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Publié : 27 mai 2014

Priorités du français langue seconde

L’élève nouvellement arrivé en France n’arrive pas vierge de tout langage. Il possède déjà une langue maternelle voire d’autres langues.

« C’est avec sa propre parole que le bilingue construit sa seconde langue, son autre soi-même. » AUGER, Nathalie. Comparons nos langues : démarche d’apprentissage du français auprès d’enfants nouvellement arrivés (ENA). Montpellier : SCÉRÉN-CRDP académie de Montpellier, 2005. (DVD vidéo)

Les langues représentées sont d’une très grande variété. Dans un certain nombre de cas, l’apprentissage des langues s’est effectué de façon informelle, l’apprentissage du français devra emprunter les voies plus formelles de l’école.
Le français va être à la fois la langue cible et la langue véhicule de l’apprentissage scolaire. Ce sera à la fois, un objet d’étude, un outil d’apprentissage, la langue de communication et la langue de scolarisation
Certains élèves n’ont pas été scolarisés dans leur langue d’origine, ou mal. Ils ne sont pas parvenus à l’étape d’acquisition des usages élaborés de leur propre langue et ne vont les découvrir que dans la langue seconde, ce qui n’ira pas sans difficultés.
Les élèves nouvellement arrivés en France sont confrontés à une langue, une culture, des codes scolaires qui leur sont étrangers. Langue étrangère à l’arrivée en France, le français acquiert peu à peu le statut de langue seconde en cours d’apprentissage pour devenir, dans le cas où la langue maternelle est peu pratiquée, la langue principale.
L’ignorance du français ne constitue pas un facteur d’homogénéité : connaissance parfois partielle orale ou écrite, connaissance de la civilisation et de la culture parcellaire et stéréotypée.

 

La compétence de communication

L’acquisition de la langue parlée indispensable pour toute communication sociale et scolaire : actes de langage, conduites de discours.

→ Communication hors école : acquérir très rapidement la capacité à entrer en relation oralement avec les différents interlocuteurs, à comprendre les énoncés, lire les écrits...

→ Communication à l’école : apprendre à rentrer en relation avec un certain nombre d’adultes, avec ses pairs, comprendre les consignes. Une difficulté particulière de la communication scolaire tient à la place et à l’usage de l’écrit comme vecteur d’information.

→ Métacommunication : l’élève doit être en mesure de communiquer sur ses propres pratiques langagières, de parler de la langue, de maîtriser les instruments métalinguistiques.

→ Communication spécialisée : niveau de formulation : l’objectif de l’échange est ici de construire progressivement un objet de connaissance dans les domaines disciplinaires ou un savoir-faire (capacité à reformuler pour passer à une formulation élaborée, passer le la connaissance commune à une connaissance conceptualisée).

→ Interdisciplinarité :

  •   le français de l’énoncé ;
  •  le français de la consigne ;
  •  le français spécifique à la discipline ;
  •  le français pour parler.

 

La compétence linguistique (ou compétence formelle)

Il va s’agir de développer des compétences linguistiques orales et écrites en réception et en production :

- Lexique
- Phonologie
- Morphosyntaxe

Les outils de la langue sont au service des activités de lecture, d’écriture et d’expression orale. Ils sont aussi au service de l’acquisition des disciplines.
Les activités favorisant les apprentissages implicites (ex : grammaire implicite, c’est-à-dire l’ensemble des règles qui permettent de produire des phrases correctes en français, spontanément acquises par une pratique régulière de la langue) et d’autres développant des phases d’explications devront alterner. Les élèves non francophones abordent l’acquisition des règles à partir de leur propre système linguistique et des descriptions qui leur ont été proposées dans leur école d’origine. Une insuffisante maîtrise de certains aspects du système de sa langue d’origine peut retentir défavorablement sur l’acquisition d’une langue seconde.
Le métalangage utilisé pour le français ne recouvre pas les mêmes faits linguistiques.
Un travail d’ajustement progressif se révèle nécessaire avec la participation des élèves eux-mêmes.

A la rubrique « Outils pour la classe » se trouvent des suggestions d’activités permettant de travailler le lexique, la phonologie, la morphosyntaxe.

 

La compétence culturelle

La dimension culturelle des apprentissages en français langue seconde est cruciale (maîtrise des codes sociaux, moraux, idéologiques, esthétiques...). L’école va être un lieu de sociabilité, de connaissance et de reconnaissance mutuelles. Dans la même classe vont se côtoyer des élèves de cultures différentes, des élèves qui ont connu des systèmes éducatifs très différents dans leur organisation, les valeurs transmises voire les finalités.

→ Les données interculturelles : L’approche interculturelle permet de créer des ponts entre les différentes cultures qui se côtoient. L’élève apprend le français à partir de ses repères culturels propres. 

→ Les codes conversationnels : Chaque culture organise la relation entre interlocuteurs selon des règles et usages propres.

→ Les codes rhétoriques : La manière de mettre en ordre les informations, les idées et les arguments constitue pour un élève nouvellement arrivé une connaissance difficile à acquérir.

→ Littérature et approches comparatives : La littérature est une des voies d’accès privilégiées à une autre civilisation. Elle permet d’en saisir de l’intérieur les particularités et singularités. (Il est possible d’emprunter des albums bilingues au Casnav).