Archive de : avril, 2012

L’accident… (atelier d’écriture autour de « Délit de fuite » -7)

Mon père est un lâche ! Je me répète ça depuis deux bonnes heures, depuis que nous sommes enfin rentrés à la maison. Je n’arrête pas de penser que tout cela n’est qu’un cauchemar et que je vais me réveiller d’une minute à l’autre. Avant cet accident, jamais il n’aurait agi de la sorte. J’en suis choqué. Je ressens encore la douleur que m’a procuré la claque qu’il m’a donnée, alors que je le suppliais de s’arrêter. C’était la première fois que mon propre père levait la main sur moi. Son visage n’était pas comme d’habitude : il était livide, il avait les yeux fixés sur la route et se mordait la lèvre inférieure. En temps normal il était assez calme en voiture et pourtant ce soir il avait les mains qui tremblaient et semblaient s’agripper au volant. Je me demande comment il a bien pu ne pas voir cette femme qui sortait de sa voiture…

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Le rêve (atelier d’écriture autour de “Délit de fuite” – 6)

La nuit dernière, mon père et moi avons eu un accident de voiture, nous avons renversé une dame. Mais soit par lâcheté, honte ou par peur mon père ne s’était pas arrêté. J’ai eu un sentiment d’impuissance car je n’arrivais pas à le faire changer d’avis pour qu’il s’arrête. J’eus alors un profond dégout pour mon père. Pourtant je réussis à m’endormir et j’ai alors fait un rêve.
J’étais dans la voiture, juste avant l’accident. Nous venions de percuter la dame mais cette fois mon père s’arrêta. Une fois arrêtés, nous somme allés voir la dame. Elle avait les cheveux bruns et ses yeux étaient fermés. Elle devait mesurer 1m60. Elle portait un T-shirt avec une jupe bleue. Elle gisait sur l’asphalte à côté d’un escargot. Mon père m’a donné son téléphone et m’a dit d’appeler les pompiers. Il est allé voir la femme. Elle respirait encore mais elle était inconsciente. Peu de temps après, elle se réveilla. Elle avait l’air sonné et désorienté. Elle me demanda alors ce qui venait de se passer.

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Après la visite à l’hôpital (atelier d’écriture autour de “Délit de fuite” – 5)

Nous étions dans la voiture en direction de la gendarmerie. Je ne pouvais m’empêcher de regarder mon père. Je ne l’avais jamais vu comme cela. Son visage était blanc et crispé. Dans ses yeux, je voyais de la colère, mais aussi de l’interrogation. Peut-être qu’il se demandait ce qui allait se passer. Ses mains tremblaient comme des feuilles. Il était stressé, ça se voyait. D’ailleurs, il était tellement préoccupé, qu’en quinze minutes nous avons failli avoir plusieurs d’accidents. Arrivés dans le bureau du gendarme, nous l’écoutions parler. Il expliquait que mon père serait jugé pour excès de vitesse, délit de fuite et non assistance à personne en danger. Il lui a expliqué qu’il serait très rapidement jugé et qu’il risquait dix à quinze ans de prison et une amende à la famille de la victime.

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La haine envers mon père (atelier d’écriture autour de “Délit de fuite” – 4)

Mon père me dégoûte. A cet instant précis, je le hais de toutes mes forces. Lui qui, depuis toutes ces années a été mon modèle, l’homme sur qui je prenais exemple, n’est en réalité qu’un lâche, qui, visiblement, ne se soucie pas de l’importance des faits. Il n’assume pas ses actes et s’enfuit avec lâcheté. Je ne le comprends pas, je ne l’ai jamais vu comme cela. Je n’ai même plus envie de lui adresser la parole, rien que d’entendre le son de sa voix me donne envie de fuir. Le fait qu’il se soit comporté comme cela à l’hôpital m’exaspère, et j’aimerai ne plus voir cet homme, qui dans mes yeux se reflète comme un monstre. Si seulement je pouvais retourner dans le passé pour lui dire de ralentir. Je m’en souviens comme si c’était hier…

Mon père arrive dans l’hôpital, je lui demande de me suivre, il marche lentement, très lentement. Il ne veut pas montrer ses émotions mais je vois très bien que dans sa tête, c’est la panique totale. Mains moites, ne sachant où poser son regard, il avance. Nous arrivons devant la chambre, la porte est entr’ouverte. Je rentre le premier. Mon père traîne mais finit par entrer. Il regarde brièvement la mère, allongée sur son lit, les yeux mis clos, les bras posés sur son ventre. A côté d’elle se trouve une petite table de nuit où sont posés toutes sortes de médicaments. Mon père n’osait pas la fixer, je sens un sentiment de peur, il veut à tout prix quitter cette chambre.

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J’ai peur… (atelier d’écriture autour de “Délit de fuite” – 3)

Quel con! Pourquoi se comporte-t-il comme ça? Pourquoi a-t-il fui ? Pourquoi ai-je fui ? Pourquoi n’assume-t-il pas? Pourquoi?

On dirait qu’il s’en moque d’avoir détruit la vie de cette femme, de Loïc. Elle est là, sur son lit d’hôpital et il la regarde sans expression comme s’il n’avait pas fui, comme s’il ne s’était  rien passé. On n’a pas le droit de fuir, d’abandonner quelqu’un qui va peut être mourir sur le bord de la route. C’est pourtant ce qu’il a fait. Il a fui, il a été lâche. Et moi je n’ai rien dit. Et moi suis-je coupable? Moi aussi j’ai fui, moi aussi je l’ai abandonnée.

A la gendarmerie, il tremblait de tout son corps, il était pâle et il transpirait. Pas une fois il n’a regardé le policier dans les yeux, pas une fois il n’a reconnu les faits.

Il risque la prison. J’ai peur. C’est un peu de ma faute tout ça. S’il va en prison, je m’en voudrais toute ma vie. C’est mon père quand même.

Moi je suis complice. Est-ce-que je risque aussi la prison? Et si je vais en prison, pour combien de temps? Je ne veux pas aller en prison. J’ai peur. Et maman? Comment va-t-elle faire? Je l’aime quand même, mon père, je ne veux pas le perdre mais je ne le reconnais plus. J’ai peur.

En sortant de la gendarmerie, il m’a regardé bien dans les yeux et il a dit : « Bravo ».

Louise M. et Laura C.

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Après l’accident (atelier d’écriture autour de “Délit de fuite” – 2)

Mon père est un lâche ! La nuit dernière, nous avons roulé trop vite sur une route de campagne. Soudain, nous avons percuté quelqu’un. Le comble c’est qu’au lieu de s’arrêter pour porter secours à la personne, il a accéléré et s’est enfui ! Pendant des kilomètres, il était pâle, livide, son regard était vide, le visage inexpressif. Il transpirait à grosses gouttes, ses mains tremblaient et il était crispé. A ce moment a-t-il eu peur des conséquences ? d’aller en prison ? Sur ce point, je le comprends, mais ce n’est pas une raison pour abandonner une personne blessée. A-t-il eu peur d’admettre qu’il ne respectait pas la limitation ? Je vous laisse imaginer ma stupéfaction puis ma colère après l’accident. J’ai honte! En ce moment je ne considère plus cette personne comme mon père . Mais en quelque sorte ne suis-je pas moi aussi coupable? J’aurais pu faire quelque chose, arrêter mon père mais je n’ai rien fait ! Je me sens coupable de pouvoir en parler alors que cette femme qui gisait par terre ne parlera peut être plus jamais. Je me sens coupable de vivre alors qu’elle est peut être morte ! Je me sens coupable …

Quentin C et Florian G

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