Archive de : mai, 2017

RIEN A DIRE !

De gauche à droite : Gilles Abier, Frank Andriat, Stéphanie Leclerc et Claudine Desmarteau

RIEN A DIRE ! Cette 14ème édition a été un succès ! Succès pour Frank Andriat qui remporte le Prix Enlivrez-vous en mai 2017 pour Un sale livre ! Succès grâce aux fabuleuses prestations des élèves ! Succès par la qualité des échanges avec les auteurs ! Succès quand, une fois de plus,  la jeunesse honore le rendez-vous qu’on lui donne avec la littérature et la culture ! Bravo et surtout merci à tous ! Sans vous tous, impossible de nous enlivrer en mai ! Pour prolonger le plaisir, découvrez ci-dessous les argumentations coups de coeur primées. Et ne manquez pas de revenir sur le blog pour revivre prochainement les temps forts en photos et en vidéos !

Kelana S.-M., 2nde C6, Lycée Charlemagne de Thionville

Le terrorisme, Daesch, qui n’a jamais entendu ces mots aux infos, accompagnés d’images de personnes blessés autant psychologiquement que physiquement ?

Mais nous parle-t-on d’espoir, d’intégration, de persévérance, de la part de ces personnes qui, persécutées dans leur pays, sont obligées de le fuir, d’abandonner leurs viosins, leurs amis, parfois même leur famille ?

L’auteur d’Un sale livre rend ce sujet accessible, réel. Tous ces amalgames que nous faisons sont brisés à grands coups de réalité.

C’est ce que j’aime dans ce livre, cette leçon sur la société et sur nous, cette remise en question, ce changement…

Ce livre nous sert le monde actuel avec tristesse, réalisme, mais aussi beauté et espoir.

 

Inès C., 3e, Collège Marie Curie de Fontoy

Un sale livre a été pour moi  le meilleur des cinq livres de la sélection, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé la manière dont il est écrit, c’est-à-dire avec le récit de « Rien Nadir » et les diverses opinions de chacun. N’importe quel lecteur peut s’identifier à au moins un des personnages, ce qui est très important pour entrer dans l’histoire. Connaître l’avis de plusieurs personnes m’a permis en quelque sorte de développer mon esprit critique et de ne pas m’arrêter à une seule vision des choses. Ensuite, le sujet de ce roman nous pousse vraiment à réfléchir sur la vie actuelle et les malheurs de ce monde. J’aimerais pouvoir lire beaucoup plus de récits comme celui-ci, poignants et passionnants à la fois, qui résument bien notre quotidien à nous, les jeunes. Car en effet, Nadir aurait très bien pu faire partie de notre collège : quels auraient été nos comportements vis-à-vis d’un réfugié comme lui ? De plus cet ouvrage n’est pas très long, ce qui m’a permis de bien garder en mémoire tous les détails. Ainsi le récit est vraiment au service des idées défendues par son auteur. Pour conclure, je pense que toute personne de mon âge devrait lire ce livre afin de réfléchir à la vie difficile des Syriens qui viennent en France pour échapper à la guerre.

 

Margot B., 2nde C1, Lycée Colbert de Thionville

Ce qui m’a plu dans Je sais que tu sais, c’est le retournement de situation entre le début et la fin du livre. Un des personnages qui, à mon avis, a fait vivre l’histoire, est la sœur de Martial. On peut connaître ses sentiments et son ressenti face à la mort de son frère. Ce qui est bien avec la sœur, c’est qu’elle adopte un comportement que l’on peut retrouver dans la réalité, ce qui donne au livre tout son intérêt.Toute la famille passe par les différentes étapes du deuil (la colère, la résignation,…) mais tous sont définitivement marqués par cette tragédie. Ce qui est intéressant également, c’est qu’on accuse Bastien du meurtre de son meilleur ami sans savoir pourquoi il a pu commettre un tel geste. Ses propos, lors du procès, montrent qu’il tente de passer un message. La culpabilité de Bastien a pris le dessus par rapport à la mort de Martial et l’accusé ne se défend pas, ne se justifie pas au sujet de son acte. Cela interroge le lecteur et le pousse à en savoir plus sur les faits et les causes qui ont poussé Bastien à commettre l’irréparable. Axelle, en recherchant la vérité, permet au lecteur de cheminer avec elle et de se faire sa propre idée sur ce crime. A la fin du livre, lorsque Bastien et la sœur de Martial s’expliquent, la réaction de la sœur nous montre qu’elle a enfin des clés pur comprendre et avancer. Elle a surtout appris à pardonner….

Nina A., 3e Prépro, LPO La Briquerie de Thionville

Jan c’est une fille qui nous donne envie de faire les mêmes conneries qu’elle.

Elle casse grave beaucoup de clichés sur les filles, genre on aime toutes le rose, genre on aime toutes se maquiller, genre aucune de nous ne sait se battre. Bah vous savez quoi? Je vous défie de vous présenter à moi et de me balancer ces propos à la figure, on verra après qui ne sait pas se battre !

Puis Jan, elle est pas barbante à utiliser des mots qu’on comprend jamais et que tellement c’est chiant. On essaie même pas de comprendre. Son histoire, elle est peut être compliquée mais y a pas besoin d’être psy pour comprendre qu’elle s’en fout que son père il est accro à l’alcool, elle l’aime quand même .

Pour vrai ce qui la fait plus chier c’est qu’ils ont placé son frère et qu’elle, elle est en foyer. En vrai, c’est ça qui l’a poussée à fuguer et à s’inspirer de Doinel pour se sortir de la merde .

Haha je vous vois venir avec vos  « OH !! mais quelle vulgarité !! »  en prenant un de ces airs choqués sorti tout droit des femmes savantes de Molière , ce même air repérable à trois kilomètres . Et ne venez pas me dire que la fin  ne vous a pas écœurés  parce que je ne vous croirai pas. Je suis sûre que chacun de nous qui a lu le livre jusqu’à la fin  a gardé son calme, a fermé le livre , a regardé la page de couverture , cherché le nom de l’auteure et après l’avoir trouvé s’est récrié : «Rahh!!! mais quelle SADIQUE !!! » . Puis on rouvre le livre à la fin, on cherche si on n’a pas manqué des pages et là on  commence à énoncer nos plaintes : «Mais elle est où la suiiite  !?!j’aime pas ne pas savoir ! » et on a tous imaginé Jan se foutant très gentiment de notre gueule car, elle et l’auteure sont les deux seules à connaître la suite !!!

Julie F., 2nde 6, Lycée Saint-Exupéry de Fameck

J’ai apprécié le roman Jan grâce à l’évolution de l’histoire. Jan est une jeune fille de onze ans, avec un caractère fort. Son amour pour sa famille, et plus particulièrement pour son frère, la rend attachante. Jan et Arthur sont placés en famille d’accueil mais Jan ne se laisse pas abattre. Chaque péripétie la confronte à de nouveaux problèmes, comme la fugue, le vol et la rue. De plus, à travers son aventure, notre jeune protagoniste rencontre d’autres personnages compréhensifs face à sa situation, en commençant par son professeur de français qui s’inquiète et éprouve de la compassion. Mais il y a aussi des personnages comme le vigile d’un magasin qui laisse Jan et son ami fuir avec les habits qu’ils ont volé, le sans-abri qui leur propose son aide pour trouver un endroit pour dormir dans la rue. J’ai également apprécié l’histoire car la naïveté de Jan la pousse à agir comme Antoine Doinel, le héros du film Les 400 Coups de François Truffaut, qui lui donne de l’espoir. Tout au long du roman, Jan s’inspire de son film préféré, elle sait que  la mer est le seul moyen d’échapper à tous ses soucis, comme la mer est la réponse aux soucis d’Antoine Doinel.

 

Jules W., 3e3, Collège La Carrière de Saint-Avold

Jan est un roman intéressant et très facile à lire, écrit dans un langage familier parfois grossier «  ce salaud », qui est celui d’une gamine de 11 ans , bourrée d’imagination , de caractère et d’idées. Ce qui m’a beaucoup plu c’est que l’héroïne Jan , est une préadolescente pleine d’énergie , de ressources , qui a le sang chaud «  je voyais rouge » avec un fort caractère «  j’étais en fureur contre cet enfoiré » et surtout qui ne se laisse pas faire «  gare à ceux qui osent se moquer d’elle ».   Jan un vrai garçon manqué qui n’a peur de personnes « j’ai mis l’enfoiré en fuite » donc même un garçon peut s’identifier à elle. J’ai aimé ce livre car il se déroule dans notre société à notre époque. Avec ses propres mots, Jan nous livre sa perception du monde qui l’entoure et des douloureux événements qui viennent bouleverser sa vie de famille ( placement en foyer d’accueil). C’est une histoire réelle qui pourrait très bien concerner certains d’entre nous. Son côté adorateur et protecteur pour son petit frère est très touchant : il est pour elle comme une bouée de sauvetage qui lui offre une âme à sauver et lui donne la force de lever la tête dans le  milieu défavorisé socialement et culturellement où elle vit. Ce livre est triste et émouvant car on peut ressentir à travers les personnages la souffrance d’une famille éparpillée. La fin du livre est belle mais frustrante car on ne peut que s’interroger sur la suite … mais cependant je le recommande à tous par son style d’écriture particulier , ses inventions de mots  et l’utilisation d’expressions d’adulte incomprises , déformées et mal réutilisées , dont tous les adolescents pourront se retrouver.

Antonin D., 2nde 1, Lycée Charlemagne de Thionville

Petit journal de bord d’un lecteur de « Ces rêves étranges qui traversent mes nuits »

(Effectivement, tout comme Stéphanie Leclerc, je n’ai pas choisi la voie d’un titre  synthétique)

Début du livre : Ca y est, voilà encore un pauvre adolescent au bord du fiasco scolaire et familial … En plein dedans même, Robin Ménard s’est fait renvoyer du collège et sa mère ne veut plus de lui ! Le jeune homme devra donc vivre avec son père qui est un peu à côté de la plaque, il faut l’admettre.

Pour l’instant, le style est très agréable à lire mais j’appréhende la suite. J’ai effectivement peur de relire pour la énième fois l’histoire désastreuse d’une famille qui se morcelle, où rien ne va comme il faut et  et où le héros ne fait qu’aggraver la situation…Cependant je suis quand même confiant, le titre n’est pas là par hasard et j’ai hâte de découvrir les rêves insensés de Robin.

Milieu du livre : Robin ne sait pas ce qu’il veut faire de sa vie, le voilà donc à traîner

Au kebab avec son ami Bouboule (que je trouve des plus douteux) et qui lui propose des petits boulots (encore plus douteux). L’adolescent se rend également régulièrement au cinéma ce qui lui permet de rencontrer un groupe d’étudiants dans ce milieu. Nous faisons également la connaissance de Guilaine, la nouvelle compagne du père de Robin, ainsi que de Jujube son fils mélomane assez excentrique.

Je n’arrive plus à lâcher le livre ! Je m’étais décidé de le continuer pendant un chargement sur ma console de jeux et je peux dire qu’elle e est restée longtemps en route pour rien (mille excuses, ô facture d’électricité).

Enfin un roman qui montre que la vie n’est pas forcément toute noire ,même dans les moments plus difficiles ! Malgré que le héros fume, soit un peu perdu et fasse un « travail » douteux, le livre me fait sourire ne serait-ce que pour Guilaine et Jujube qui sont littéralement des rayons de soleil. Je suis également ravi que Robin apprécie le 7e art et s’y intéresse car j’aime également le cinéma, ce qui me permet de beaucoup plus m’attacher au personnage.

Fin du livre : Parce que vous avez cru que je dirai la fin ?! Vous n’avez qu’à le lire, c’est un roman génial !

Je suis encore tout ému du dénouement de Ces rêves étranges qui traversent mes nuits. Que dire de plus si ce n’est que j’ai absolument TOUT adoré ? Honnêtement, cela faisait longtemps que je n’avais pas pris tant de plaisir à lire un livre. L’histoire était vraiment fluide et captivante et je ne me suis ennuyé à aucun moment.

 

Quitterie M. , 3D à Vauban Lycée Français de Luxembourg

Mon coup de cœur de cette série de livres sur le thème de la rupture est le roman de Stéphanie Leclerc, Ces rêves étranges qui traversent mes nuits.

Dans un premier temps j’ai beaucoup apprécié le genre de ce roman, le récit de vie. C’est à dire que cela permet, d’une part au lecteur de s’identifier au personnage, et d’autre part à l’auteur de véhiculer des sentiments et des émotions. Ici, Robin nous fait part de son quotidien, de son mal-être, c’est un garçon perdu, n’ayant aucun repère dans sa vie familiale, sans cadre de vie. Cela nous permet de nous rendre compte que certains enfants sont en détresse.  Ce jeune garçon a également le même âge que nous, ce qui permet de s’identifier plus facilement, ainsi que de se mettre à sa place et donc de mieux comprendre ce que qu’il ressent. Je trouve ce personnage attachant et bouleversant, tout au long de son évolution, il mûrit, pour, à la fin de l’œuvre, trouver sa voie vers le cinéma.

Le personnage de la mère de Robin m’a aussi beaucoup touchée, notamment dans le passage où Robin lui rend visite, quand elle caractérise leur famille de « pas très intelligents », « pas riche », « famille pas cultivée »,  « gens tristes » (cf. page 159-160) et qu’elle lui fait donc passer le message que Robin ne pourra pas réussir dans sa vie : « tu as moins de chance de réussir que les autres ».
Cette mère est devenue triste et ne souhaite plus revoir son fils. C’est pour cela que je trouve ce livre bouleversant et émouvant, notamment à la page 160, quand la mère dit « Quand on fait des enfants, on n’y pense pas, on croit qu’ils vont y échapper. On croit qu’on va tenir la tristesse à distance. On achète des petites chaussures rouges et des petits gants. On soigne les rhumes, on mouche les nez. On fait réciter l’alphabet. … Mais c’est perdu d’avance.  La réalité finie toujours par éclater, et le monde finit par tout dévorer. Pourquoi nos enfants seraient-ils heureux ? Pourquoi réussiraient-ils là où nous avons échoué ? On ne peut  même pas le leur reprocher. On ne vaut pas mieux. » Dans cet extrait, la mère de Robin pense que son fils ne peut pas réussir si elle a échoué, cela est dommage, et je trouve ce roman émouvant, je pense que toute maman lisant ce texte se posera des questions et se mettra à la place de cette mère. Heureusement, ce passage fataliste est contredit par la fin, où Robin arrive à trouver sa voie et à réussir.

J’ai trouvé l’histoire très intéressante, car on y évoque la recherche d’une école, la rupture entre une mère et son fils puis la rencontre de Turquoise et d’une amie, passionnées elles aussi par le cinéma, et enfin la réussite de Robin dans le cinéma.

Ce livre m’a vraiment apporté du plaisir à sa lecture, il est très bien écrit et le suspense (Robin va t-il s’en sortir et réussir ?) est très intéressant et motive le lecteur à lire la fin du roman.

Pour conclure, ce livre nous procure des émotions et je pense que l’auteur cherche  à témoigner, à expliquer le quotidien de ce jeune garçon, au début perdu, mais, par la suite, qui réussira, grâce aux rencontres qu’il aura pu faire, à trouver sa voie. Un beau message d’espoir !

Simon S. , 3e3, Collège La Carrière de Saint-Avold

 »Ces rêves étranges qui traversent mes nuits » est un livre que j’ai trouvé facile à lire malgré ses 250 pages. L’auteur, Stéphanie Leclerc, utilise un style familier et compréhensible pour nous jeunes lecteurs. Ce que j’ai particulièrement aimé c’est l’évolution, tout au long du roman du personnage principal, Robin, qui évolue, mûrit et trouve enfin sa place dans la société. Au début du livre,  j’ai eu l’impression qu’il n’avait pas d’avenir, mais au fil des pages je me suis rendu compte qu’en faisant de belles rencontres on peut modifier sa destinée. Les personnages, tous très différents, constituent le point fort du roman, comme par exemple Jujube, âgé de 9ans, qui se démarque par son authenticité et par sa sensibilité. J’ai adoré toutes les références cinématographiques faites tout au long de ce livre, les références à Rambo au début de l’histoire m’ont bien plu. Ce livre est très optimiste et je le conseille aussi bien aux adolescents qu’à leurs parents.

Léo S.-C., 3e3, Collège Hurlevent d’Hayange

Pour ma part, mon coup de cœur a vraiment été le livre Les Fragiles, de Cécile Roumiguière. Car tout d’abord, ce livre est très bien écrit et rédigé, on comprend bien les sentiments et les traits de caractère, très forts, des personnages. Ce récit se déroule sur trois temps qui s’entrecroisent en faisant presque un récit à trois voix. Je me suis également mis dans la peau d’Andrew lors de ses multiples altercations. L’auteur a su nous bousculer en employant un langage familier et très fort correspondant complètement à la situation d’Andrew vis-à-vis de ses parents. L’écriture de ce livre est aussi poétique que brutale, elle nous transporte dans ce roman bouleversant, où la fragilité des personnages nous prend aux tripes. Après avoir lu ce livre, je ne compte pas oublier Drew Castan, qui a su me toucher et auquel je me suis identifié. Mon seul regret est la fin, qui après toutes ces émotions intenses, enfonce encore le clou et nous laisse sur une note amère, terrible et dure.

 

 

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