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Le froid a tué huit fois


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Le froid a tué huit fois

Photo AFP et article parus dans l’Est-Républicain le 11 janvier 2003

Titre de l’article : Le froid a tué huit fois.

Légende de la photo AFP : " De nombreux sans abri préfèrent braver les températures négatives plutôt que de rejoindre les centres d’accueil."

La photo

Sous un pont ou une structure bétonnée (autoroute, périphérique ?), à l’arrière-plan, des voitures floues, des lumières.....

Au premier plan, à gauche : un homme barbu, avec un bonnet, une veste trop grande, un jean, des baskets. Il est assis sur plusieurs matelas recouverts d’un plastique et d’un tapis (ou une couverture) replié. Il boit et tient une cigarette à la main. Devant lui, des boîtes de nourriture, fromage (est-ce par hasard si c’est ail et fines herbes, donc d’odeur forte....), yaourts, conserves, posées sur une caisse. A droite, un peu en retrait, une forme est couchée sous des couvertures.

Il faut noter aussi que cette photo, publiée en noir et blanc, existe en couleur. Les rouges dominants accentuent l’aspect pictural de l’image.

ZoomZoom

Lecture de la photo :

Cette photo contredit le titre : l’homme est vivant. En revanche, la légende correspond à la photo : ce SDF vit "chez lui" et non dans un centre d’accueil.

Le photographe a donc choisi de montrer le SDF chez lui : il y a un semblant de toit, de murs, constitués par la structure de béton. Les lumières extérieures éclairent "l’intérieur", le reste est flou et lointain.

L’homme, comme dans une vraie maison, a un lit, une table, il consomme des produits courants et identifiables. Il n’est pas seul : quelqu’un d’autre est allongé sur un autre lit. Aucun de ces hommes ne semble rien demander, on ne voit ni leur visage, ni leur regard.

Tout cela confirme la légende : certains SDF préfèrent vivre chez eux, d’ailleurs, ils ont un "chez eux", la preuve.....

Le cliché, le poncif...

Cette photo nous montre l’image classique du " clochard", autrement nommé SDF : un homme, barbu, fumant et buvant, installé de façon "astucieuse" et farouchement hors de la société qu’il rejette et à qui il ne demande rien.

Le monde extérieur est flou, comme cette société qui rejette et est rejetée.

Zoom

Pistes pédagogiques :

Avant tout, décrypter ce qui a été dit précédemment : quelle image du SDF est donnée ici ? Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce qu’un cliché ? En quoi cette photo en est-elle un (sans jeu de mots !) ? Pourquoi peut-on être hors de la société ? Pourquoi peut-on refuser un centre d’accueil ? A quelle génération ce SDF semble-t-il appartenir ? Pourquoi ? Avez-vous déjà vu de telles photos représentant des femmes ? Ne sont-elles jamais "SDF" ?

Lecture de textes dans lesquels le mendiant est souvent présenté comme demandant l’aumône, mais aussi comme un sage, aspect que l’on peut trouver dans la photo : il ne semble avoir besoin de rien et s’est construit une vie et une maison....

Poème de V. Hugo in "Les Contemplations" : Le Mendiant. Texte de Tourguéniev : "Le Mendiant" Electre de Giraudoux, acte 1 , sc.3.

Travail sur le tableau d’Emile Friant, musée des Beaux Arts de Nancy : l’Aumône.

N. Fialeyre. Février 2003.


 
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