Si tu n’avais pas pris la fuite, nous n’en serions pas là. »

Je terminai la conversation par cette phrase. Mon père ne riposta plus car il savait que j’avais raison. Nous continuâmes notre chemin jusqu’à notre appartement, sans un mot. Il ne nous reste plus qu’à attendre le jugement… Jusque là, je vais profiter un maximum de mon père et je vais essayer de reprendre contact avec Loïc car pour moi, il reste un très bon ami malgré tout.

Marie H.

Camille R.

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