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Publié : 29 mai 2015

Accueillir un EANA en cours d’EPS au collège

Par Catherine Heissat - Atamaniuk, professeur d’EPS au collège Guynemer de Nancy (mai 2015)

Organisation de la scolarité des élèves allophones nouvellement arrivés :
Circulaire n° 2012-141 du 2-10-2012 : « [...] Il convient néanmoins d’intégrer ces élèves dans les classes ordinaires lors des cours où la maîtrise du français écrit n’est pas fondamentale (EPS, musique, arts plastiques, etc.), et cela pour favoriser plus concrètement leur intégration dans l’établissement scolaire. »

Si les textes prévoient la participation des élèves allophones au cours d’EPS dans leur classe de rattachement, les accueillir peut être déstabilisant et il est légitime de se poser un certain nombre de questions :
- Comment vais-je pouvoir communiquer avec eux ?
- Comment vais-je pouvoir les intégrer à la classe ?
- Comment vais-je pouvoir participer à l’apprentissage du FLE ?

Quelles démarches pédagogiques adopter en EPS afin de favoriser l’intégration sociale des élèves allophones et favoriser leur apprentissage du français ?

 ► L’EPS, facteur d’intégration :

L’universalité du sport n’est plus à démontrer : quel gamin n’a pas un jour fait la course contre un camarade, tapé dans un ballon ou joué à « se bagarrer » ? Les différents médias en relayant les grands événements sportifs participent à cette mondialisation. Les élèves, même non scolarisés antérieurement, se retrouvent au travers des activités sportives et éprouvent généralement du plaisir à pratiquer une activité sans ressentir de « différences » avec les autres élèves.
La maîtrise du français n’étant pas indispensable, c’est aussi un moment privilégié où ils peuvent relâcher quelque peu la pression. Malgré tout, la nécessité de travailler et d’échanger avec leurs camarades de classe favorise l’apprentissage du français oral. L’élève qui ne s’exprime pas obligatoirement face à la classe, a moins d’appréhension à s’engager.
On prête aussi au sport certaines valeurs que l’EPS tend à développer notamment la socialisation au travers du respect des règles et de la coopération entre les élèves.

Quelles démarches pédagogiques ?

L’enjeu de l’enseignement de l’EPS pour ces élèves est double : apprentissage moteur et apprentissage du français.

- La 1 ère séance : L’accueil

Il est indispensable que l’élève se sente accueilli dans la classe. Après les formules de politesse « Bonjour » et de présentation « Je suis Mme, Mr …., je suis ton professeur d’EPS,… », instaurer un dialogue avec l’élève permet de juger son niveau de compréhension orale : « comment t’appelles-tu ?, d’où viens-tu ?, depuis quand es-tu en France ?... »

Ensuite, pour expliquer le règlement spécifique du cours d’EPS (tenue, matériel, gymnase), on peut s’aider d’un imagier (fiche n°01, fiche n°02 et fiche n°03)

On peut faire accompagner l’élève allophone par un élève tuteur qui se chargera de lui présenter les lieux et de lui expliquer les règles relatives au cours d’EPS.

- Dépasser le barrage de la non maîtrise de la langue pour communiquer :

Les consignes données pour la classe nécessitent souvent d’être reformulées :

  • Elles doivent être limitées.
  • Les phrases doivent être simples avec une élocution plus lente.
  • On peut y associer des gestes ou une intonation différente pour faciliter la compréhension.

Afin de se faire comprendre, on peut utiliser plusieurs outils pédagogiques comme support :

  • Les Images : Les imagiers, ordinateur ou tablette, …
  • La démonstration : il conviendra de montrer uniquement ce qu’il faut faire afin que l’élève ne visualise pas de fausses procédures.
  • L’élève tuteur ou partenaire : Son rôle :
    - Réexpliquer l’exercice à travers d’autres mots
    - S’assurer que les consignes soient comprises
    - Servir de modèle : pour l’élève allophone, il s’agira de reproduire les actions de son camarade ou de faire l’exercice en miroir par exemple.
  • Avoir des rituels et des habitudes de travail permet à l’élève de construire plus facilement des repères dans la classe et le cours.
  • Et de manière exceptionnelle, demander à un élève parlant la langue de faire la traduction.

Pour certaines APSA ou exercices (plus particulièrement avec les activités à risque), il faudra s’assurer personnellement que les consignes soient bien comprises avant de laisser l’élève s’engager dans l’activité.
Lors de la constitution des groupes, il est préférable de mêler les élèves allophones aux élèves francophones afin d’encourager les échanges.
L’enseignant peut utiliser tous les temps informels (déplacements par exemple) pour établir un échange avec l’élève.

- Domaines où l’EPS participe à l’apprentissage du français oral :

Vocabulaire :

  • le corps humain
  • les actions (courir, sauter, ramper, …)
  • le matériel, les couleurs (dossards, plots)
  • les lieux (gymnase, vestiaire, stade, piscine, …)
  • les activités sportives, le vocabulaire spécifique associé à l’activité (Exemples en tennis de table : revers, coup droit, rebond, échange, partenaire, adversaire, …).

Règles, consignes : « je peux…, j’ai le droit…, je ne peux pas…, je ne dois pas … ». On peut leur demander d’expliquer l’exercice pour vérifier ce qui a été compris.

Compter (numération, addition)

Notions mathématiques (ex : parallèle, perpendiculaire, ligne, colonne, cercle, …)

Les rôles d’arbitre et de juge exigent de communiquer avec les pairs : le juge pourra donner son point de vue sur une prestation : « j’ai aimé…, il a réussi…, », l’arbitre doit être capable d’expliquer pour qui est le point.