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Publié : 27 mai 2014

Connaissance du parcours de l’élève

L’élève allophone nouvellement arrivé (EANA)

On définit ainsi l’élève qui arrive de son pays sans maîtrise suffisante de la langue française ou des apprentissages. Il est considéré comme allophone si le pays d’origine n’a aucune relation historique et géographique avec la langue française. Les termes « nouvellement arrivés » permettront de différencier celui qui vient d’arriver par rapport à celui déjà scolarisé en France. Bien entendu, on ne saurait être « nouvellement arrivé » très longtemps. On considère généralement que l’élève peut endosser cette terminologie pendant les deux premières années de sa présence en France.

 

Hétérogénéité du public accueilli

La situation de l’élève nouvellement arrivé peut être extrêmement complexe et recouvrir des réalités très différentes : les situations migratoires, familiales et scolaires sont très variées. Il importe donc que l’équipe éducative qui aura l’élève en charge en soit consciente et puisse arriver à connaître l’origine ainsi que les circonstances qui ont prévalu au départ et à l’arrivée. L’enseignant y trouvera des informations qui lui permettront sans aucun doute d’éviter quelques erreurs importantes dans l’accueil et l’orientation et qui favoriseront sa relation avec l’élève et avec sa famille.

→ Diversité des nationalités, des langues, des systèmes d’écriture : des nationalités nombreuses, qui évoluent selon la situation géopolitique mondiale.

→ Diversité des raisons d’arrivée : 

  •   Politiques : demandes d’asile, d’apatridie. L’enfant de demandeur d’asile a souvent eu un parcours difficile, parfois très long et très douloureux. Son départ du pays d’origine s’est souvent fait dans des conditions traumatisantes et est la plupart du temps lié à la situation géopolitique mondiale. La situation administrative et économique de la famille est souvent très précaire.
  •   Professionnelles : ressortissants ayant accès libre à tous les emplois (ressortissants des Etats membres de l’Union Européenne ou de l’Espace économique européen), étrangers entrés dans le cadre du regroupement familial, étrangers ayant obtenus une autorisation provisoire de séjour...
  •  Législatives  : regroupement familial (enfants nés dans le mariage ou hors mariage ayant une filiation légalement établie, enfants adoptés, enfants d’une précédente union...). La caractéristique principale de ces arrivées réside dans le fait qu’au moins un des membres de la famille est alphabétisé en français, qu’il bénéficie dans notre pays d’un travail et d’un logement et qu’il est souvent de ce fait dans une phase d’intégration.

→ Diversité des aires culturelles de référence, des modalités d’insertion des familles. Les parents migrants sont également très différents les uns des autres par leur trajectoire : trajectoire sociale (ascendante ou descendante), trajectoire migratoire, trajectoire professionnelle (dévaluation ou non des compétences dans le parcours), résidentielle, communautaire, culturelle... Souvent, les rapports sont modifiés dans la famille.

→ Diversité des parcours scolaires des élèves : scolarité antérieure régulière ou irrégulière, interruptions dans la scolarité (guerres, zones rurales...), absence de scolarité antérieure, analphabétisme...

 

Evaluation initiale diagnostique

Afin de pouvoir construire de nouveaux apprentissages, il va être indispensable de prendre en compte les apprentissages antérieurs. C’est pourquoi, il est intéressant d’avoir quelques renseignements sur la scolarité de l’élève avant son arrivée en France :

  •   L’élève a-t-il été scolarisé ? Si oui, à quel âge ?
  •  L’élève est-il lecteur dans sa langue d’origine ?
  •  Quelle était la classe fréquentée l’année précédente dans son pays d’origine ou dans un autre pays ?
  •  A-t-il suivi quelques cours de français ?

La question qui se pose de façon récurrente est la difficulté des enseignants à déterminer le niveau scolaire de l’élève, d’autant plus quand le mode de scolarisation dans le pays d’origine est éloigné du nôtre. Quelques praticiens ont cependant mis au point des tests spécifiques qui permettent à partir d’exercices rédigés dans toutes les langues d’établir un barème d’équivalence dans la scolarisation antérieure.

L’évaluation en langue d’origine des acquis scolaires et l’évaluation du niveau de français oral et écrit permettent à l’équipe éducative d’organiser le parcours scolaire le plus pertinent. Dans un premier temps, l’évaluation peut se faire par l’observation de l’élève en action, en situation d’interaction avec ses pairs, notamment en ce qui concerne les compétences de communication : capacité à écouter l’autre, à réagir, désir de communiquer, envie de comprendre et de se faire comprendre.

Ces évaluations vont permettre :

  •  à l’enseignant de mieux comprendre le cheminement de l’élève, de mesurer son degré de familiarité avec l’écrit ;
  •  à l’élève de prendre conscience de ce qu’il sait déjà faire ;
  •  de construire les repères d’un projet d’apprentissage en particulier à partir des compétences scolaires construites dans la langue d’origine ;
  •  de prévoir des activités adaptées aux besoins de l’élève : mise en place du projet d’aide individualisée.

Voir les outils d’évaluations diagnostiques

 

Principales difficultés rencontrées par un élève allophone nouvellement arrivé

Les élèves nouvellement arrivés en France sont confrontés à une situation particulièrement difficile : le contexte familial, social et affectif se trouve souvent déstabilisé. Chaque élève a de toute évidence subi un déracinement qui a été plus ou moins bien vécu, a parfois engendré des souffrances, des traumatismes ou des attitudes de repli. L’élève va devoir se construire dans une nouvelle culture, une nouvelle langue, une nouvelle école tout en s’appuyant sur sa langue et sa culture d’origine.

L’acquisition de la langue française va être un enjeu majeur pour l’élève allophone. C’est la langue qui va permettre de communiquer, la langue dans laquelle se feront les apprentissages, la langue de la réussite scolaire mais aussi celle de l’intégration sociale.

Les principales difficultés sont de 4 ordres : 

→ Adaptation à l’école française 

  •   Isolement de l’élève en particulier dans les classes ordinaires.
  •  Des élèves qui ne s’autorisent pas à réussir.
  •  Des élèves qui refusent d’investir la langue française (projet de retour, conflit de loyauté...)
  •  Des élèves qui arrivent en cours d’année scolaire.
  •  Aspect temporaire de la scolarisation.
  •  Difficultés liées à la place dans la fratrie, à la place de la fille dans la famille.
  •  Des enfants ou adolescents fragilisés.
  •  Manque de repères temporels.
  •  Manque de repères spatiaux.
  •  Méconnaissance du fonctionnement du système éducatif français, de ses acteurs.
  •  Méconnaissance de certaines disciplines enseignées.

→ Habitudes scolaires 

  •   Différences de présentation et de rigueur du travail.
  •  Incompréhension du système de notation.
  •  Utilisation d’un matériel scolaire différent.
  •  Difficultés pour entrer dans les apprentissages.
  •  Inadaptation au rythme de travail.
  •  Absence d’aides pour les devoirs.

→ Compréhension orale et écrite

  •   Incompréhension des consignes et énoncés.
  •  Méconnaissance du vocabulaire disciplinaire.
  •  Problèmes de discrimination auditive, de perception des sons.
  •  Difficultés de compréhension en cours.
  •  Difficultés à s’adapter à d’autres voix que celle de l’enseignant de la classe.
  •  Compréhension en lecture : code graphique équivalent ou différent.
  •  Des élèves âgés non lecteurs dans leur propre langue.

→ Expression orale et écrite

  •   Manque de confiance en soi, peur de prendre la parole.
  •  Difficultés d’ordre syntaxique.
  •  Difficultés d’ordre phonétique.
  •  Difficultés d’ordre lexical.
  •  Systèmes d’écriture différents.