Origine de Sierck-les-Bains

  D'après certains auteurs, le nom de Sierck serait d'origine romaine, pourtant aucune découverte de cette époque n'y a été faite. On admet aujourd'hui que l'acception des mots latins « circum » et « circulus » correspond à la situation géographique de la localité bâtie sur la partie convexe d'un méandre de la Moselle à son confluent avec le ruisseau de Montenach. Cette position, face à la colline du Stromberg, aux portes du Luxembourg et de l'Allemagne, justifie la présence d'un château-fort qui semble avoir précédé la ville. On situe leur construction au Xe ou Xle siècle. A cette époque, Sierck qui dépendait des archevêques de Trèves devint possession du duc de Lorraine Gérard d'Alsace (1048-1070) et le resta jusqu'en 1661 (Traité de Vincennes) avec toutefois quelques interruptions.

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Gravure de 1741 représentant la ville de Sierck depuis le Stromberg

         

Les origines de la famille de Sierck sont incertaines. D'aucuns la prétendent issue de celle d'Ardenne. Quoiqu'il en soit, elle apparait au Xe siècle et s'éteint vers 1530. C'est sous l'autorité de cette famille que la cité connut son plus grand développement, tant du point de vue économique qu'architectural. Certains de ses membres occupèrent de hautes fonctions religieuses, ce qui ne fut pas sans importance pour la ville. Il faut citer à ce titre Jean de Sierck, évêque d'Utrecht puis de Toul, mort en 1305 et Jacques de Sierck, archevêque de Trèves fondateur de l'université de cette ville, mort en 1456.

          C'est en 1295, lorsque Ferri III de Lorraine lui octroie une charte d'affranchissement, que la ville s'entoure d'une enceinte fortifiée, l'arrière des maisons donnant sur la Moselle formant barrière défensive. Jusqu'à la fin du XVIlle siècle le bourg ne sortira guère des limites ainsi fixées. Les rues s'organisent suivant deux axes imposés par les cours d'eau. De la Porte de Trèves au Nord-Est à la Porte de Thionville au Sud-Ouest, la Grand' Rue suit la courbe du méandre de la Moselle, tandis que les rues du Moulin et des Tanneries bordent le ruisseau de Montenach de la Porte des Broches à la place du Vieux Marché. Arnould VI de Sierck fut à l'origine de plusieurs édifices majeurs de la région : le château de Meinsberg (commune de Manderen), longtemps résidence principale de la famille de Sierck, l'ancienne église de Contz-les-Bains, et à Sierck, la reconstruction presque complète du château, l'édification de l'église justifiant entre autres son érection en paroisse au milieu du XVe siècle.

            La prospérité de la ville, jusqu'à la guerre de Trente Ans avait favorisé l'exercice de nombreuses activités commerciales et artisanales. Les maisons et boutiques que bouchers, drapiers, tanneurs firent construire du XVe au XVIle siècle, donnent encore aujourd'hui son caractère à la ville. Les fortifications ayant perdu de leur intérêt stratégique à la fin du XVIlle siècle, un quai fut construit le long de la Moselle à partir de 1785 pour assainir la ville basse et faciliter la circulation ; les façades se tournèrent vers la rivière et les portes furent abandonnées ou détruites. La ville put alors s'étendre.

            Chef-lieu de canton depuis 1790, Sierck fit partie de celui de Launstroff de 1802 à 1806. Les bombardements de 1944 détruisirent toutes les maisons de la rue des Juifs et l'Hôtel de ville. Sierck-sur-Moselle n'est devenu que tardivement Sierck-les-Bains. La nouvelle appellation fait référence à la courte existence au XIXème siècle d'un petit établissement thermal à l'emplacement de la gare actuelle. Aujourd'hui, si le commerce et l'artisanat restent les activités principales de cette petite ville de 1 665 habitants (recensement de 1982), la qualité de son patrimoine l'autorise à envisager un développement du tourisme sans doute important pour son avenir.

Source  Images du patrimoine Editions Serpenoise

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Sierck les Bains aujourd'hui