Vous êtes ici : Accueil > Elève allophone (EANA) > Questions / réponses > Comment accueillir un élève allophone isolé à l’école élémentaire (...)
Publié : 17 juin 2014

Comment accueillir un élève allophone isolé à l’école élémentaire ?

Par Patrick Dugand, anciennement formateur au CASNAV-CAREP de Nancy-Metz

Accueil de l’élève et de sa famille

Le premier entretien a pour objectifs :

- d’accueillir et d’évaluer les attentes de l’élève, de la famille ;

- d’observer la compréhension orale, l’expression orale, les attitudes significatives (découragement ou tentatives de prise de parole) ;

- de mettre l’élève en confiance.

Si l’élève et ses parents sont totalement non francophones, on pourra avoir recours à un médiateur.

Informer les parents et l’élève du fonctionnement de l’école :

- faire visiter les lieux ;

- présenter les différentes personnes de l’établissement (équipe éducative, intervenants extérieurs) en expliquant les rôles de chacun ;

- donner un emploi du temps avec les différents horaires ;

- présenter le matériel scolaire nécessaire et donner une liste (manuels, fournitures...) : on pourra avoir recours aux imagiers bilingues.

- donner des repères au niveau de l’évaluation de son travail (type de notation, fréquence, livret d’évaluation...) ;

- présenter les différentes aides possibles au sein de l’école, mais aussi en dehors (l’accompagnement à la scolarité par exemple) ;

- présenter le système scolaire français : des outils à destination des familles étrangères existent tels que des livrets d’accueil bilingues.

Le parcours de l’élève :

Il est toujours intéressant d’avoir quelques renseignements sur la scolarité antérieure de l’élève ainsi que sur son histoire. Par exemple :

- L’élève a-t-il été scolarisé ? Si oui, à quel âge ?

- Quelle était la classe fréquentée l’année précédente dans son pays d’origine ou dans un autre pays ? A-t-il suivi quelques cours de français ?

Inscription au sein de l’école

Il appartient au maire, comme pour les enfants français, de délivrer le certificat d’inscription au vu duquel le directeur de l’école procède à l’admission de l’enfant.

L’élève nouvellement arrivé est inscrit dans une classe ordinaire correspondant à son niveau scolaire sans dépasser un écart d’âge de plus de deux ans avec l’âge de référence correspondant à cette classe.

Evaluation initiale (diagnostique)

Dans un premier temps, l’évaluation peut se faire par l’observation de l’élève en action, en situation d’interaction avec ses pairs, notamment en ce qui concerne les compétences de communication : capacité à écouter l’autre, à réagir, désir de communiquer, envie de comprendre et de se faire comprendre.

Le CASNAV-CAREP dispose d’outils d’évaluation dans différentes langues sur :

- les compétences de lecture en langue maternelle ;
- les compétences en mathématiques ;
- les compétences en langue française.

Réflexions avec l’ensemble de l’équipe pédagogique

Il s’agit de mettre en place une réflexion de l’ensemble de l’équipe pédagogique sur la prise en charge de l’élève et d’élaborer un projet individuel.

Une concertation régulière est nécessaire entre les différents acteurs pédagogiques qui suivent l’élève, pour un meilleur travail d’équipe, plus cohérent.

Organisation au sein de l’école :

Elaborer un emploi du temps individualisé prenant en compte les besoins de l’élève et les ressources de l’école. On pourra avoir recours au décloisonnement, à la prise en charge de l’élève par le zilien, les personnes du RASED, etc...

On étudiera les possibilités de prise en charge au sein des autres classes en fonction des objectifs visés.

Intégrer l’élève systématiquement dans les activités où le non verbal est mobilisé (EPS, arts plastiques, technologie, etc), dans les cours de langues vivantes en fonction de ses compétences et dans les sorties scolaires...

Organisation au sein de la classe :

Éviter de l’isoler au fond de la classe, lui proposer un voisin, des tuteurs pour les apprentissages, mais aussi pour les déplacements, la récréation, la cantine, etc...

Recourir, si possible, à des élèves maîtrisant la même langue, occasionnellement, en cas de besoin.

Avoir une attitude d’encouragements : rassurer, positiver, valoriser les acquis.

Prévoir un outil de liaison entre enseignants qui suivra l’élève dans toutes ses activités ainsi qu’un cahier plus personnel où l’élève pourra y noter ses découvertes, ses remarques...

Simplifier les consignes (orales et écrites), éviter les longues explications qui bien souvent noyent l’élève sous un flot de paroles.

Les situations d’apprentissage :

Proposer des activités adaptées, spécifiques.

Prévoir à chaque séance un moment spécifique avec l’élève.

Privilégier les travaux de groupes.

Adapter le travail tout en lui permettant de faire comme les autres (adapter la consigne, le support).

Préparer une progression personnelle, une programmation, en ciblant des objectifs précis à plus ou moins court terme.

Privilégier les activités où la langue écrite n’est pas la seule entrée possible.

Faire un travail spécifique sur les consignes scolaires et le vocabulaire disciplinaire.

Aides extérieures :

Les associations d’accompagnement à la scolarité peuvent aider les élèves en dehors des heures scolaires.

Le CASNAV-CAREP aide à la mise en place des projets, accompagne les équipes pédagogiques et prête du matériel (méthodes, ouvrages pédagogiques, jeux...).