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Musée de la mine de fer d'Hussigny-Godbrange : 3. Description

Hussigny, à l’extrême nord du département de la Meurthe-et-Moselle, à la frontière avec le Grand-Duché de Luxembourg, était un des centres des mines de fers en Lorraine, dans le bassin minier du Pays Haut. La minette lorraine y était extraite. La mine fut exploitée pendant un siècle de 1878 à 1978.

Une visite de 2h fait découvrir les installations minières, et l'évolution des techniques d'exploitation. La mine devenue musée dispose d'équipements et d'engins en état de marche qui permettent une restitution des différentes phases du travail mécanisé.


Entrée de la mine

La mine a fermé en 1978 après un siècle d'exploitation.

GEOLOGIE
 
Le minerai : la minette
A gauche affleurement sur le carreau de la mine, à droite échantillon de minerai.
 

Le minerai de fer lorrain est constitué d'oolithes de limonite liées par un ciment le plus souvent carbonaté. Il est couramment appelé minette, diminutif du mot mine, à cause de sa teneur faible en fer 28 à 34 % et de sa haute teneur en phosphore 0,5 à 1 % (présent sous forme de phosphate de calcium appelé apatite). 

Lames minces de minerai d'Hussigny (couche grise) :
Oolithes partiellement transformées en chlorite ; ciment de calcite recristallisée et de leptochlorite
(d’après Louis Bubenicek (1961) - Recherches sur la constitution et la répartition des minerais de fer dans l'Aalénien de Lorraine - Thèse d'Ingénieur-Docteur - Faculté des Sciences de Nancy)


La formation ferrifère est interstratifiée dans le Jurassique et est datée du Toarcien supérieur (180-175 Ma). Elle comprend 7 à 8 couches, bien individualisées dont la puissance manque de régularité et de continuité.

Sur le minerai de fer en Lorraine, sa pétrograhie, son origine, les techniques d'exploitation, consulter sur ce site l'annexe scientifique "Le fer, mémoire et reconversion" et la fiche sur la mine-musée du Val de Fer à Neuves Maisons (54)

 
 
Position de la formation ferrifère dans la série stratigraphique lorraine
 
Extension des couches de minette dans le Toarcien et l'Aalénien, en Lorraine
du sud (à gauche) au nord (à droite).
 
La composition du minerai d'Hussigny (couche rouge) (dans Thèse Louis Bubenicek - 1961) :
  • Fer (sous forme Fe203) : 35,2 %
  • Silice (SiO2) : 16,9 %
  • Chaux (Ca0) : 7,9 %
  • Alumine (Al2O3) : 4,7 %
  • Fer Fe++ : 6,0 %
  • MgO : 2,1 %
  • Phosphore (anhydride phosphorique P2O5) : 0,72 %
 
L'EXPLOITATION
Creusées à flanc de coteau, les galeries de la mine d'Hussigny-Godbrange, en pente très douce ou plate, sillonnent les 2000 hectares de l'ancienne concession rendue à l'Etat. Cette exploitation fut l'une des plus modernes du bassin ferrifère.
 

Plan de la concession 

 
Planche d'exploitation

Dans l'histoire de l'exploitation de la mine, on peut relever 3 grandes périodes :
  • des origines à 1900 : tout à la main, abattage et chargement, roulage avec des chevaux.
  • de 1900 à 1950 : les débuts de la mécanisation. La première innovation est l'introduction de l'électricité. Dès 1896, les galeries principales ont été électrifiées pour que des locomotives tirant des wagons puissent y circuler. La deuxième est l'introduction de marteaux pneumatiques ou électriques pour la perforation avant le tir.
  • de 1950 à la fermeture : la mécanisation complète. En 1953, la mine a été réaménagée à la manière du métro : par l'artère centrale longue de 4 km, large de 8 mètres et haute de 7, des rames "filant" à 40 km/h et transportant 110 tonnes de minerai se succédaient toutes les 10 minutes, à un rythme de 200 trains par jour. Introduction du boulonnage des toits. Le chargement mécanique se généralise. L'utilisation de gros matériel nécessite un élargissement des galeries. L'abattage évolue aussi : tirs à l'oxygène liquide puis au nitrate-fuel et nitrate d'ammonium. Mais il en résulte une augmentation des nuisances sonores, des vibrations, des poussières et des fumées.
Les galeries :
 

Wagonnet pour le transport du minerai
 

Soutènement des galeries
 
Pour le soutènement des galeries, les mineurs utilisaient des poutres en pin ou sapin car c'est un bois qui "chante" lorsqu'il est prêt à casser. Les mineurs étaient ainsi avertis d'un risque d'effondrement.
 
Par la suite on a utilisé les étançons métalliques et le boulonnage pour maintenir les plafonds.
 
L'abattage
On utilisait la pioche, la masse, le coin et le pic jusqu'en 1840. Après on a utilisé l'explosif (poudre noire) qui a rendu le travail du mineur plus technique et plus dangereux.
 
Foration ou forage
On fore la paroi pour mettre des explosifs 
 

 Les différentes machines de forage et d'extraction


Le chargement a évolué au cours du temps.
Il s'est fait :   

  • en hotte et brouette
  • en wagonnets en bois (600 kg de minerai) puis en fer 900 à 1200 kg), poussés à la main par les mineurs sur des rails puis tirés par des chevaux ce qui permet de former des trains de 10 wagonnets.
  • en wagonnets tirés par la locomotive.
Le chevalement.
La tour en fer porte des grandes roues ou molettes autour desquelles s'enroulent des câbles des ascenseurs qui permettent de remonter ou descendre les mineurs ou le minerai.
 

Maquette du chevalement
 


A consulter :
Le site de l’Association Histoire Industrielle, des mines de fer de Hussigny-Godbrange https://www.mine-hussigny.fr/

Visite de la mine : une vidéo de 6 minutes https://www.youtube.com/watch?v=hGbrH8DGzRg

Sur le minerai de fer de Lorraine : Le fer, mémoire et reconversion  (livret guide d’excursion du Congrès Lorraine de l’APBG 1994)

 


Auteur : Claudette DIDIERJEAN

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Contact : Roger CHALOT (Géologie) - Christophe MARCINIAK (Réalisation)