« Pas de Frontières au collège La Milliaire »

Surprise au collège La Milliaire ce mardi matin : Aldiouma
Yattara, conservateur du Musée du Sahel au Nord Mali et intervenant dans le
cadre du festival des Frontières à Thionville a consacré deux heures  de son temps précieux pour venir  rencontrer les élèves de 5è4 et 5è5 qui
correspondent  avec l’école fondamentale
de Komanfara (région du Mandé).

Une surprise inespérée

Ils espéraient sa visite depuis 2012, et c’est enfin arrivé : Aldiouma Yattara , conservateur du musée
du Sahel, est venu rendre visite aux deux classes de 5ème impliquées dans la correspondance avec l’école
fondamentale de Komanfara.
A son entrée dans la salle de classe, les élèves, debout à côté de leurs chaises, ont entonné l’hymne
malien. Emu par cet accueil solennel, Aldiouma, a chanté avec les élèves et les a applaudis.

Des questions nombreuses … des réponses riches !

Ensuite, c’est à un flot de questions concernant la vie au Mali que
monsieur Yattara a été soumis. Avec une grande gentillesse et un discours
adapté à ce jeune public il a développé les questions de la scolarisation, du
rôle et de la place des filles dans la société malienne. Il a insisté sur le
fait qu’elles étaient, comme les garçons, “acteurs de la construction de la
Nation“. Mais elles sont aussi, par leur éducation, les vecteurs de la
transmission des traditions.

L’organisation scolaire a également intéressé les élèves et leurs enseignants : c’est avec intérêt que
nos petits français ont découvert que les jeunes maliens pouvaient avoir  des cursus scolaires identiques auxleurs. Mais
ce n’est encore qu’une minorité qui accède aux études supérieures.
Les spécialités culinaires des différentes régions du Mali, la tradition du thé ont été
également des points de curiosité.
La guerre au Mali

Les questions plus graves comme la guerre qui secoue le Nord Mali et les répercussions de ce conflit sur
la société malienne toute entière ont également donné lieu à explication. Ainsi
monsieur Yattara a expliqué dans le langage imagé de l’Afrique que : “Quand on
pince la queue du singe, c’est tout son corps qui a mal“ . C’est donc la nation
entière qui souffre de cette guerre. Monsieur Yattara s’est réjoui de
l’intervention des troupes françaises et européennes et de la tournure que
prennent les événements.
Le conservateur du Musée a pu rassurer les élèves qui s’inquiétaient du sort réservé aux objets exposés
dans le Musée du Sahel. Ces objets de valeur avaient été mis en lieu sûr avant
l’arrivée des islamistes. Ainsi les trésors des ancêtres ont été sauvés et la
culture des anciens sera perpétuée.
Une rencontre riche

A la fin de la rencontre, Coralie a remis à Aldiouma Yattara  un colis
contenant des lettres destinées aux correspondants de l’Ecole Fondamentale de
Komanfara qui étaient prêtes à partir par la poste…!  “J’ai apprécié quand nous lui avons remis le
colis“ confie Lamia de 5è5.
Aldiouma a remercié les élèves et les enseignants pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé mais
il ‘est pas parti sans donner quelques conseils de sagesse aux enfants
concernant la paix, la fraternité et le respect des autres.
Baptiste de 5è4 affirme en fin de matinée “C’était une joie de recevoir monsieur Yattara. Il nous a
appris les conditions de vie au Mali. Nous avons appris beaucoup en sa présence“.
Mais c’est Sylvain de 5è4,
qui a conclu cet événement : “J’étais content de rencontrer M. Yattara, c’était
le plus beau jour de ma vie ! » Sans oublier l’enseignante qui œuvre depuis
deux ans avec sa classe et qui “remercie monsieur Yattara pour ce beau moment
d’échanges et de partage“.

Christiane Debras

Professeur documentaliste