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Sommet de Chèvre-Roche : 3. Description

Plan du circuit proposé au sommet de Chèvre-Roche et points d'intérêts : 

Point 1

Au tout début de la marche, les éboulis et l’empierrement de la route permettent de visualiser rapidement l’organisation géologique du site : le massif de Chèvre-Roche est entièrement granitique (« granite de Remiremont ») dont seul le sommet est recouvert de grès vosgien triasique. A hauteur de l’abri en bois, une source et une fontaine montrent indirectement le niveau de contact entre le granite et le grès. L’eau percole verticalement à travers le grès poreux, arrive à la limite supérieure du granite considéré ici comme imperméable, et ressort donc horizontalement, formant une source. Cette logique de l’implantation des sources sur le pourtour du sommet est récurrente.
 


Le granite de Remiremont
 

Un fragment de grès conglomératique triasique
 
Point 2
 
En regardant en direction du nord ouest, on observe divers entablements de grès surplombant la vallée. Ce versant est exposé au sud, ce qui favorise de fortes variations de température, générant une désagrégation rapide du grès - cela explique la forte épaisseur d’éboulis sur lesquels circule le sentier.
 
 
Les entablements gréseux. 

Point 3

Illustration de cette érosion perceptible à l’échelle humaine : un bloc de grès s'est détaché d’un entablement, puis a roulé dans la direction de plus grande pente et se trouve maintenant en bordure de sentier.

Point 3 bis
 
On accède par un petit sentier à un abri sous roche naturel puis aménagé par l’Homme (approfondissement, banquettes, place à feu) sur la droite duquel on peut examiner la zone de descellement du bloc du point 3. Les stratifications (grès, grès conglomératiques, grès fins, voire grès argileux) et les litages sont parfaitement lisibles et révèlent les paléo courants triasiques .

Point 4
 
Le sommet de Chèvre-Roche offre au regard un magnifique paysage vers le sud. La géomorphologie est bien nette, faisant apparaître la vallée glaciaire de la Moselotte, le remplissage essentiellement alluvial, et surtout la splendide surface structurale érosive post-varisque. Les vallées vosgiennes apparaissent ainsi en relief négatif par rapport à cette surface structurale. On pourra chercher et observer trois blocs erratiques granitiques et microgranitique, à demi enterrés, posés à la surface du grès. Cette position anormale est expliquée, non par la dernière glaciation (dite de Noirgueux) dont les glaciers circulaient en fond de vallées et n’ont jamais recouvert le sommet de Chèvre-Roche, mais par une des deux glaciations précédentes (dites d’Arches et d’Epinal) qui ont formé sur le massif vosgien une calotte glaciaire dont aucun sommet ne dépassait. C’est à ces occasions que des blocs ont été transportés par le mouvement des glaces (période d’errance), puis déposés lors de la fonte de la calotte.
 

Vue du paysage vers le sud-sud-est. Surface structurale post-varisque.

Point 5
 
En descendant de la couverture gréseuse, on découvre une tranchée artificielle qui permet de mettre en évidence le contact entre le granite de Remiremont et le grès vosgien. Le granite date d’environ 330 Ma, alors que les grès ont 245 Ma. Le contact représente donc une lacune temporelle de 85 Ma … Le schéma ci-dessous propose une interprétation de ce contact, rarement visible dans le Massif Vosgien, du fait de la tendance du grès à former des éboulis qui le masquent.
 

Point 6
 
Un aller-retour vers l’ouest nous fait découvrir les ruines de la ferme de Chèvre-Roche (détruite lors de la dernière guerre mondiale), ses pâtures attenantes (d’où la toponymie) et une tourbière en fin d’évolution avec son cortège d’espèces pionnières : Poacées, Cypéracées (dont la Linaigrette Eriophorum vaginatum L.), Bétulacées (divers bouleaux), Pinacées (sapins et épicéas). Il reste néanmoins des Sphagnacées (sphaignes) et quelques rares Droséracées (comme Drosera rotundifolia L.).

Point 7
 
A la fin de la descente, une ancienne carrière de pavé de granite a été exploitée. Le front de taille montre un réseau de diaclases important, facilitant le débitage de la roche puis sa taille en bordures et en pavés. Le site de travail est rempli de fragments de taille et les fondations des bâtiments attenants sont encore bien visibles.

Point 8
 
Le retour s’effectue en passant devant la ferme de Bénicôte où un artisanat local existe encore (foie gras, pâtés, textiles, feutres, …).
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Bibliographie

Carte géologique au 1/50 000ème n° 376 REMIREMONT (BRGM)

Carte topographique au 1/25 000ème numérisée "Vosges Ouest" (IGN) ou Carte topographique au 1/25 000ème "Remiremont Plombières-lès-Bains, 3519OT, Top25" (IGN)

Ouvrages, publications et notes de : P. FLUCK, J.-P. von ELLER, C. GAGNY, M. DURAND, J.-C. GALL, J.-C. FLAGEOLLET, D. HARMAND, M. DESCHAMPS, J. HAMEURT.

Réalisation de la tranchée : association des "T.R.U.C." de Vagney

Centre de Géologie TERRAE GENESIS.

 

 


Auteur : Cyrille DELANGLE

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Contact : Roger CHALOT (Géologie) - Christophe MARCINIAK (Réalisation)