Le fort de Jouy sous les Côtes, par l’école de Géville.

mercredi 29 avril 2015
par  Frédéric Vast
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Le fort de Jouy sous les Côtes est une fortification militaire construite par excavation pratiquée dans le terrain puis par la construction d’un ensemble de bâtiments le tout recouvert de 2 à 6 mètres de terre. Il a été bâti, en deux ans, de 1883 à 1885. Le fort est un ouvrage capable de résister à un siège de 90 jours. Il est placé à un endroit stratégique pour défendre plusieurs passages et ralentir ou arrêter une armée ennemie. Il se trouve sur la côte, à 350 m d’altitude au nord-ouest du village. Son armement est à l’extérieur entre des traverses abri et il est équipé de fossés secs défendus depuis quatre caponnières. Ce fort appartient au rideau des Hauts de Meuse : c’est une barrière défensive entre Toul et Verdun qui est constituée de 6 forts et d’une batterie. C’est le Général Séré de Rivière qui a eu pour mission de construire une ligne fortifiée allant de Dunkerque à Nice. Les forts sont espacés de 5 à 10 km pour pouvoir se défendre mutuellement. Cependant, le fort de Jouy sous les Côtes n’a jamais servi pour défendre la frontière car il n’était pas assez résistant. En 1884, Eugène Turpin, un chimiste français, mit au point un explosif stable et dix fois plus puissant que la poudre noire, la mélinite ; des essais sont entrepris et « à la stupeur générale les maçonneries volent en éclat, les voûtes sont crevées… Le fort de Jouy reste dans son état d’origine à cause du manque de moyens financiers et échappe donc à la vague de modernisation des ouvrages (décapage des maçonneries et re-bétonnage). Il conserve donc toutes ses belles maçonneries en pierres de taille, son artillerie de plein air ainsi que ses caponnières. Il n’a été que très peu exposé aux tirs durant la guerre de 1914-1918 ; déclassé par la suite, il a servi de dépôt d’huile et d’essence entre les deux guerres. En 1940, pour parer à l’arrivée de l’armée allemande, le fort fut incendié, afin de priver l’ennemi d’un précieux ravitaillement. Tous les casernements du fort ont sérieusement souffert. »

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En 1997, le Ministère de la défense met en vente le Fort de Jouy. La commune de Géville décide de l’acheter, puis de le mettre à disposition d’une association qui pourrait le rénover et le mettre en valeur. L’association Les Amis du Fort de Jouy est déclarée en sous préfecture le 14 novembre 2002. Dans ses statuts, il est écrit qu’elle s’occupe de la sauvegarde, l’entretien et la rénovation du fort afin de protéger ce monument exceptionnel et d’en faire un lieu de culture et d’échanges. Ce sont des bénévoles qui remettent en état petit à petit cet espace.

Marion, Alexis, Cristal, Guillaume, Lilou

Les élèves vous proposent une visite du fort : cliquer sur les étoiles pour accéder aux différents lieux et sur la maison pour revenir au plan. Bonne promenade ! N’oubliez pas que l’association "Les amis du fort" propose des visites guidées de cet ouvrage en toute sécurité.
Attention : il est interdit d’essayer d’y entrer sans la présence d’un guide. Ces vestiges restent dangereux par la présence de puits, cheminées d’aération non protégés...

LEXIQUE
l’artillerie : ensemble des matériels de guerre comprenant les bouches à feu, leurs munitions et les véhicules chargés de leur transport.
une batterie : emplacement destiné à recevoir les pièces d’artillerie et le. matériel indispensable à leur service.
un coffre : abri fortifié en béton qui fait partie de la ligne de défense
une contrescarpe : talus ou mur extérieur du fossé sec d’un ouvrage fortifié
une escarpe : talus ou mur intérieur du fossé sec d’un ouvrage fortifié.
une excavation : action d’excaver quelque chose, de creuser un terrain.
l’infanterie : troupe qui combat à pied composée de fantassins.
une gargousse  : enveloppe contenant la charge de poudre destinée à la propulsion du projectile dans le canon
le morse : c’est un code télégraphique utilisant un alphabet conventionnel fait de traits et de points, transmis sous la forme de sonorités brèves ou longues
un saillant : partie d’une fortification qui forme une pointe.
un siège : stratégie militaire encerclant et isolant une place fortifiée afin de forcer à se rendre.

NOS SOURCES
* notre visite au fort le 13 novembre 2014 accueillis par les Amis du fort
* le site des Amis du fort http://fortjouy.fr/
* le site des fortifications Séré de Rivière http://www.fortiffsere.fr/hautsdemeuse/index_fichiers/Page10754.htm
* un document d’archive : procès verbal de novembre 1912
* les beaux livres documentaires qui nous ont été offerts .

Photographies : Ecole de Géville, A. Jacquemot, Collections "les Amis du fort de Jouy", caponnière double C. Vaubourg.

LES AMIS DU FORT DE JOUY

1 Place Saint Etienne
55 200 GEVILLE
Mail : fortdejouy@gmail.com
Tél : 06 84 63 54 12 (Patrice MONANGE)
Tél : 03 29 92 08 87 (Rémi Rousselot)
www.fortjouy.fr