L’Est Républicain, novembre 2003 : la Vierge de Sion menace de tomber à cause d’un incendie. Elle a été déposée et sera protégée par une "cloche" de plexiglas pendant les travaux. Une photo à la une, deux autres en pages intérieures. Photos Alexandre Marchi
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| La photo de la une est spectaculaire : plongée verticale, la statue occupe presque la moitié de la hauteur de la photo. C’est une photo improbable : s’interroger sur la faisabilité d’une telle image, sur le dispositif permettant au photographe de s’élever à cette hauteur et sur les raisons de cette « acrobatie ». Le regard du lecteur est à peine plus haut que celui de la statue. Le point de vue correspond au regard de la statue ou plutôt à une interlocuteur placé à côté de la Vierge. Le regard et les bras, qui font un geste d’apaisement, sont dirigés vers le sol.
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Tous les éléments de l’arrière-plan, sur lequel se détache la couleur argentée de la statue, sont minuscules : voitures, arbres, maisons... Le caractère sacré de la statue est ainsi souligné : elle est la protectrice des hommes, en bas.
Sens de la photo :
| Si l’on voit cette photo, sans connaître le contexte, on peut cependant identifier le caractère religieux de la statue (clocher, auréole). La Vierge nous domine de sa situation « divine » mais reste reliée au Hommes par l’Eglise (l’église, le clocher) qui la supporte et l’élève au-dessus des contingences de notre monde, mais qui crée aussi le lien entre l’humain et le divin.
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Pour replacer l’ image dans son contexte, il faut les titres du journal "la vierge est sauve" : en effet, les dégâts causés par le feu sont invisibles sur cette photographie. Le feu a donc épargné la statue qui est demeurée intacte malgré sa fragilité ("la fonte se casse comme du verre"). A travers ce « miracle », le caractère divin semble renforcé, mais aussi le soin pris par les hommes pour sauver ce patrimoine...
Cette photo, peu informative, figure en une pour son côté spectaculaire et esthétique : c’est une image d’appel qui doit séduire le lecteur potentiel.
Les deux photos de l’intérieur
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| La statue est montée sur une plate-forme et descendue par une grue. On voit derrière, à droite, les grutiers et le clocher. Cette position la fait se pencher encore plus vers le sol et accentue son caractère protecteur. Mais cette photo illustre aussi l’article : il nous explique comment on a descendu la statue, son poids, les difficultés rencontrées qui sont mises en valeur par l’impression de déséquilibre donnée par la photo.
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Son caractère d’objet fragile est plus net ici qu’à la une. L’article le souligne d’ailleurs : poids de la statue, matériau, etc... Le chapeau de l’article y contribue : "soulagement"...Les rôles sont renversés : les hommes prennent soin de la Vierge.
L’autre photo montre la vierge à terre, de profil. Elle " a retrouvé la terre ferme". Son geste bénisseur est mis en évidence : elle continue sa mission, en semblant tendre la main vers l’ouvrier qui est à sa droite et qui, peut-être, a assuré sa descente du clocher.
L’étude de ces trois photos ensemble permet de constater une progression : du ciel à la terre, mais toujours (évidemment) avec le même geste.
Piste pédagogiques :
On peut essentiellement travailler ces photos sur le plan de la construction (celle de la une), sur le plan culturel (qui est le personnage en question ?), sur le rapport texte/image : que disent les photos de l’intérieur du journal ?
Que penser du titre "La vierge est sauve" ?
Distinguer, parmi ces trois photos, celle(s) qui informe(nt), celle(s) qui illustre(nt). Pourquoi une telle information a-t-elle fait la une de l’Est Républicain ?
L’a-t-on retrouvée ailleurs ?
En une ? (voir archives des journaux) Un travail sur le point de vue sera possible, la photo de une étant prise sous un angle délibérément esthétique et signifiant.
N. Fialeyre, J.Y. Bei et Ernesto Feltrin. Décembre 2003.