Les tranchées françaises et allemandes en forêt d’Apremont, par l’école de Pierrefitte-sur-Aire.

lundi 4 mai 2015
par  Frédéric Vast
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Les tranchées allemandes, les tranchées françaises

Au début de la guerre, les tranchées n’existaient pas. A cause des mitrailleuses à tirs rapides et aux canons à longue portée, les tranchées sont apparues comme indispensables pour se protéger. Du côté français, les premières tranchées sont de simples fossés creusés rapidement à l’aide de la pelle. Les français pensaient ne pas rester sur place longtemps ; les tranchées devaient être provisoires.
Du côté allemand, c’est l’inverse ; les soldats s’installent pour défendre les territoires déjà pris. Ils pensent bien rester là pour une longue période. Les tranchées étaient d’abord un lieu de refuge où les soldats attendaient le moment de la bataille. Peu à peu, elles ont été aménagées par les soldats afin de vivre un peu mieux au quotidien. Ils ont installé des abris en tôle,des postes d’observation avec des sacs de terre pour les français. Les tranchées allemandes sont mieux aménagées : elles sont fabriquées en béton armé avec des abris souterrains de plus de sept mètres de profondeur dans lesquels un nombre important de soldats pouvaient s’y réfugier.
Aujourd’hui, sur le site du Bois Brûlé la forêt a repoussé. Mais le terrain porte encore les traces des obus, des explosions. On voit aussi de longs fossés qui correspondent aux tranchées françaises. Les tranchées allemandes, elles, sont encore en place avec les postes de mitrailleuses et des abris souterrains. Des plaques à la mémoire des soldats morts pour la France sont installées à plusieurs endroits du site. Le long des tranchées, il reste des queues de cochons, des fils barbelés, des tôles...

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La présentation du site

Le saillant entre Saint-Mihiel et Apremont- la forêt  : les tranchées du Bavarois et de Roffiignac.
Ce champs de bataille se situe dans les bois sur les hauteurs à l’est de Saint-Mihiel.
Les français voulaient repousser les Allemands qui passaient sur la route pour ravitailler Saint-Mihiel. A cet endroit, les Français se sont battus à partir du mois d’août 1914 et pendant toute l’année 1915. 15 000 soldats morts en trois mois de combats jusque à la fin de l’ année 1914. L’armée française n’avait avancé que de 300m 

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Des pelles de survie

Chaque soldat portait une pelle afin de pouvoir creuser une fossé pour se protéger s’il était pris sous le feu ennemi .Cette pelle servait également à consolider les tranchées abimées par les bombardements.

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Les tranchées : la boue, les rats

Le soldat y vit dix jours d’affilée dans la boue et au milieu des rats avant d’être relevé et remplacé. Les soldats s’enfoncent dans la boue et ils ne peuvent ni se laver ni se raser d’où leur surnom de « Poilu ». Ils cohabitent avec les poux. L’odeur qui règne est épouvantable. La pluie, la neige et les infiltrations eurent vite fait de remplir les fossés. Malgré les caillebotis disposés au sol pour éviter que des soldats n’aient les pieds trop mouillés, la boue devint l’un des éléments les plus marquants de la vie dans les tranchées. Les soldats vivaient en compagnie des rats et des poux, par un froid glacial ou une chaleur torride, ils ont vécu un douloureux calvaire.

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La sape

Pour faire sauter une tranchée ennemie, les soldats creusent un tunnel. Quand ils sont tout près de leur objectif, ils installent des mines pour tout faire exploser.

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Le terrain aujourd’hui

Aujourd’hui encore , le terrain porte les traces des obus, des explosions. Le sol est recouvert de trous d’obus. On peut imaginer que des soldats sont encore ensevelis sous la terre même si depuis la végétation a repris sa place. Lorsqu’on se promène sur le site, on rencontre de nombreux objets métalliques :

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Les fils barbelés :
Les fils barbelés sont installés devant les tranchées, ils servent à empêcher les ennemis d’approcher. Quand un soldat était piégé dedans, il devenait une cible facile pour les ennemis.

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Les tôles :
Les tôles servaient surtout à construire des abris. Elles protégeaient les soldats des balles et des éclats d’obus.

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La queue de cochon :
La queue de cochon sert à tenir les fils barbelés et c’est aussi très dangereux pour les soldats. Ils utilisaient cette ferraille-là pour l’ enfoncer plus facilement dans la terre. Ils ne faisaient pas de bruit car il suffit de la tourner pour qu’elle s’enfonce dans la terre. Sinon ils auraient du taper avec un marteau. Les ennemis les auraient entendus...

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Les tranchées françaises :(1)
Le poste d’observation français est fabriqué avec des sacs de terre et des tôles par dessus.
Les soldats français l’avaient simplement recouvert de terre alors que le poste d’observation allemand est construit en béton armé.

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Les tranchées françaises (2)
Les soldats français ont installé du grillage pour retenir la terre . Mais ce système ne résiste pas longtemps aux attaques ennemies.

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Les tranchées françaises (3)
En cas d’attaque ,les français ne sont guère protégés. Ils doivent sans arrêt reconstruire leur abri, ce qui leur prend du temps et de l’énergie.

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Les tranchées françaises (4)
Les tranchées ne sont pas construites en ligne droite pour limiter le nombre de victimes en cas de tirs ennemis.

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Une plaque érigée à la mémoire d’un soldat

Vintousky Eugène était sergent au 27ème régiment d’infanterie.
Il a été porté disparu le soir de l’attaque du 21 février où il a "disparu" en emmenant sa section au combat. Malgré les recherches pendant et après guerre, sa famille n’a jamais retrouvé celui-ci. Vers 1930, la famille a fait ériger un cénotaphe, c’est-à-dire un monument élevé à la mémoire d’un mort et qui ne contient pas ses restes,`ainsI qt’une plaque commémorative dans l’entrée de l’église de Marbotte.

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Les tranchées allemandes(1)
Les tranchées allemandes sont construites en béton armé. Les soldats installaient des planches de coffrage avant de couler le béton.
Les allemands avaient installé des usines à béton près de Saint-Mihiel. Ils transportaient le béton dans des sacs puis les amenaient par train le plus près possible des tranchées.
Les tranchées allemandes sont plus profondes que les tranchées françaises. Elles ne sont pas droites pour éviter les tirs en enfilade.
Les abris à munition servaient à mettre les caisses à munitions.

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Les tranchées allemandes (3)

Un boyau est une petite tranchée pour que les soldats puissent se déplacer d’une tranchée à l’autre sans être vu par l’ennemi. Ces grilles ont été installées il y a quelques années, elles servent à ne pas tomber dans l’abri souterrain car c’est très profond ; il y a aussi des risques d’effondrement.

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Un abri allemand

Cet abri souterrain allemand est construit en béton armée. Il est profond de 6 ou 7 m de profondeur. Il permettait de protéger un nombre important de soldats.

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Abri allemand (2)
IN TREUEFEST veut dire « je suis fort dans ma foi ». Le B de BAYEPKOM vient de la région de la Bavière, une région allemande. Ces lettres gravées dans la pierre prouvent qu’un régiment de cette région est venu combattre à Saint-Mihiel.

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Le béton armé
Les traces que l’on voit à droite de la photo sont les traces des planches de coffrage .
Pour réparer les dégâts causés par des obus ennemis, les soldats ont posé directement des sacs de béton pour reboucher le trou.
Les trous en haut de la photo sont des postes d’observation. Les soldats allemands observaient les mouvements des français dont la tranchée était parfois très proche (20 ou 30 m).
Au-dessus de ce poste d’observation, il y avait un toit en béton armé qui a été détruit et récupéré après la guerre.
Les emplacements en bas de la tranchée servent à ranger les caisses à munition.

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Le poste de tir Allemand
Il y a trois postes différents donc un homme pour chaque poste. L’homme du milieu tir avec la mitrailleuse, celui de droite tient les balles et celui de gauche observe avec les jumelles. En cas d’attaque d’obus le soldat range la mitrailleuse sous le poste de mitrailleur. Les trous servent à mettre les caisses à munitions. A côté du poste de tir, les Allemands ont construit un abri souterrain pour se protéger des obus.

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Photographies et illustrations : École de Pierrefitte, F. Vast, Collections ANSM.